À la découverte du pays des Sept Sources

La bourgade de Thât Khê (Thât = sept + Khê = source), hors des circuits touristiques et peu touchée par la fièvre commerciale, se trouve à 67 km de la ville de Lang Son (Nord).
À la découverte du pays des Sept Sources ảnh 1La bourgade de Thât Khê vue du ciel. Photo : CTV/CVN

Lang Son (VNA) - La bourgade de Thât Khê (Thât = sept + Khê = source), hors des circuits touristiques et peu touchée par la fièvre commerciale, se trouve à 67 km de la ville de Lang Son (Nord). Elle conserve son aspect suranné de chef-lieu de district de montagne.

J’ai le cœur gros en quittant Hanoï à la veille du Têt, au moment où les Vietnamiens, même à l’étranger, cherchent à regagner le nid familial.

Le nom évocateur de Thât Khê justifie un tel sacrifice. Thât Khê, Dông Khê, Cao Bang, Lang Son, quatre anciennes garnisons françaises sur la route coloniale 4 (ou RC 4) qui verrouillait les frontières montagneuses du Nord Vietnam au début de la première guerre d’Indochine (1946-1954). Notre victoire de la RC 4 à l’automne 1950 a fait sauter le blocus français et passer la résistance vietnamienne de la guérilla purement défensive aux contre–offensives stratégiques marquées de plus en plus par la bataille rangée. Cette victoire annonça et prépara Diên Biên Phu qui devait avoir lieu quatre ans après.

Lang Son, berceau des premiers Vietnamiens

Thât Khê, ma destination, se trouve à plus de 200 km de Hanoï, dans la province de Lang Son (Nord), longtemps considérée comme marche lointaine et pleine d’attrait, mystérieux de l’ancien royaume du Vietnam. Une vieille chanson populaire disait :

«Dông Dang tire fierté de la rue Ky Lua,

De la jeune Tô Thi (1), de la pagode Tam Thanh.

Qui voudrait m’accompagner au Pays de Lang Son !»

Lang Son a été le berceau des premiers Vietnamiens. En 1964, on y a découvert, dans les grottes de Thâm Hai et Thâm Khuyên (Bình Gia), des dents d’homme préhistorique datant de 400.000 - 500.000 ans. De nom-breux vestiges archéologiques prouvent l’existence de la culture néolithique de Bac Son il y a quelque 10.000 ans.

De Hanoï à la ville de Lang Son (154 km), la nationale Nº1 quitte le delta du fleuve Rouge pour s’engager dans la moyenne région aux collines de terre et la haute région dominée par des pitons calcaires. Au kilomètre 109, nous nous sommes arrêtés pour regarder la passe de Chi Lang, site de batailles sanglantes et cimetière de troupes d’invasion venues du Nord (981, 1472, etc.).

À la découverte du pays des Sept Sources ảnh 2 Des Nùng dans la province de Lang Son. Photo : VNC/CVN

En ce printemps 1994, la ville de Lang Son ne garde plus que de rares traces du dernier conflit sino-vietnamien en 1979. Comme sa bourgade satellite de Dông Dang distante de 14 km, cette cité a pris un visage nouveau depuis le boom du commerce frontalier, boom favorisé par l’économie de marché. Il a suffi de quelques années pour que les rues connaissent une activité fiévreuse et que les maisons des nouveaux riches construites hâtivement étalent un luxe baroque et insolent. La contrebande sévit. En un endroit à l’écart des centres urbains. J’ai vu des files de femmes Tày franchir un col pour rapporter la bière chinoise fabriquée à Nanning ; ces pauvres portefaix improvisés qui pèsent environ 45 kg portent à la palanche une charge de 50 kg et plus. Ailleurs, sur une route nouvellement pratiquée, se fait, me dit-on, le commerce illicite de voitures japonaises.

À la découverte de sites pittoresques

À 67 km de la ville de Lang Son par la route N°4, la bourgade de Thât Khê, hors des circuits touristiques et peu touchée par la fièvre commerciale, me paraît plus sympathique. Elle conserve son aspect suranné de chef-lieu de district de montagne. Ce dernier, Tràng Dinh, a une population de 52.800 habitants en 1986, composée de Tày (44%), de Nùng (39,2%), de Dao (7%), de Viêt ou Kinh (6%). Thât Khê doit son nom à sept sources qui le traversent en dehors de trois fleuves. Sa plaine comblant une cuvette lacustre est un important grenier de riz pour toute la province. Elle est célèbre pour ses prunes et ses poires (mân Thât Khê, lê Tràng Dinh). Ses forêts qui couvrent les trois quarts de la superficie ont subi des ravages à cause de la culture sur brûlis (rây). Les Tày, autochtones issus sans doute des Tây âu apparentés aux Viêt (Lac Viêt), habitent les régions basses, cultivent le riz en rizière inondée. Les Nùng, apparentés aux Zhuangs du Guangxi chinois, sont arrivés il y a seulement 300 - 400 ans ; n’ayant plus de terre fertile, ils ont dû se contenter des pentes de torrents où ils pratiquent les cultures sèches.

Au marché de la veille du Têt à Thât Khê, seuls les Tày et les Nùng d’un certain âge portent les costumes indigo traditionnels. Jeunes gens et jeunes files arborent T-shirts et jeans. Ils ne vont plus à la fin de la foire, comme autrefois, chanter des duos d’amour. Mais le marché de Thât khê garde son pittoresque, son canard rôti et sa soupe au canard (pho vit) restent exquis, le canard de la région est réputé.

Notre randonnée aboutit à Ang Mò ou Tân Tiên, qu’une nouvelle route de brousse de 24 km unit à Thât Khê. Nous y avons visité deux foyers Dao minés par l’opium et un foyer Tày qui mène une vie plus que décente grâce à ses anis sauvages, ses cultures vivrières et ses volailles. La vie dans ce coin perdu stagne dans l’ennui. Nous sommes reconnaissants au Fonds suédo-vietnamien pour la promotion de la culture d’avoir décidé de doter Ang Mò d’un réseau de haut-parleurs servant 300 foyers de 1.800 personnes. –CVN/VNA

Voir plus

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.

À l'approche du Nouvel An lunaire, les vidéos expliquant comment préparer les festins traditionnels du Têt reçoivent de plus en plus de « j'aime » et de commentaires. Photo : tienphong.vn

Le Têt et la vague du « retour au village natal »

Des millions de vues pour les vidéos de confiseries traditionnelles, des dizaines de milliers de partages pour les vlogs sur le Têt au village : autant de contenus qui ont inspiré de nombreux jeunes à prolonger leur séjour à la maison, à apprendre à cuisiner les plats de leur grand-mère ou de leur mère, à consigner les souvenirs familiaux et à les partager en ligne. De là est née une vague discrète mais profonde : le phénomène du « retour au village natal ».

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

Avec l'évolution de la société, de nombreuses coutumes liées au Têt se sont peu à peu estompées. Cependant, la préparation du "bánh chưng" (gâteau de riz gluant) demeure une tradition culturelle emblématique du peuple vietnamien, perpétuée chaque année par de nombreuses familles. À l’approche du Têt, les générations de descendants se rassemblent pour préparer le "bánh chưng", choisissant soigneusement les plus beaux gâteaux à déposer sur l’autel des ancêtres en hommage et en respect des traditions.

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Le Têt permet de se retrouver en famille. Plus les plateaux sont riches, plus cela exprime le respect envers les ancêtres. Les plateaux traditionnels du Nouvel An lunaire se composent de nombreux mets et symbolisent tous divers souhaits et vœux de chaque famille pour la nouvelle année. Les plateaux du Têt sont également très colorés : le vert du banh chung mélangé au rouge du riz gluant en passant par le jaune des pousses de bambou...

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

A la Foire du Printemps 2026, le pavillon de Huê s’est imposé comme l’un des espaces les plus attractifs, captivant un très nombreux public grâce à une scénographie profondément imprégnée de l’âme et de l’identité culturelle de l’ancienne capitale impériale. Les produits emblématiques de Huê y sont présentés avec soin : áo dài aux lignes gracieuses, chapeaux coniques en herbe cỏ bàng, bâtons d’encens au bois d’agar aux parfums envoûtants, fleurs en papier de Thanh Tiên… Sans oublier les objets artisanaux typiques et les spécialités culinaires qui font la renommée de la région.
L’ensemble crée une expérience immersive et authentique : les visiteurs déambulent dans un univers où se mêlent élégance royale, savoir-faire ancestral et douceur du quotidien huéen, redécouvrant ainsi, le temps d’une visite, la quintessence raffinée de l’ancienne capitale impériale.

Phung Thi Hông Tham remporte la médaille d'or dans la catégorie amateur féminine des 63 kg aux Championnats du monde de Kun Khmer 2026. Photo : nld.com.vn

Le Vietnam brille aux Championnats du monde de Kun Khmer

Ces résultats placent provisoirement le Vietnam en tête du classement des médailles avec quatre médailles d’or et une d’argent. Ce classement pourrait toutefois évoluer, car une vingtaine de finales supplémentaires, dans les catégories seniors, juniors et jeunes talents, sont prévues le 12 février.