Hanoï (VNA) – Revenant sur la période 2020-2025, le professeur Carl Thayer, de l’Académie de défense australienne relevant de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, estime que le terme « responsabilité et obligation de rendre compte » constitue le mot-clé le plus représentatif du leadership du Parti communiste du Vietnam (PCV) au cours d’une phase marquée par de profondes mutations du pays.
Selon le professeur Carl Thayer, depuis le 13e Congrès national du Parti, le PCV s’est attaché à renforcer l’application stricte des règlements du Parti concernant les comportements interdits aux membres, tout en mettant l’accent sur le rôle d’exemplarité des cadres et des militants. Le traitement et le jugement de plusieurs affaires de corruption impliquant des cadres de haut rang, accusés de manquements à leurs responsabilités et de laxisme dans la gestion, ont contribué à accroître la transparence et à permettre à la population de comprendre ce qui s’est produit et d’identifier les responsabilités individuelles.
Évoquant l’importance du 14e Congrès national du Parti communiste du Vietnam, le professeur Carl Thayer souligne que les congrès du Parti, organisés tous les cinq ans, jouent toujours un rôle déterminant dans l’orientation du développement national. Le 14e Congrès se tient dans un contexte où le Vietnam est pleinement conscient de la nécessité d’ajuster son modèle de développement issu du Renouveau (Doi moi), en faisant de la science, de la technologie, de l’innovation et de la transformation numérique les principaux moteurs d’une croissance rapide et durable au cours de la période à venir.
S’agissant du contexte international actuel, le professeur Carl Thayer estime que le système mondial est confronté à une polarisation et à une fragmentation accrues, ce qui désavantage les pays favorables à un ordre international fondé sur le droit, dont le Vietnam et l’Australie. Plusieurs mécanismes et principes fondamentaux de l’ordre international sont affaiblis, tandis que les chaînes d’approvisionnement mondiales subissent des perturbations. Toutefois, cette situation ouvre également de nouvelles opportunités, notamment à travers la formation d’alliances telles que les BRICS, le renforcement des accords de libre-échange existants et l’élargissement vers de nouveaux marchés.
Dans ce contexte mondial instable, le Vietnam est évalué comme ayant mené une diplomatie proactive et souple, en traitant progressivement les questions tarifaires dans ses relations commerciales avec les États-Unis, tout en restant ferme dans la défense de son autonomie stratégique et en consolidant une position internationale de plus en plus affirmée.
Citant l’Indice de puissance asiatique 2025 publié par l’Institut Lowy (Australie), le professeur Carl Thayer indique que le Vietnam se classe au 12e rang parmi 27 pays et territoires de la région Asie-Pacifique, et qu’il est appelé à améliorer encore sa position à l’avenir. Par ailleurs, le Vietnam se classe au quatrième rang selon un nouvel indicateur de l’Institut Lowy mesurant l’art de la gouvernance économique, ce qui témoigne de bases solides en matière de gouvernance et de développement, malgré les défis persistants.
À ce jour, le Vietnam a établi des partenariats stratégiques globaux avec 14 pays, tout en mettant en œuvre ses propres plans de développement afin de créer des synergies entre l’intégration internationale et les objectifs nationaux. Le pays s’est fixé pour objectifs de devenir, d’ici 2030, une nation industrielle à revenu intermédiaire supérieur, puis, à l’horizon 2045, un pays développé à revenu élevé.
Sur la base des acquis obtenus au cours de la période 2020-2025, le professeur Carl Thayer se dit convaincu que le 14e Congrès adoptera des décisions à portée de rupture, notamment dans les domaines du développement des ressources humaines, de la transformation numérique, de l’énergie et de l’énergie verte, contribuant ainsi à concrétiser l’aspiration à un Vietnam puissant et prospère à l’horizon 2045.- VNA