Hanoï (VNA) - Les infrastructures industrielles vertes deviennent progressivement un avantage compétitif majeur pour l’attraction les investissements directs étrangers (IDE) au Vietnam. Selon certaines estimations, près de 80 % des entreprises à capitaux étrangers privilégient désormais les parcs industriels dotés d’infrastructures énergétiques durables, confirmant l'importance cruciale de ce facteur dans la course aux flux de capitaux mondiaux.
D’après l’Association vietnamienne de l’énergie (AVE), le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne s’applique pleinement depuis 2025 à plusieurs secteurs clés : l’acier, l’aluminium, le ciment et l’électricité. Les entreprises vietnamiennes exportant vers l’UE dans ces domaines doivent désormais fournir des informations détaillées sur les émissions de gaz à effet de serre associées à leurs produits. À partir de 2026, ce mécanisme imposera également la vérification des données d’émissions et l’achat de certificats carbone correspondant aux émissions intégrées dans les marchandises importées sur le marché européen.
Dans ce cadre, les importateurs européens devront déclarer les émissions liées aux produits importés et acquérir les certificats correspondants chaque année. Toutefois, si les entreprises peuvent prouver qu’un prix du carbone a déjà été payé lors de la production, la quantité d’émissions concernée pourra être déduite.
Parallèlement aux réglementations étatiques, l’initiative mondiale RE100 -qui engage les entreprises à consommer 100 % d'énergies renouvelables -accentue la pression sur les chaînes d’approvisionnement. Des géants tels que Samsung, Apple ou Intel exigent désormais que leurs partenaires situés dans les zones industrielles s'alignent sur ces standards.
L'AVE estime que la demande en électricité renouvelable dans ces zones pourrait représenter 25 à 30 % de la consommation industrielle totale d'ici 2030. Les entreprises n’exigent plus seulement de l’électricité verte, mais également des certificats d’attribut énergétique (Energy Attribute Certificates – EACs) pour répondre aux exigences de reporting en matière de développement durable et de comptabilisation des émissions.
Les zones industrielles restent aujourd’hui l’un des principaux moteurs d’attraction des IDE au Vietnam. D’après les données de l’Agence de l’investissement étranger du ministère des Finances, le pays comptait plus de 500 zones industriels à la fin de 2025, couvrant une superficie planifiée d’environ 145.000 hectares et affichant un taux moyen d’occupation supérieur à 75 %. Ces zones représentent environ 35 à 40 % du total des capitaux supplémentaires d’IDE enregistrés, et jusqu’à 70 à 80 % des investissements dans l’industrie manufacturière.
Cependant, face aux nouvelles exigences environnementales et commerciales (CBAM de l’UE et les engagements RE100), notamment, à la demande des certifications vertes dans les processus de production de la part de nombreux marchés à partir de 2030, les zones industrielles et les zones économiques du Vietnam doivent adapter leurs infrastructures et leurs stratégies de développement afin de maintenir leur attractivité auprès des investisseurs étrangers.
Dans ce contexte, les experts ont estimé que la transition vers des zones industrielles écologiques et intégrées -mêlant infrastructures intelligentes, énergies renouvelables et économie circulaire -n'est plus une option, mais une nécessité stratégique pour maintenir la compétitivité du pays au sein des chaînes de valeur mondiales.-VNA