Zones humides : des barrages contre le Pacifique

Le Vietnam compte neuf sites Ramsar inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale. Ces réserves sont utiles tant à l’équilibre naturel qu’aux activités humaines.
Hanoi (VNA) - Le Vietnam compte neuf sites Ramsar inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale. Ces réserves sont utiles tant à l’équilibre naturel qu’aux activités humaines.
Zones humides : des barrages contre le Pacifique ảnh 1Vân Long, dans la province de Ninh Binh (Nord), un des neuf sites Ramsar du Vietnam. Photo : VNA

Les impacts du changement climatique se font de plus en plus ressentir, la fréquence des catastrophes naturelles dans le monde a doublé en 35 ans et 90% d’entre elles sont liées à l’eau. Même si elles n’occupent que de 6% à 8% de la surface terrestre, les zones humides ont une grande utilité pour l’écologie puisqu’elles contribuent de manière significative à capter le carbone et réguler les émissions de gaz à effet de serre.

Grâce à la couverture végétale de ces zones, l’équilibre de l’oxygène et du carbone dans l’atmosphère rend le climat local stable, en particulier les températures et le niveau de précipitations.

Berceau de la biodiversité

Le Vietnam compte neuf sites Ramsar et de nombreuses zones humides et réserves naturelles qui revêtent une importance capitale pour l’économie, la société, l’environnement et la culture. Elles sont considérées comme une barrière de pro-tection naturelle contre les vagues, les tempêtes et les tsunamis.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Vietnam est l’un des pays les plus importants et les plus riches en biodiversité au monde, pour ses écosystèmes marins et terrestres, ainsi que ses forêts et ses mangroves.

Le pays compte 12 millions d’hectares de zones humides éparpillées sur l’ensemble du pays. Les grandes zones comme Dông Thap Muoi, U Minh et les systèmes de rivières et ruisseaux sont l’abri de nombreuses espèces d’animaux et de plantes endémiques. Les mangroves, les récifs coralliens, les herbiers marins sont également le refuge d’une grande variété de poissons, d’oiseaux migrateurs, d’herbes marines et d’algues tandis que les lagunes et les marais du Centre du pays accueillent pour leur part nombre d’oiseaux migrateurs et d’espèces de poissons…

D’après l’Agence pour la biodiversité (Biodivesity Conservation Agency) relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, le pays compte 1.028 espèces de poissons, 800 familles d’animaux invertébrés vivant en eau douce. Plus de 11.000 espèces animales au total vivent dans ces zones marines et littorales dont 6.300 espèces benthiques, 2.500 genres de poissons, 653 variétés d’algues, plus de 300 types de coraux, 15 espèces de serpent de mer et 25 de mammifères marins.

Protection naturelle pour l’homme

Les zones humides diminuent l’intensité des crues et, à l’inverse, soutiennent les débits des cours d’eau en période d’étiage (eaux basses). Elles protègent également les terres de l’érosion, elles sont un moyen de subsistance des populations locales et leur bio-diversité contribue à purifier les sources d’eau en filtrant les polluants. Les zones humides, en particulier les mangroves et récifs coralliens, minimisent l’impact des tempêtes et sont une barrière qui protège les zones côtières.
Zones humides : des barrages contre le Pacifique ảnh 2Les grandes zones comme Dông Thap Muoi, U Minh… sont le refuge de nombreuses espèces d’animaux et de plantes endémiques. Photo : CTV/CVN

L’Agence pour la biodiversité montre que les mangroves permettent également de lutter contre les ravages des tsunamis de deux manières différentes. Si la vague du tsunami est de force moyenne, les rangées d’arbres des mangroves résistent et protègent l’écosystème et les communautés vivant derrière. En effet, les arbres s’alternent et leurs racines se développent à la fois dans le sol et au-dessus, et avec leur tronc et leur feuillage, ils contribuent à amortir la puissance du tsunami.

D’autre part, les racines des arbres des mangroves sont très développées et permettent de bloquer l’écoulement de l’eau. "Friend of the Earth", une association de protection de l’Homme et de l’environnement, estime que les mangroves seront le seul moyen de protéger les habitants du littoral des vagues et autres menaces liées aux changements climatiques à l’avenir.

Une enquête menée par l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles révèle que dans les zones côtières où se trouvent des mangroves denses ou des forêts de protection, les dégâts matériels et humains lors de tempêtes sont notablement moindres que dans les autres régions.

Autrefois, dans le Nord, sur les côtes marines et les estuaires des fleuves, on plantait certaines espèces de végétaux ligneux de mangroves afin de constituer une protection naturelle des digues. C’est grâce à la mangrove que, malgré la violence des typhons, de nombreux tronçons de digue résistaient bien qu’ils n’étaient pas bétonnés comme aujourd’hui.

Ainsi, le gouvernement encourage certaines localités à appliquer strictement le programme 327 de boisement afin de mieux protéger les digues et les champs. Pour illustrer l’efficacité des mangroves, rappelons qu’en l’an 2000, le typhon Wukong a frappé le district de Thach Hà, dans la province de Hà Tinh au Centre, et malgré des vents de niveau 10 (89-102 km/h) le réseau de digues de la rivière Nghèn est resté intact, bénéficiant de la protection des mangroves plantées dans neuf communes.

À l’inverse, en 2005, 650 m de digues de la commune de Thai Dô, du district de Thai Thuy, dans la province de Thai Binh au Nord, qui n’étaient pas protégées par des mangroves, ont été détruits par les vagues de la rivière de Trà Ly à cause du typhon Damrey. Actuellement, dans le district de Thai Thuy, les mangroves protègent 10,5 km de digues marines.

Dans les localités qui ont planté des mangroves telles que Dô Son à Hai Phong, Giao Thuy à Nam Dinh ou Hâu Lôc à Thanh Hoa, les digues marines n’ont eu aucun dégât à déplorer lors des tempêtes de 2005. Les effets positifs des mangroves ne s’arrêtent pas là. En effet, elles contribuent également à limiter l’intrusion saline et quand la marée monte et l’eau de mer se répand parmi les arbres, leur système racinaire dense et leurs troncs permettent de réduire la vitesse du courant. – CVN/VNA

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