Xuân Thuy et sa collection de 1.000 anciens radiocassettes à Hanoï

Alors que nous vivons à l’heure de la "dématérialisation" et du tout numérique, certaines personnes affectionnent encore les vieux objets qui sont pourtant aujourd’hui dépassés.

Hanoï (VNA) - Alors que nous vivons à l’heure de la "dématérialisation" et du tout numérique, certaines personnes affectionnent encore les vieux objets qui sont pourtant aujourd’hui dépassés. C’est le cas de Nguyên Xuân Thuy qui collectionne les anciens radiocassettes à Hanoï.

Xuân Thuy et sa collection de 1.000 anciens radiocassettes à Hanoï ảnh 1Depuis quatre ans, Nguyên Xuân Thuy à Hanoï collectionne des anciens radiocassettes. Photo: dantri.com.vn

Dans sa maison située dans l’arrondissement de Long Biên (Hanoï), Nguyên Xuân Thuy, un graphiste âgé de 50 ans, réserve pas moins de deux pièces entières pour entreposer toutes ses radiocassettes qu’il a collectés çà et là depuis maintenant plus de quatre ans. Aujourd’hui, il est fier de pouvoir en compter chez lui plus de 1.000 !

"Le radiocassette était très populaire dans les années 70 et 80. J’ai une vraie nostalgie pour cet objet qui apporte un son particulier, très rustique. Il est vraiment plaisant d’écouter du boléro ou de la musique acoustique calme, de la guitare par exemple, avec un radiocassette", partage-t-il.

Xuân Thuy collecte des radiocassettes de bonne qualité, fabriqués au Japon, en Russie, en Allemagne, aux Pays-Bas... qui ont été utilisés et chéris par les Vietnamiens dans le passé. Pour obtenir cette collection, il a dû dépenser beaucoup d'argent, car les prix des appareils sont extrêmement divers, pouvant varier de quelques dizaines de milliers de dôngs à plusieurs centaines de millions la pièce, selon sa rareté et son âge.

Il souligne que les cassettes sont soigneusement conservées dans des boîtiers en plastique dur. "C'est le cœur de chaque radio ancienne, stockant les sons du temps".

Les propriétaires de radiocassettes doivent nettoyer régulièrement la surface de l’appareil pour éviter que la poussière n'endommage les circuits électriques. "La salle dans laquelle la radio est installée doit être ventilée afin que cette dernière ne moisisse pas ou ne soit pas endommagée", remarque-t-il.

Parmi sa collection, Xuân Thuy évoque notamment une radio de la marque japonaise Sharp. "Autrefois, on l'appelait la princesse des radiocassettes. J'ai tellement aimé ce modèle que j’en ai acheté plus de 20 exemplaires ! J'en garde certains et j’en ai échangé d'autres. Dans le processus de collection, je ne garde pas les appareils seulement pour moi. Si quelqu'un a besoin de posséder une radio pour éprouver un moment de nostalgie, je la cède volontiers !".

Les passionnés de radiocassettes se réunissent

Xuân Thuy et sa collection de 1.000 anciens radiocassettes à Hanoï ảnh 2La collection d’anciens radiocassettes de Nguyên Xuân Thuy compte plus de 1.000 exemplaires. Photo: dantri.com.vn

Outre Xuân Thuy, d'autres noms dans le monde des collectionneurs de radiocassettes à Hanoï sont connus : Nguyên Manh Hà, Nguyên Trung Kiên, Dang Dai Hung, Nguyên Thê Anh, Ngô Van Thang... Tous sont membres du club des collectionneurs de radiocassettes. Créé en août 2018, ce dernier compte actuellement 3.000 membres nationaux et étrangers.

Le passe-temps de collection des radiocassettes existe depuis de nombreuses années au Vietnam, mais ce n'est que lorsque ledit club a été fondé que le mouvement a pris une nouvelle ampleur, permettant à tous les passionnés d’entrer en relation.

"Au début, je ne m’y intéressais que distraitement et seul de mon côté.  Puis, je me suis créé un profil Facebook et je me suis connecté à d’autres passionnés des radiocassettes. D’abord, je me renseignais sur les modèles, les dates de production et de sortie des appareils. J’ai décidé finalement de rejoindre le club, dont les membres m’ont appris beaucoup de choses", confie Nguyên Trung Kiên, membre du Club des collectionneurs de radiocassettes.

"Sans radiocassette et sans Facebook, nous ne nous connaîtrions pas. Nous nous rencontrons, discutons des modèles, de la façon de réparer et des +maladies courantes+ d'un radiocassette", dit Ngô Van Thang, membre du Club des collectionneurs de radiocassettes.

Bien que les équipements deviennent de plus en plus sophistiqués, Nguyên Xuân Thuy et ses amis du club de collectionneurs de radiocassettes veulent rester attachés au radiocassette par goût musical mais aussi par nostalgie de l’époque de leur enfance. -CVN/VNA

Voir plus

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.

À l'approche du Nouvel An lunaire, les vidéos expliquant comment préparer les festins traditionnels du Têt reçoivent de plus en plus de « j'aime » et de commentaires. Photo : tienphong.vn

Le Têt et la vague du « retour au village natal »

Des millions de vues pour les vidéos de confiseries traditionnelles, des dizaines de milliers de partages pour les vlogs sur le Têt au village : autant de contenus qui ont inspiré de nombreux jeunes à prolonger leur séjour à la maison, à apprendre à cuisiner les plats de leur grand-mère ou de leur mère, à consigner les souvenirs familiaux et à les partager en ligne. De là est née une vague discrète mais profonde : le phénomène du « retour au village natal ».

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

Avec l'évolution de la société, de nombreuses coutumes liées au Têt se sont peu à peu estompées. Cependant, la préparation du "bánh chưng" (gâteau de riz gluant) demeure une tradition culturelle emblématique du peuple vietnamien, perpétuée chaque année par de nombreuses familles. À l’approche du Têt, les générations de descendants se rassemblent pour préparer le "bánh chưng", choisissant soigneusement les plus beaux gâteaux à déposer sur l’autel des ancêtres en hommage et en respect des traditions.

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Le Têt permet de se retrouver en famille. Plus les plateaux sont riches, plus cela exprime le respect envers les ancêtres. Les plateaux traditionnels du Nouvel An lunaire se composent de nombreux mets et symbolisent tous divers souhaits et vœux de chaque famille pour la nouvelle année. Les plateaux du Têt sont également très colorés : le vert du banh chung mélangé au rouge du riz gluant en passant par le jaune des pousses de bambou...