Pékin (VNA) - La reconduction de Tô Lâm au poste de secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Vietnam (PCV), à l’issue du 14ᵉ Congrès national du Parti, devrait insuffler une nouvelle impulsion à la coopération sino-vietnamienne, appelée à entrer dans une phase de développement plus approfondie, structurée et substantielle.
Dans une déclaration à l’Agence vietnamienne d’information (VNA), l’experte chinoise Liu Ying estime que ce nouveau mandat garantit la stabilité politique et la continuité stratégique des orientations définies conjointement par les deux Partis et les deux États.
Le premier pilier de cet élan réside dans la consolidation de la confiance politique de haut niveau. Liu Ying rappelle que le voyage d'État du Secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), Xi Jinping, au Vietnam en avril 2025 — coïncidant avec le 75e anniversaire des relations diplomatiques — a gravé dans le marbre la direction du partenariat sous le principe des « 6 plus » : une confiance politique renforcée, une coopération plus concrète en matière de défense et de sécurité, une coopération économique plus approfondie, une assise sociale plus solide, une coordination multilatérale plus étroite et une gestion plus efficace des différends.
Après la réélection de Tô Lâm, Xi Jinping lui a adressé un message de félicitations, suivi d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants, illustrant l’importance accordée par la Chine à la stabilité institutionnelle et à la continuité de la ligne politique du Vietnam.
Le second pilier réside dans une intégration économique de plus en plus étroite. La Chine demeure, depuis plus de vingt ans, le premier partenaire commercial du Vietnam, tandis que ce dernier est le principal partenaire commercial de la Chine au sein de l’ASEAN. La structure des échanges bilatéraux poursuit son optimisation, reflétant un niveau d’interconnexion de plus en plus élevé entre les deux économies aux échelles régionale et mondiale.
Parallèlement, plusieurs projets de coopération stratégique connaissent une accélération notable, notamment dans les secteurs des hautes technologies et du développement vert, désormais identifiés comme de nouveaux moteurs de croissance. Le Vietnam a érigé les semi-conducteurs, l’économie numérique et l’énergie verte en priorités nationales, offrant une forte complémentarité avec les capacités technologiques de la Chine. Les projets de connectivité des infrastructures -en particulier les liaisons ferroviaires transfrontalières, le développement des postes-frontières, la logistique intelligente ainsi que la coopération énergétique et technique -progressent de manière pragmatique et graduelle.
Le troisième socle de cette relation concerne les dimensions humaine et multilatérale. En avril 2025, la signature de 45 accords de coopération couvrant des domaines variés, allant de l’intelligence artificielle à la quarantaine douanière et au commerce agricole, a permis d’élaborer une feuille de route globale et cohérente.
Des initiatives telles que le Forum populaire sino-vietnamien ou le programme « Voyage rouge » pour la jeunesse renforcent la compréhension mutuelle, indispensable à la stabilité régionale.
Selon Liu Ying, sous la direction du secrétaire général Tô Lâm, le Vietnam consolidera non seulement sa trajectoire de réforme et de modernisation, mais créera également les conditions propices à une montée en gamme globale de la relation bilatérale. Cette dynamique conjointe vise la construction d’une Communauté d’avenir partagé Vietnam–Chine, projet à la fois stratégique et historique pour la paix, la stabilité et la prospérité en Asie.-VNA