Hanoi (VNA) – La Banque d’État du Vietnam (BEV) a fixé un objectif de croissance du crédit modeste, d’environ 15%, pour 2026, témoignant d’une approche plus prudente que l’an dernier et constituant un nouveau test pour le marché boursier après une période de forte hausse.
Cette politique influencera les flux de capitaux dans l’économie et les anticipations du marché. En 2025, la croissance du crédit dans le système financier a atteint 19,1%, la BEV cherchant à soutenir l’expansion économique dans un contexte d’incertitude mondiale. Avec un encours total de crédit estimé à environ 18,58 billiards de dôngs (708 milliards de dollars) en 2026, une augmentation de 15 % représenterait un volume de nouveaux prêts d’environ 2,79 billiards de dôngs.
Bui Nguyên Khoa, directeur adjoint du Centre d’analyse des valeurs mobilières de la BIDV, a déclaré que si une hausse de 15% est significative en valeur absolue, elle contraste avec l’objectif de croissance du PIB fixé par le gouvernement à 10%. Cela suggère que la banque centrale privilégie une approche plus mesurée, conciliant soutien à la croissance et gestion du risque d’inflation.
« La politique monétaire de la BEV sera moins accommodante qu’en 2025, la priorité étant donnée à la stabilité macroéconomique », a-t-il indiqué à tinnhanhchungkhoan.vn.
Bui Nguyên Khoa a ajouté que le fait d’annoncer clairement l’orientation de la croissance du crédit en début d’année offre au marché un point de repère et réduit l’incertitude quant à la gestion monétaire. Un mécanisme flexible d’allocation des quotas de crédit permet également à la BEV de gérer les flux de prêts en fonction de la qualité et de la santé financière des établissements.
Trân Duc Anh, directeur de la macroéconomie et de la stratégie de marché chez KB Vietnam Securities Co, a déclaré que le principal défi demeure le déséquilibre persistant entre la mobilisation des capitaux et l’octroi de prêts.
KB Vietnam Securities a souligné un changement majeur dans la formule d’allocation des marges de crédit pour 2026, avec des limites désormais basées sur la notation des établissements financiers et soumises à une surveillance stricte.
Tout manquement aux critères de sécurité pourrait entraîner une réduction des limites de crédit, transformant ainsi l’allocation de crédit d’un privilège administratif en un outil réglementaire incitant les banques à renforcer leurs fonds propres et à améliorer la qualité de leurs actifs.
Dans le secteur immobilier, la banque centrale continuera de le surveiller de près, veillant à ce que les prêts immobiliers de chaque banque n’excèdent pas sa croissance globale du crédit afin de limiter les risques concentrés et le risque de créances douteuses.
Cette politique de crédit prudente devrait accentuer la différenciation entre les secteurs et les entreprises.
Avec des limites plus strictes, les banques devraient privilégier les secteurs de production clés et les entreprises financièrement solides disposant de flux de trésorerie stables, améliorant ainsi la qualité de la croissance des bénéfices tout en réduisant l’excédent de liquidités sur le marché.
KB Vietnam Securities a indiqué que le mécanisme d’allocation de crédit basé sur les notations reflétera de plus en plus les différences de qualité de gestion, de solidité des fonds propres et de capacité de financement, des facteurs qui seront vraisemblablement intégrés dans la valorisation des banques.
Les banques disposant de fonds propres solides et de ratios CASA stables devraient conserver leurs atouts en matière de croissance et attirer les investissements à moyen et long terme, tandis que celles qui dépendent d’une expansion rapide du crédit pourraient voir leurs prévisions de bénéfices revues à la baisse.
Le maintien du secteur immobilier parmi les secteurs sous surveillance suggère que le financement bancaire ne sera pas le principal moteur d’un nouveau cycle de reprise, ce qui freinera les comportements spéculatifs et recentrera l’attention sur les entreprises dotées de cadres juridiques clairs et de structures financières saines.
Selon Trân Duc Anh, bien que la croissance globale du crédit ait dépassé 19% en 2025 et que les prêts immobiliers aient bondi de 35 %, le resserrement des limites en 2026 affectera inévitablement les perspectives du secteur.
Impact sur les secteurs
Sur le marché boursier, fortement dépendant de la liquidité et du sentiment des investisseurs, la réduction des capitaux disponibles par rapport à 2025 pourrait poser des difficultés. Les revenus de courtage, les prêts sur marge et les opérations pour compte propre pourraient être mis à rude épreuve en cas de resserrement de la liquidité ou si le marché entre dans une phase de différenciation plus marquée.
Cette approche prudente présente toutefois un aspect positif : elle peut constituer un test de résistance nécessaire après une période d’expansion rapide.
Face à la raréfaction des financements à faible coût, les investisseurs devraient privilégier les fondamentaux des entreprises plutôt que les anticipations à court terme ou la spéculation.
Selon Bui Nguyên Khoa, les entreprises dotées de solides assises financières, d’une structure de capital prudente, d’une faible dépendance à l’emprunt et d’actifs tangibles clairement identifiables seraient mieux positionnées.
Les secteurs capables de résister à l’inflation et de tirer parti des tendances d’investissement à long terme, tels que l’énergie, la logistique et les matériaux, sont perçus comme favorables par l’ensemble du marché.
Avec la mise en œuvre de contrôles plus stricts du crédit, les marchés de capitaux devraient jouer un rôle plus important dans le soutien d’un développement boursier plus durable.
Les investisseurs pourraient se détourner des entreprises à forte croissance fondée sur l’effet de levier pour privilégier celles dont les modèles économiques efficaces reposent sur l’investissement public, la consommation intérieure et la modernisation du marché. Si cela risque de ralentir la croissance globale de l’indice, cela pourrait favoriser une expansion plus stable et de meilleure qualité à moyen terme. – VNA
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