Une classe "zéro dông" s’éclaire sous le viaduc à Hô Chi Minh-Ville

Une classe de cœur pour les enfants déshérités. Ce souhait noble de Tuân Anh, un jeune habitant de la mégapole du Sud, a pu être concrétisé avec succès.
Une classe "zéro dông" s’éclaire sous le viaduc à Hô Chi Minh-Ville ảnh 1Trân Tuân Anh enseigne l’écriture à son élève. Photo : TT/CVN/VNA
Hanoï (VNA) - Une classe de cœur pour les enfants déshérités. Ce souhait noble de Tuân Anh, un jeune habitant de la mégapole du Sud, a pu être concrétisé avec succès.
  
Depuis quatre ans, à la tombée de la nuit, le hangar niché modestement sous le viaduc du pont Rach Ông, dans le 7e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, s’allume avant que retentissent les voix d’enfants qui épellent ou récitent tel ou tel poème. Dans ce modique hangar de 20 m2, une trentaine d’enfants de tous âges sont assis devant de vieux pupitres. Leurs yeux sont fixés sur le tableau noir où leur professeur écrit à la craie les lignes qu’ils vont recopier attentivement dans leurs cahiers.

Nous sommes dans une classe de cœur, appelée populairement la classe "zéro dông", organisée depuis 2016 par Danh Tuân Anh, un jeune homme de 25 ans du 7e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, au profit d’enfants analphabètes de familles pauvres de son quartier. "Mes élèves sont âgés de 6 à 14 ans et peuvent parfois être très turbulents. Mais, une fois en classe, ils sont sages et appliqués", confie le jeune maître avec un doux sourire sur les lèvres.

Vouloir, c’est pouvoir

Pour lui, l’ouverture et le maintien de cette classe "zéro dông" ne sont pas des tâches aisées mais plutôt un processus sur la longueur qui exige de la persévérance et surtout une affection infinie pour les enfants déshérités.

Il y a quatre ans, alors qu’il visite ce quartier situé au bord de la rivière de Saigon pour la première fois, Tuân Anh est témoin avec tristesse de l’écart de niveaux de vie entre les deux agglomérations situées respectivement sur une rive et l’autre du fleuve. Si d’un côté se dressent fièrement de grands bâtiments de luxe éclairés à giorno, l’autre abrite un bidonville formé d’habitations des plus précaires. Ce quartier est peuplé de travailleurs qui vivent pour la plupart dans la misère. Au lieu d’aller à l’école, les enfants sont obligés de faire des petits boulots pour aider la famille à subvenir à ses besoins. "J’ai eu alors l’ambition ardente de faire quelque chose pour aider ces enfants démunis. J’ai décidé de leur enseigner à lire et à écrire avant tout, car seules les études permettent de réussir dans la vie, de sortir de la pauvreté et de devenir un élément utile pour la société”, explique-t-il. 

L’idée de l’ouverture de la classe de cœur de Tuân Anh a été soutenue par l’administration locale. Celle-ci a mis à disposition un vieux hangar sous le viaduc pour le transformer en salle de classe et a pris en charge les frais d’aménagement et d’électricité. L’enseignant, lui, est allé solliciter l’aide d’une école primaire du quartier qui a fait don à la classe de quelques vieux pupitres et d’un tableau noir. Il a également lancé une collecte de fonds auprès de ses amis et de toute personne généreuse, et dont la somme réunie a permis l’achat de fournitures scolaires pour les élèves.

Par la suite, l’étape de "recrutement des élèves" a également été délicate, notamment pour gagner la confiance des parents qui ne voulaient pas laisser leurs enfants "aux mains" d’un jeune inconnu. De plus, les études sont souvent jugées inutiles par les familles en difficulté dont chaque membre est un bras actif qui doit contribuer aux revenus du foyer… Sans compter les doutes des parents quant aux motifs méconnus du maître qui pourrait vouloir du mal à leur enfant.

"Plus d’une fois, j’ai dû aller de famille en famille pour expliquer aux parents l’intérêt pour leurs enfants d’étudier et de participer à la classe zéro dông , raconte Tuân Anh. Après quelques temps, les familles, les unes après les autres, ont accepté ma proposition, mais à la condition suivante : dans les premiers temps, nous devions assurer la nourriture des enfants scolarisés". Grâce au soutien de ses deux amis, Tuân Anh a pu ouvrir la classe de cœur quelques mois plus tard et réunir dans un premier temps une dizaine, puis une vingtaine d’élèves.

Prendre en charge des enfants analphabètes d’âges variés s’est avéré très compliqué, surtout que chacun d’entre eux a un caractère bien à part : celui-ci est turbulent, celui-là obstiné et d’autres encore sont timides… Le maître a donc dû relever le défi de "manipuler au mieux la classe" qui, au fil du temps, a trouvé son harmonie. Au début, seuls le vietnamien et les mathématiques étaient au programme, avant d’être complété plus tard par l’anglais, le coréen et d’autres matières secondaires. Les leçons sont préparées soigneusement selon le programme de l’Éducation nationale d’études primaires, avec l’aide d’étudiants bénévoles. De plus, les élèves ont aussi l’opportunité de participer à des activités extrascolaires comme des classes de savoir-faire, de savoir-vivre ou d’arts martiaux.

Une récompense qui n’a pas de prix

En voyant les progrès de leurs enfants en études et se montrer plus sages qu’auparavant, les parents ont développé une confiance de plus en plus grande envers le jeune maître. Ils encouragent maintenant les enfants à se rendre en classe et font même don de matériel scolaire quand ils le peuvent. L’effectif de la classe de cœur a considéra-blement augmenté, atteignant une trentaine d’élèves à présent. Ce succès est un véritable encouragement pour les trois instituteurs de la classe "zéro dông".

"La journée, je travaille pour une compagnie en ville, dans un bureau. Le soir, après le dîner, je m’empresse d’aller à la classe, sachant que les enfants m’attendent avec impatience", confie Tuân Anh. Selon lui, vivre auprès des enfants lui a permis d’améliorer son tempérament. "J’étais assez irascible autrefois mais je me trouve plus patient et compatissant à présent". 

Lê Thi Tuong Vy, 13 ans, ne cache pas son émotion en parlant de ses  professeurs : "Je suis ravie de pouvoir étudier ici. Les maîtres sont gentils et nous apprennent beaucoup de choses : les matières du programme, des connaissances générales, mais aussi l’entraide et l’amitié entre camarades".

À l’occasion de la dernière Journée nationale des enseignants, Tuân Anh a reçu un cadeau spécial : son portrait en dessin accompagné d’un bouquet de fleurs et d’une inscription pleine d’affection. C’est l’œuvre d’un élève de la classe "zéro dông". "C’est pour moi une récompense qui n’a pas de prix", s’émeut le jeune maître. - CVN/VNA                   
source

Voir plus

Le Premier ministre Pham Minh Chinh remet le remis le prix Kovalevskaïa 2025 à la professeure-Docteure Trân Thi Viêt Nga, directrice de l’Institut de haute technologie Vietnam-Japon et professeure à l’Université de construction de Hanoi. Photo: VNA

Le PM propose de créer un prix "Femmes talentueuses, créatives et dévouées"

À l’occasion du 116e anniversaire de la Journée internationale des femmes (8 mars) et de la commémoration du 1986e anniversaire de l’insurrection des sœurs Trung, le Premier ministre Pham Minh Chinh a eu vendredi 6 mars une rencontre avec des femmes dirigeantes et gestionnaires d’agences centrales, au cours de laquelle il a remis le prix Kovalevskaïa 2025.

Des femmes en ao dài. Photo: VNA

Le mois de mars resplendit d’élégance avec l’ao dài, tunique traditionnelle

Début mars, les scènes de femmes en ao dài prenant des photos de printemps au bord des lacs, dans les parcs, devant les bureaux, les temples et les sites historiques sont devenues un spectacle familier à Hanoi. Les réseaux sociaux regorgent également d’images et de récits autour de cette tenue élégante, devenue un symbole de la saison dédiée à la célébration des femmes.

Des accusés. Photo : congan.com.vn

Procès de 19 accusés pour transfert illégal de fonds et blanchiment d’argent

Le Tribunal populaire d'Hô Chi Minh-Ville a ouvert le 5 mars le procès en première instance de 19 accusés de transport illégal de devises à travers la frontière et de blanchiment d'argent dans une affaire d'une ampleur exceptionnelle impliquant des réseaux clandestins de transfert de fonds entre le Vietnam et le Cambodge.

Les garde-côtes de la Région 2 s'efforcent de sensibiliser les pêcheurs au respect de la réglementation dans le cadre de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Photo : VNA

Lutte contre la pêche INN : Les garde-côtes de la Région 2 engagés dans les efforts pour lever le « carton jaune »

Depuis sa création en 2004, le Commandement de la Région 2 des garde-côtes du Vietnam s’affirme comme une force clé dans la protection de la souveraineté maritime, la lutte contre la criminalité en mer et l’accompagnement des pêcheurs, contribuant activement aux efforts du pays pour lever le « carton jaune » de la Commission européenne sur la pêche INN.

L'estuaire de Song Doc, l'un des plus grands estuaires du delta du Mékong. Photo : Huynh Anh - VNA

Ho Chi Minh-Ville renforce la lutte contre la pêche INN dans ses ports

Le vice-président du Comité populaire de Ho Chi Minh-Ville, Hoang Nguyen Dinh, a inspecté le 5 mars les activités de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans deux ports de pêche, soulignant l’importance du contrôle des navires et de la traçabilité des produits de la mer.

Renforcement de la coopération entre le Vietnam et Samsung Vietnam dans la formation des cadres dirigeants

Renforcement de la coopération entre le Vietnam et Samsung Vietnam dans la formation des cadres dirigeants

L’Académie politique nationale Hô Chi Minh et Samsung Vietnam ont réaffirmé, le 4 mars à Hanoï, leur volonté d’approfondir leur coopération, notamment à travers des programmes de formation et de perfectionnement destinés aux hauts responsables. Les deux parties ont également évoqué l’organisation prochaine d’un séminaire consacré à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique.

Un avion gros-porteur utilisé par Vietnam Airlines pour ses vols vers l'Europe. Photo d'illustration : PV/Vietnam+

Conflit au Moyen-Orient : le Vietnam évite le survol des zones à risque

Le ministère de la Construction a demandé aux compagnies aériennes de suivre régulièrement les informations publiées par les autorités compétentes, l’Autorité de l’aviation civile du Vietnam, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) ainsi que les autorités aéronautiques des pays concernés, afin d’évaluer la situation et de décider de leurs plans d’exploitation des vols.

La Vieille ville de Prague autour de l'horloge astronomique (Orloj), en République tchèque. Photo: VNA

République tchèque : un regard de plus en plus favorable sur la communauté vietnamienne

L’enquête, menée entre le 16 et le 25 janvier auprès d’un échantillon de plus de 1 000 personnes en République tchèque, révèle que 73 % des sondés accepteraient désormais d’avoir des voisins d’origine vietnamienne. Ce chiffre marque une progression significative par rapport aux données d’il y a trente ans et place les Vietnamiens à un niveau d’acceptation comparable à celui des ressortissants d’Europe de l’Ouest.

Publication annuelle du niveau de vie minimum des travailleurs à partir de 2028

Publication annuelle du niveau de vie minimum des travailleurs à partir de 2028

À partir de 2028, le Vietnam publiera chaque année le niveau de vie minimum des travailleurs, qui servira de base à la définition des normes de politiques sociales. La décision, approuvée le 3 mars 2026 par le vice-Premier ministre Ho Đuc Phoc, vise à renforcer la fiabilité des données statistiques et à harmoniser les critères sociaux au niveau national.