Une Américaine "à la sauce nuoc mam"

Sarah Bales, 54 ans, vit au Vietnam depuis 27 ans. Une bru américaine qui fait preuve de dévouement dans sa mission sacrée en faveur des pauvres du pays de son mari défunt.
 Une Américaine "à la sauce nuoc mam" ảnh 1L’Américaine Sarah Bales.
Photo: CVN

Hanoi (VNA) - Sarah Bales, 54 ans, vit au Vietnam depuis 27 ans. Une bru américaine qui fait preuve de dévouement dans sa mission sacrée en faveur des pauvres du pays de son mari défunt.

"Bien que leur vie ne soit pas toujours aisée, les Vietnamiens sont sympathiques. Ils montrent que le bonheur n’est pas lié à l’aisance  financière et matérielle. Moi, je suis contente de mener une vie simple ici, dans le pays de mon mari", confie Sarah Bales, Américaine, avec un léger sourire. Attachée au Vietnam depuis 27 ans, elle étonne tout le monde par sa maîtrise du vietnamien. Son mari, un professeur vietnamien de l’Université de Hanoï, est décédé il y a onze ans. Sarah est restée au Vietnam avec ses deux fils.

"Ici, ma vie a plus de signification que si j’étais aux États-Unis. Je me consacre aux activités au profit des personnes pauvres de la campagne, notamment les habitants d’ethnies minoritaires des régions montagneuses", explique-t-elle.

Assurances santé gratuites

En qualité d’experte en affaires sociales, Sarah a participé au processus d’élaboration de politiques sociales - dont celles relatives aux assurances santé - destinées aux pauvres originaires d’ethnies minoritaires. "J’ai fait tout mon possible pour introduire les expériences internationales dans les politiques du Vietnam, et les appliquer dans la vie. Cela permet aux pauvres de bénéficier d’assurances santé gratuites et d’autres services de santé", raconte la quinquagénaire.

Sarah vit à Hanoï, mais effectue fréquemment des missions dans tout le pays, des provinces montagnardes de Cao Bang et Hà Giang à l’extrême Nord jusqu’aux provinces de Cà Mau et Kiên Giang à l’extrême Sud, n’hésitant pas à s’immerger des jours durant dans les localités reculées en grande difficulté. Partout où elle se rend, Sarah examine de près la situation et cherche à cerner la vie des habitants, afin de leur apporter des aides efficaces. "Je m’inquiète de ce que la plupart des femmes enceintes en zone de montagne n’ont aucun suivi médical  durant leur grossesse. Elles accouchent même dans leur maison, sans l’assistance d’une sage-femme professionnelle!", se plainte-t-elle.

En 2016, Sarah a pris part à l’établissement d’un rapport national sur la situation de la maternité au Vietnam. Sans oublier le problème ardu de l’égalité des sexes à la campagne, auquel elle a prêté une attention particulière.

Née en 1965 à Chicago, États-Unis, Sarah ne savait rien sur le Vietnam. "À l’âge de 10 ans, j’ai vu un jour nombre de réfugiés vietnamiens débarquer dans la cathédrale de ma ville. Comme d’autres habitants locaux, j’ai participé activement à des activités humanitaires en leur faveur", se souvient-elle.

Quelques temps après, elle constata avec surprise l’arrivée de métis américano-vietnamiens (nés de père américain et de mère vietnamienne pendant la guerre américaine au Vietnam) et de leurs proches, ce en vertu d’un programme dit HCA (Home Coming Act). Ressentant de la compassion pour ces exilés, Sarah se porta volontaire pour leur donner des cours d’anglais, afin de les aider à s’intégrer à la société américaine.

Lors de ses études postuniversitaires en économie en Californie, elle fut bien embarrassée pour le choix du thème pour sa thèse de doctorat. Elle  décida alors de participer à un programme de bénévolat au Vietnam afin d’y enseigner l’anglais. Et de travailler à l’Université d’économie nationale à Hanoï. Là, elle  tomba amoureuse d’un professeur vietnamien qui devint son mari trois ans plus tard.

En 2011, Sarah partit pour Singapour où elle  défendit avec succès sa thèse de doctorat sur les politiques publiques. En 2015, elle retourna au Vietnam qu’elle considérait comme sa seconde Patrie. Et de se livrer depuis, avec passion, aux missions au profit des habitants en situation de grande précarité.

Un cœur sensible et généreux

Pour Sarah, c’est l’amour pour son mari vietnamien et aussi pour les personnes défavorisées de ce pays qui explique son attachement pour le Vietnam. Son mari décédé en 2008 à la suite d’une maladie, elle a choisi de rester au Vietnam, entre autres pour  poursuivre sa mission sacrée. Actuellement, elle vit à Hanoï avec son fils cadet de 17 ans, alors que l’aîné âgé de 20 ans poursuit des études universitaires à l’étranger. Elle s’occupe généreusement d’autres enfants de la famille de son mari, leur accorde des soutiens de toutes sortes dans la limite de ses possibilités, et les héberge parfois chez elle. Ce caractère très ouvert, elle l’a hérité de ses parents qui aidèrent des étudiants vietnamiens aux États Unis.

"C’est pour moi une joie de pouvoir entretenir des neveux et nièces de mon mari, de leur apprendre l’anglais et l’informatique. Nombre d’entre eux ont fait des progrès et suivit un chemin de succès après être passés chez moi. Je respecte les liens familiaux forts qu’entretiennent les Vietnamiens, ainsi que les sentiments affectueux qu’ils m’ont toujours réservée. Cela m’a donné de la force et du courage", avoue la bru américaine.

Questionnée sur son mari, Sarah ne cache pas son affection et sa fierté: "Il était doux, avait du caractère, mais il n’était pas conservateur. Nous avons vécu  une vie heureuse marquée par le respect mutuel".

À 54 ans, Sarah a toujours sa taille svelte de jeune fille. "À l’instar de ma mère américaine et de ma belle-mère vietnamienne, je vis une vie simple, y compris dans l’habillement ou le maquillage", confie-t-elle.

Modeste de nature, elle va au travail en bus ou à vélo à moteur électrique. "Voiture et moto génèrent de la pollution. Sans compter les risques d’accident ou de bouchon", explique-t-elle.

Dans sa maison, point de pas de télévision, mais une pléthore de livres. "J’aime la lecture. Pendant mes temps libres, je lis des livres, des journaux, ou je cuisine. Les jours fériés, j’ai l’habitude d’inviter des amis chez moi. On discute et on fait ensemble des plats savoureux. J’adore la gastronomie vietnamienne".

Pour cette bru américaine au cœur généreux, vivre au Vietnam lui permet d’être en accord avec ses idées et sa vision du monde, autour des valeurs de fraternité,  d’échange, de partage et de solidarité. -CVN/VNA

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