Un vent d’air frais pour la filière éolienne vietnamienne

Avec ses 3.260 km de côtes très ventées, le Vietnam dispose d’atouts majeurs pour développer l’éolien offshore. De grands projets sont en train de voir le jour, impliquant des partenaires internationaux.

Hanoi (VNA) – Avec ses 3.260 km de côtes très ventées, le Vietnam dispose d’atouts majeurs pour développer l’éolien offshore. De très grands projets sont en train de voir le jour, impliquant des partenaires internationaux.

Un vent d’air frais pour la filière éolienne vietnamienne ảnh 1Le Vietnam dispose de conditions optimales pour développer l’éolien offshore. Photo : VNA

Grâce au long littoral et à la vitesse élevée des vents, l’avantage de l’énergie éolienne en mer pourrait grandement contribuer à la réduction de la consommation des combustibles fossiles du Vietnam. Pays particulièrement touché par le changement climatique, il s’efforce dorénavant de promouvoir l’utilisation de l’éolien pour répondre à sa demande croissante en énergie tout en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre.

Le secteur de l’éolien offshore du Vietnam possède un grand potentiel. Les régions les plus favorables sont les provinces de Ninh Thuân, Binh Thuân (Centre), Sóc Trang et Trà Vinh (Sud), car les vents y ont une vitesse moyenne assez élevée et une direction stable.

Les projets d’énergie éolienne en mer sont en train d’être accélérés dans le but de bénéficier des priorités du gouvernement, un signe positif dans un contexte toujours marqué par la crise sanitaire du COVID-19 qui affecte grandement le développement de nombreux secteurs économiques.

Un énorme potentiel  

Le projet éolien offshore Thang Long Wind, dans la province de Binh Thuân, a une capacité allant jusqu’à 3,4 GW et un investissement total de 11,9 milliards d’USD (équivalent à environ 274.000 milliards de dôngs). Il produira de l’électricité dès 2025 pour la première phase et à partir de 2030 pour la seconde. Enterprize Energy (EE) a signé le 27 mai dernier un contrat avec l’entrepreneur PTSC G&S et Fugro pour fournir, installer et exploiter des bouées flottantes Flidar sur le site de ce projet. Si ce dernier est mis en œuvre avec succès, il fournira une grande quantité d’électricité propre, assurera la sécurité énergétique et la protection de l’environnement par la même occasion.  

La Compagnie par actions de développement éolien La Gàn et la coentreprise pétrolière vietnamo-russe Vietsovpetro, relevant du Groupe national gazopétrolier du Vietnam, ont signé le 15 juillet dernier un accord sur les prospections géotechniques du projet éolien offshore de La Gàn. D’une puissance 3,5 GW, il s’agit de l’un des plus grands projets éoliens offshore au Vietnam, nécessitant un investissement d’environ 10 milliards d’USD (242.000 milliards de dôngs). Ce projet, situé dans la province de Binh Thuân, est développé par le groupe danois Copenhagen Infrastructure Partners (CIP) et mis en œuvre par les compagnies Asiapetro et Novasia Energy. Une fois en d’activité, ce projet devrait alimenter en électricité plus de 7 millions de familles vietnamiennes chaque année.

Selon le géant danois de l’énergie Orsted, le Vietnam a été choisi comme une prochaine destination d’envergure pour ses investissements dans l’éolien offshore, après une série de projets réussis en Asie. Il s’intéresse à ce domaine à Binh Thuân.

Hormis les investisseurs étrangers, les compagnies ne sont pas non plus en reste. À Bà Ria-Vung Tàu (Sud), le groupe HBRE et son partenaire français ont investi un milliard d’USD (environ 23.000 milliards de dôngs) dans un projet éolien offshore d’une capacité de 500 MW.

Grâce au niveau bas de la mer et surtout la vitesse élevée des vents, en particulier dans le Centre et le Sud, le pays dispose de grands atouts pour le développement de cette nouvelle industrie porteuse d’espoir. Les investisseurs étrangers et nationaux l’ont bien compris, eux qui sont en train de faire du Vietnam un centre éolien offshore en Asie du Sud-Est.

Face aux difficultés

Malgré les grandes potentialités, la mise en œuvre des projets éoliens offshores au Vietnam est rendue difficile sous plusieurs aspects. Comparé à l’éolien terrestre, le coût d’investissement est double et la durée de construction dure entre 5 à 7 ans, sans compter le temps de préparation des procédures d’investissement, de demande de permis, d’étude géologique, de mesure du vent, etc.

Puisque les conditions de construction en mer ne sont pas faciles, les investisseurs doivent unir leurs forces pour mener à bien les chantiers. "Le prix de l’éolien offshore est très cher, en moyenne plus de 3 millions d’USD par unité pour une capacité de 4,2 MW. Les coûts de construction sont aussi très élevés en raison des conditions difficiles", déclare le maître d’ouvrage d’un projet éolien à Soc Trang.

"Les projets offshores rencontrent de nombreux obstacles, par rapport à leurs homologues terrestres. Ces derniers temps, à cause de l’épidémie de COVID-19, le transport des équipements vers le Vietnam a rencontré maintes difficultés", analyse Bernard Casey, directeur chargé du développement au sein du groupe Mainstream Renewable Power Vietnam.

"L’investissement dans l’éolien offshore est très compliqué. Il nécessite une coopération entre les développeurs de projets et le gouvernement, en construisant une chaîne d’approvisionnement dans les localités", partage Sebastian Hald Buhl, directeur d’Orsted Vietnam.

Malgré toutes ces difficultés, les organisations internationales recommandent au Vietnam de porter sa capacité éolienne offshore à 10 GW d’ici 2030 afin de profiter du potentiel disponible.

"Le Vietnam devrait profiter de l’opportunité de développer l’éolien offshore le plus rapidement possible pour atteindre son objectif de réduction des coûts de production d’électricité", suggère Liming Quiao, directrice régionale pour l’Asie du Conseil mondial pour l’énergie éolienne (GWEC). – CVN/VNA

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