Un protecteur d’aigrettes à Ðông Tháp

À Ðông Tháp, une province du delta du Mékong, Lê Thanh Nghia a créé en une quinzaine d’années un refuge pour les oiseaux sauvages. Un rêve de jeunesse enfin exaucé.

Hanoi, 9 décembre (VNA) - À Ðông Tháp, une province du delta du Mékong, Lê Thanh Nghia a créé en une quinzaine d’années un refuge pour les oiseaux sauvages. Un rêve de jeunesse enfin exaucé.

Un protecteur d’aigrettes à Ðông Tháp ảnh 1Lê Thanh Nghia dans son jardin à Ðông Tháp (Sud).

Ces 15 dernières années, dans le hameau de Chiên Thang, commune de Tân Hô Co, district de Tân Hông, province de Dông Tháp, d’innombrables aigrettes ont élu domicile dans une parcelle de bambou. "Quelle joie de contempler ces oiseaux blancs qui, au crépuscule, reviennent se percher au sommet des bambous! Apparaît alors l’image d’une forêt verdoyante couverte de fleurs blanches", confie Lê Thanh Nghia, 62 ans, surnommé par les autochtones “Monsieur les aigrettes".

Des dizaines de milliers de ces échassiers au plumage d’un blanc immaculé ont élu domicile dans sa parcelle de bambou de plus de 5 ha. Ils partent le matin pour glaner leur nourriture et reviennent le soir pour dormir. Nghia tente de les maintenir ici depuis 15 ans. Seulement pour le plaisir de les observer.

Un rêve de jeunesse

Nghia travailla comme expert et interprète du Bureau de l’état-major du Commandement militaire de la province de Ðông Tháp. À sa retraite, il est revenu dans son village natal avec la ferme intention de réaliser un rêve de jeunesse: créer un jardin d’oiseaux sauvages.

Auparavant, la région de Ðông Tháp abritait de nombreux lieux favorables aux aigrettes. Mais avec l’urbanisation, la destruction des zones humides, des bois et la chasse, les effectifs se sont effondrés. L’"espèce" (en fait, le vocable "aigrette" regroupe plusieurs espèces) n’est pas rare, mais elle est bien moins commune qu’elle ne l’était autrefois.

Nghia a d’abord acquis un terrain de plus de 5 ha derrière sa maison, où il a planté des bambous. Des variétés vietnamiennes mais aussi "exotiques" venues de Thaïlande et du Cambodge. Sa bambouseraie réunit une quarantaine d’espèces différentes, ce qui en fait l’une des plus riches du delta du Mékong. On y trouve aussi des eucalyptus et des arbres fruitiers.

C’est au début des années 2000 que la bambouseraie a accueilli ses premiers habitants ailés. Quelques dizaines d’individus, qui sont venus "tâter le terrain". Contents du nouvel habitat, ils se sont installés, attirant des congénères. La population s’est accrue au fil des mois et des années pour atteindre plusieurs centaines de têtes.

Un protecteur d’aigrettes à Ðông Tháp ảnh 2Le bois de bambou de Lê Thanh Nghia est devenu le refuge de nombreux échassiers.


Mais lorsque les villageois ont commencé à chasser les oiseaux, ceux-ci ont rapidement déserté les lieux. "Ils sont sauvages, et appartiennent donc à tout le monde, disaient-ils alors. J’étais triste, les cris des aigrettes au crépuscule me manquaient", raconte Nghia.

Comment faire pour attirer de nouveau ces échassiers? Nghia a alors l’idée de parcourir le delta pour acheter des aigrettes vivantes détenues par des paysans. Il les ramène chez lui et, dans un premier temps, les nourrit dans des cages placées au milieu de sa bambouseraie. Puis, après quelques semaines, il les relâche. Comme il l’espérait, la plupart restent dans le coin. Progressivement, sa forêt de bambou voit sa population aviaire croître de nouveau. Pour cela, il a aussi fallu persuader les villageois de ne plus chasser dans les parages. "Ces oiseaux symbolisent la paix et la prospérité du village. Et puis, ils se nourrissent d’insectes nuisibles, ce dont les paysans devraient se réjouir".

"Ces 15 années n’ont pas été une sinécure. Je suis content que mon jardin de bambou soit enfin devenu un parc d’oiseaux, c’était mon but", dit Nghia.

"D’une pierre trois coups"

Grâce à ses efforts inlassables, il a fait d’"une pierre trois coups": préserver des variétés de bambou, protéger des oiseaux en leur offrant un habitat favorable, et créer un petit "poumon vert" dans cette région campagnarde en pleine urbanisation.

Actuellement, la population ailée de la bambouseraie de Nghia s’élève à des dizaines de milliers de têtes. Perchés en grappes à la cime des bambous et des eucalyptus, ils dessinent un joli tableau champêtre, bien rare de nos jours.

Pour améliorer la vie de ses petits protégés, le propriétaire a creusé au milieu de son terrain une mare où il élève poissons et crevettes. "Ce point d’eau est particulièrement animé le soir. J’aime observer les aigrettes se laver ou se disputer la nourriture. Tous mes soucis s’évaporent", assure-t-il.   

Son bois de bambou n’est pas l’habitat permanent des oiseaux. De mars à septembre, il est quasiment déserté. C’est la saison de reproduction et les oiseaux partent élever leurs jeunes ailleurs. “La saison des pluies me semble bien longue. Mais, j’ai un nouveau plan: créer un secteur favorable à la nidification”, révèle-t-il, espérant qu’"en élevant des petits, les oiseaux resteront toute l’année ici".

Le propriétaire avoue un autre projet, très ambitieux celui-là: ouvrir son parc aux touristes. "L’objectif est triple: conserver ce poumon vert, protéger les oiseaux et développer le tourisme vert. J’espère prouver que l’on peut développer cette région campagnarde défavorisée grâce au tourisme, à l’écotourisme notamment. Et montrer aussi l’exemple que protection de la nature peut aussi rimer avec développement économique".- CVN/VNA

Voir plus

Les éléphants en bonne santé évoluent librement dans leur habitat naturel, témoignant de la réussite des efforts de conservation menés par le Centre de conservation des éléphants, de sauvetage des animaux et de gestion forestière de la province de Dak Lak. Photo: VNA

À Dak Lak, les soigneurs veillent sur les derniers éléphants domestiques du pays

Au cœur des forêts de dipterocarpes de Dak Lak, les cornacs et soigneurs du Centre de conservation des éléphants consacrent chaque jour leurs efforts au bien-être des pachydermes, mêlant vigilance, patience et affection. Face au déclin des éléphants domestiques des Hauts Plateaux du Centre, leur dévouement contribue à préserver un symbole culturel majeur du Vietnam tout en réhabilitant les animaux dans un environnement semi-liberté.

Le mercure a encore approché les 39°C. Le temps actuel laisse présager d’un été particulièrement chaud. Photo: VNA

Une chaleur caniculaire s’abat sur le Vietnam

Une vague de chaleur généralisée au Vietnam atteint son paroxysme les 15 et 16 mai, avec des températures oscillant entre 36°C et 38°C dans de nombreuses provinces du Nord et du Centre, et atteignant même 39°C dans certaines zones.

Des temps chauds et secs dominent les conditions météorologiques, plusieurs régions enregistrant des températures supérieures à 38°C. Photo: VNA

Le Vietnam a chaud, et cela va durer quelques jours

Des plaines du Nord aux provinces du Sud en passant par les régions du Centre, des temps chauds et secs dominent les conditions météorologiques, plusieurs régions enregistrant des températures supérieures à 38°C.

ViRiCert est un outil numérique destiné au suivi du « processus technique de culture de riz de haute qualité et à faibles émissions ». Photo : VNA

Le Vietnam numérise la riziculture bas carbone

Le Vietnam accélère la numérisation des processus de culture du riz afin de développer le label « Riz vert vietnamien à faibles émissions ». Cette initiative vise à renforcer la transparence des données de production, améliorer la traçabilité et accroître la compétitivité du riz vietnamien sur les marchés internationaux.

Une tortue rare est transportée au parc national de Cuc Phuong pour y être soignée et réhabilitée avant d'être relâchée dans son milieu naturel. Photo publiée par VNA

Des tortues rares rapatriées au Vietnam dans le cadre de la CITES

Vingt-huit tortues rares ont été rapatriées de la République de Corée au Vietnam, marquant une avancée majeure dans la coopération internationale pour la conservation de la biodiversité et l'application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.

Un nouvel événement El Niño est en train de se mettre en place à l’approche de la saison estivale. Et cette année, l’épisode pourrait atteindre des niveaux inédits de températures. Photo: znews.vn

El Niño très probablement de retour à partir de la mi-2026

Ce phénomène pourrait s’intensifier particulièrement vers la fin de l’année, avec une probabilité de 20 à 25 % d’atteindre un niveau élevé et de se prolonger jusqu’en 2027, augmentant ainsi le risque d’événements météorologiques extrêmes généralisés.

Un gros orage accompagné de foudre a frappé une cuve de stockage de mélasse dans une sucrerie, provoquant le déversement d'environ 2 000 tonnes de mélasse. Photo : VNA

Les intempéries font des ravages dans plusieurs provinces du Centre et du Nord

De fortes pluies, des vents violents, des éclairs et de la grêle ont frappé les provinces de Thai Nguyên, Tuyên Quang, Lào Cai, Diên Biên, Phu Tho et Bac Ninh, endommageant les infrastructures alors que des orages de grêle et des tourbillons ont provoqué d’importants dégâts dans des localités montagneuses de la province de Nghê An.

Les visiteurs se rendant sur l’île de Cô Tô sont encouragés à utiliser des sacs écologiques en remplacement des sacs en nylon et en plastique. Photo : NDEL

Des pistes pour une gestion efficace des déchets pour un tourisme durable

Il est nécessaire d’élaborer des directives détaillées pour éliminer progressivement les plastiques à usage unique dans le tourisme ; de créer des guides de transition écologique pour les entreprises ; de renforcer les contrôles et les sanctions ; et d’intégrer les critères de tourisme sans plastique dans les systèmes de classement hôtelier et les procédures d’autorisation. Un autre groupe de solutions importantes consiste à créer des incitations économiques pour les entreprises, notamment à travers des mécanismes financiers verts

Le Parc national de Tram Chim mobilise les nouvelles technologies contre les incendies

Le Parc national de Tram Chim mobilise les nouvelles technologies contre les incendies

Alors que la saison sèche atteint son pic dans la province de Dong Thap, dans le delta du Mékong, la chaleur prolongée et la baisse du niveau de l’eau dans les canaux forestiers ont accru les risques d’incendie. En réponse, les gestionnaires forestiers renforcent les mesures de prévention, le parc national de Tram Chim étant à l’avant-garde avec le recours à des technologies de détection précoce et de surveillance à distance des feux.