Un programme pour aider les femmes d’ethnies minoritaires à s’émanciper

Valoriser les droits économiques des femmes de minorités ethniques constitue l’objectif principal du programme "Gender Responsive Equitable Agriculture and Tourism" financé par le gouvernement australien.
Hanoi (VNA) – Valoriser les droits économiques des femmes de minorités ethniques constitue l’objectif principal du programme "Gender Responsive Equitable Agriculture and Tourism" (GREAT) financé par le gouvernement australien. Interview de Lê Anh Tuân, conseiller des affaires agricoles de ce programme.
Un programme pour aider les femmes d’ethnies minoritaires à s’émanciper ảnh 1Lê Anh Tuân (1er à droite), conseiller des affaires agricoles du GREAT, lors d’une visite sur le terrain avec des experts étrangers. Photo : DA/CVN


- Le programme "Promouvoir l’égalité des sexes en améliorant l’efficacité économique dans la production agricole et le développement du tourisme (Gender Responsive Equitable Agriculture and Tourism - GREAT)" a mené de nombreuses enquêtes dans les zones de minorités ethniques du Nord. Quels sont donc les problèmes auxquels sont confrontées les femmes de ces régions aujourd’hui dans le développement des moyens de subsistance ?
 
Les projets du GREAT sont mis en œuvre dans les provinces montagneuses du Nord de Son La et Lào Cai en faveur d’une vingtaine de groupes ethniques. Dans ces régions, les principales difficultés rencontrées par les femmes consistent en l’accès aux services d’appui à la production, aux informations relatives à la commercialisation des produits. Les barrières linguistiques, la faible compétence dans la recherche de débouchés… les empêchent de coopérer avec des entreprises et coopératives.

Par ailleurs, l’échelle de production reste encore fragmentée. La production n’est pas étroitement liée au marché, de sorte qu’il existe de nombreux risques dans l’écoulement des produits.  Les femmes manquent de confiance et ont peu de possibilités de participer et de prendre des décisions concernant la production ou la commercialisation. Elles n’ont pas le droit de prendre des décisions économiques au sein de la famille. Le fardeau des stéréotypes sexistes ainsi que des tâches domestiques qui ne sont pas partagées par les maris constituent également un obstacle majeur si les femmes veulent assumer des rôles de direction au sein de coopératives et entreprises. De plus, de nombreux facteurs socioculturels affectent leur autonomisation économique.
- Que fait concrètement le GREAT pour les soutenir ?
 
Les projets du GREAT se concentrent dans trois domaines clés :  aide à l’autonomisation des femmes en leur permettant de participer aux activités de production ou de tourisme ; promotion du partenariat entre femme et entreprise où la femme joue le rôle de productrice, de fournisseuse et de femme d’affaires; amélioration de la gouvernance et de la politique pour favoriser le développement socio-économique plus général.
 
- À votre avis, que faut-il faire pour développer des moyens de subsistance durables en faveur de ces femmes ?
 
Le GREAT les aide à accéder aux intrants de qualité et abordables, à améliorer leur capacité de production, à accroître la valeur ajoutée des produits grâce aux opportunités du marché et à l’adoption de technologies. Les projets incitent aussi les hommes et femmes d’ethnies minoritaires à changer leurs perceptions sur l’égalité des sexes afin d’éliminer les stéréotypes. Ainsi, il n’y a plus de barrières psychologiques pour développer des activités de subsistance durables en faveur de leur famille et de toute la communauté.

Après deux ans de mise en œuvre des projets, des résultats encourageants ont été enregistrés. Fin juin 2020, plus de 19.500 femmes de Son La et Lào Cai en ont bénéficié; 477 groupes d’agriculteurs ont été nouvellement créés totalisant 12.340 femmes; 3.674 contrats économiques entre des ménages agricoles et des entreprises ont été signés; 10.147 femmes ont reçu des semences et des engrais; 9,9 millions de plants de haute qualité ont été fournis; 1.151 nouveaux emplois pour les femmes ont été créés. En outre, le projet a également contribué à changer les stéréotypes de genre au sein de 3.500 ménages.
 
- Quels sont les plans du GREAT une fois ces projets terminés ?
 
Nous nous concentrons sur la création d’une force financière pour les marchés, la promotion de la construction d’un réseau de marchés, sans subventions pour assurer sa durabilité. Dans l’agriculture, nous devrons accroître le rôle des entreprises dans la création de valeur ajoutée, l’application des technologies pour accéder aux nouvelles connaissances et informations, ainsi que connecter les services bancaires et financiers.

Dans le tourisme, nous mettons l’accent sur la formation professionnelle pour le développement du tourisme communautaire. Sans oublier d’améliorer les infrastructures des hébergements chez les habitants. Notre grand objectif est de créer un changement dans la position et le rôle de la femme et de l’homme au sein de la vie socio-économique des régions de minorités ethniques.
 
* Amélioration du rôle des femmes d’ethnies minoritaires
 
Le programme "Promouvoir l’égalité des sexes en améliorant l’efficacité économique dans la production agricole et le développement du tourisme (Gender Responsive Equitable Agriculture and Tourism - GREAT)" promeut l’égalité des sexes et l’autonomisation économique des femmes d’issues des ethnies minoritaires au Vietnam.

Financé par le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce d’un fonds de 33,7 millions d’AUD (24,8 millions d’USD), le GREAT est mis en œuvre de 2017 à 2021 dans les provinces de Son La et Lào Cai afin de créer des opportunités pour les femmes dans l’agriculture et le tourisme. Il prétend d’augmenter le revenu à plus de 40.000 femmes et les aider à rehausser leur confiance ainsi que leur prise de décision dans la famille, la communauté et la société. – CVN/VNA
 

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