Un docteur japonais au chevet des patients paralysés

Envoyé au Vietnam en qualité de volontaire par la JICA, le docteur en physiothérapie Nagase Ippei s’attache de plus en plus à ce pays dont il est "tombé amoureux". Un exemple de dévotion et d’altruisme.

Hanoi (VNA) - Envoyé au Vietnam en qualité de volontaire par la JICA, le docteur en physiothérapie Nagase Ippei s’attache de plus en plus à ce pays dont il est "tombé amoureux". Un exemple de dévotion et d’altruisme.

Un docteur japonais au chevet des patients paralysés ảnh 1Nagase Ippei s’occupe d’une patiente à l’Hôpital de rétablissement fonctionnel de Thua Thiên-Huê (Centre). Photo : TN

Situé dans la rue de Tô Hiên, quartier de Phu Cat, ville de Huê (Centre), l’Hôpital de rétablissement fonctionnel de la province de Thua Thiên-Huê s’occupe des soins quotidiens de quelque 130 malades hospitalisés, en plus d’une centaine de patients externes.

Depuis juin 2019, on voit parmi le corps de médecins de l’hôpital Nagase Ippeil, docteur  japonais en physiothérapie. Chaque jour, il s’occupe à lui seul du traite-ment de 10 à 15 patients paralysés ou menacés de paralysie.

"Je travaille ici en qualité de médecin volontaire envoyé par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Et j’en suis heureux", partage-t-il.

Un cœur charitable, des mains exercées

Avant de venir au Vietnam, le Japonais de 29 ans était à la tête d’une équipe de physiothérapeutes relevant de l’Hôpital universitaire de médecine Fujita (Japon). Le jeune praticien est spécialisé dans le traitement de patients frappés de paralysie (provoquée notamment par des maladies cardiaques ou liés à l’appareil respiratoire…).

À Huê, Nagase Ippei loge dans un appartement non loin de l’hôpital, et se rend au travail à vélo tous les jours. "Il semble que la présence du médecin japonais a su inculquer un seconde souffle à l’hôpital. Il est très actif et est toujours prêt à coopérer avec l’équipe de médecins et d’infirmiers", observe un collègue vietnamien.

Pour les patients, la présence de Nagase Ippei représente également quelque chose de très positif. "Suivie et livrée aux soins du médecin japonais, je dois dire que je me sens davantage en confiance", confie Nguyên Thi Toan, patiente de 55 ans, venue du district d’A Luoi, hospitalisée depuis un mois. À la suite d’une chute d’escalier, la quinquagénaire a subi des fractures au genou et au talon.

Un docteur japonais au chevet des patients paralysés ảnh 2La physiothérapie a un rôle important dans la promotion de la santé auprès des patients. Photo : VNA

"Malgré plusieurs opérations chirurgicales réalisées à l’hôpital de l’Université de médecine et de pharmacie de Huê, je suis restée dans l’incapacité de marcher. J’ai donc ensuite été transférée à l’Hôpital de rétablissement fonctionnel de Thua Thiên-Huê, où le docteur Nagase Ippei s’est directement occupé de moi. Ses soins intensifs et attentifs m’ont énormément encouragée. Et le résultat est plus que satisfaisant. Au terme de deux sessions de traitements (sur une durée totale de 30 jours), je peux dorénavant marcher presque comme il faut…!", raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.

Ses confrères vietnamiens ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges à son sujet. "C’est un médecin qualifié. Grâce à lui,  les praticiens locaux ont pu approfondir leurs connaissances professionnelles  et enrichir leurs expériences en termes de méthodes médicales modernes", observe le docteur Nguyên Quang Hiên, directeur de l’hôpital.

Une vie simple consacrée au volontariat

Nagase Ippei partage : "Mes débuts au Vietnam étaient difficiles, notamment à cause de la barrière linguistique. Le vietnamien, je l’ai appris dans les livres et aussi grâce à mes confrères vietnamiens. Mes efforts ont porté leurs fruits. Je peux maintenant m’entretenir aisément avec les patients". À Huê, le jeune volontaire japonais mène une vie simple : il se rend au travail à vélo et prend ses repas au réfectoire de l’hôpital comme tout le monde. Selon le directeur Nguyên Quang Hiên, plus d’une fois, Nagase Ippei a refusé la proposition de l’hôpital qui voulait lui prêter une moto. Il refuse également d’être payé pour ses heures supplémentaires de nuit. "Je suis ici en qualité de volontaire, mais je reçois une subvention mensuelle payée par la JICA", explique-t-il.

Le docteur japonais n’hésite pas à se confier : "Je suis tombé amoureux du Vietnam lors de mon premier séjour touristique dans ce pays fantastique". De retour au Japon, il s’est ainsi inscrit sur la liste des docteurs volontaires pour le Vietnam lorsque la JICA a lancé son appel. "En effet, au travers de différentes études j’ai constaté que le domaine de la rééducation fonctionnelle fait encore défaut au Vietnam. Je voudrais donc partager mes expériences professionnelles avec mes confrères vietnamiens", indique-t-il.

Pour lui, "l’esprit de solidarité et d’entraide entre confrères est important ici. Par exemple, lorsque je me heurte à une quelconque difficulté dans le travail comme dans la vie, ils n’hésitent pas à venir me voir et à m’aider ou à me donner des conseils précieux". Et d’insister : "Il s’agit d’une qualité louable que j’admire chez les Vietnamiens. Je suis très heureux de faire partie et de pouvoir vivre au sein de cette communauté vietnamienne".

Nagase Ippei apprécie tout particulièrement les spécialités de Huê, notamment le fameux banh khoai (flan sucré au manioc). "Les jeunes filles de Huê sont aussi très jolies. Mon cœur est cependant déjà pris, ma bien aimée - également volontaire de la JICA - travaille actuellement dans la province de Son La, au Nord. Nous sommes tout deux guidés par un amour commun et infini pour le Vietnam !", conclut-il avec un large sourire. – CVN/VNA

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