TPP, une opportunité pour la main-d'oeuvre, mais aussi un défi

L’adhésion du Vietnam à l’Accord de partenariat trans-pacifique (TPP) est de bon augure pour l’économie nationale. Cependant, cette intégration s’accompagnera de nombreux défis pour les entreprises.

Hanoi (VNA) - L’adhésion du Vietnam à l’Accord de partenariat trans-pacifique (TPP) est de bon augure pour l’économie nationale. Cependant, cette intégration s’accompagnera de nombreux défis pour les entreprises domestiques, et avec elles les travailleurs manuels et peu qualifiés.

TPP, une opportunité pour la main-d'oeuvre, mais aussi un défi ảnh 1L’industrie textile devrait être l’un des secteurs tirant le plus profit du TPP. Photo: VNA

Douze pays du Pacifique ont scellé le 5 octobre le TPP, ouvrant la voie à la création de la plus vaste zone de libre-échange du monde. Cet accord vise à lever quasi totalement les barrières tarifaires et non tarifaires imposés sur des marchandises et services, à libéraliser le commerce et les investissements au bénéfice des entreprises et des habitants des 12 pays signataires.

Cet accord contribuera à doper le développement économique, la productivité, les exportations ainsi qu’à créer des emplois, générer de nouveaux revenus pour les entreprises et les travailleurs. Cependant, ces derniers devront faire face à la concurrence de leurs homologues étrangers. Les travailleurs qualifiés en profiteront, mais ceux non formés rencontreront des difficultés.

Ces derniers mois, des informations concernant le TPP ont été largement diffusées dans les médias. Néanmoins, il semble que maints travailleurs soient passés à côté. «Je ne connais pas cet accord. Durant mes temps libres, je regarde des films», confie une employée de l’entreprise de confection Thai Anh, province de Hai Duong (Nord). D’autres connaissent cet accord, mais s’en désintéressent. «Je connais le TPP grâce aux programmes d’actualité. Mais je n’ai pas encore recherché d’informations sur ses effets sur l’économie nationale et les travailleurs», confie Bui Minh Khôi, ingénieur.

Un ouvrier de la zone industrielle de Thang Long, à Hanoi, a des connaissances basiques. «Vingt secteurs de l’économie nationale seront ouverts, cela stimulera les exportations nationales. Les travailleurs bénéficieront donc de quelques avantages. Pour ma part, en tant qu’ouvrier, un revenu stable reste la priorité», précise-t-il.

Lame à double tranchant pour les travailleurs

D’après certains dirigeants de sociétés, la main-d’œuvre vietnamienne aura plus à gagner qu’à perdre. «Le TPP apportera nombre d’opportunités à l’économie nationale. Les entreprises étrangères renforceront leurs investissements au Vietnam, avec un impact positif sur le taux de chômage», juge Nguyên Duc Thuân, président du conseil d’administration de la société par actions Thai Binh, province de Binh Duong (Sud). D’ajouter que : «Néanmoins, de nombreux défis attendent les travailleurs vietnamiens qui, face à leur homologues des pays développés, manquent de professionnalisme. C’est pourquoi les entreprises nationales  doivent se soucier de leur formation».

TPP, une opportunité pour la main-d'oeuvre, mais aussi un défi ảnh 2Les entreprises accélèrent le renouvellement de leurs technologies en vue du TPP. Photo: VNA

Selon Lê Quang Luyên, président du conseil d’administration de la sarl Phuc An, province de Binh Phuoc (Sud), les secteurs textile et aquacole seront les deux principaux bénéficiaires du TPP. D’autres, comme le secteur pharmaceutique, se heurteront à des difficultés nouvelles. Un grand nombre d’entreprises nationales de ce secteur dépendent en effet beaucoup des importations.

Les pays parties au TPP devront observer des règlements concernant le lieu de travail et la protection des intérêts des salariés. C’est pourquoi ceux-ci pourront bénéficier de meilleurs salaires et conditions de travail. Le TPP favorisera aussi la mobilité des travailleurs dans les douze pays concernés.

Bien que les ressources humaines, jeunes et abondantes, se soient améliorées au fil des années, la proportion de travailleurs qualifiés reste faible. Les compétences en langues étrangères, en capacité de travailler en groupe, les connaissances culturelles d’autres pays laissent encore à désirer.

Avec le TTP, le Vietnam espère que l’économie nationale connaîtra un essor, que la créativité et la compétitivité seront boostées et que la pauvreté reculera. Mais il faudra aussi que les autorités du pays déploient efficacement des mesures pour soutenir la main-d’œuvre nationale. – CVN/VNA

Voir plus

Collins Chong Yew Keat, analyste en affaires étrangères, en sécurité et en stratégie à l’Université de Malaya (Malaisie), au micro de la VNA. Photo: VNA

Le Vietnam émerge comme un nouveau moteur de croissance de la région

Le Vietnam a un fort potentiel pour devenir un nouveau moteur de croissance pour l’ASEAN, mais cela dépendra de sa capacité à passer d’une croissance axée sur les coûts à une croissance axée sur les compétences. La prochaine étape reposera sur le capital humain plutôt que sur une main-d’œuvre bon marché, l’éducation et la santé étant les piliers fondamentaux de sa compétitivité.

Fabrication d'équipements électroniques chez Rhythm Precision Vietnam Co., Ltd., parc industriel de Noi Bai. Photo : hanoimoi.vn.jpg

Hanoï donne un nouvel élan à la croissance industrielle

L’année 2025 marque une nette reprise de la production industrielle à Hanoï, avec un taux de croissance record depuis la pandémie de COVID-19. Dans ce contexte, l’industrie manufacturière et de fabrication continue d’affirmer son rôle de principal moteur, apportant une contribution importante à la croissance du PIBR de la capitale.

Faire du commerce international un levier de croissance durable

Faire du commerce international un levier de croissance durable

Avec un volume total d’échanges commerciaux atteignant 920 milliards de dollars en 2025, le Vietnam figure désormais parmi les 15 premières économies mondiales en termes de commerce international. Cette étape historique marque l’aboutissement de quatre décennies de réformes (Renouveau ou Dôi moi) et d’une intégration stratégique à l’économie globale. Le commerce extérieur demeure, plus que jamais, le moteur essentiel de la croissance nationale.

Le Premier ministre Pham Minh Chinh (debout) préside la deuxième réunion du Comité directeur gouvernemental pour la gestion et l’administration macroéconomiques, à Hanoi, le 26 janvier. Photo : VNA

La gestion macroéconomique doit joindre la parole à l’acte, dit le PM

En 2025, le contexte mondial est resté très incertain en raison des tensions géopolitiques et des politiques tarifaires, tandis qu’au niveau national, les catastrophes naturelles, les tempêtes et les inondations ont atteint des niveaux exceptionnellement élevés, dépassant les records historiques. Malgré ces difficultés, le Vietnam a enregistré des résultats économiques encourageants.