TPP : le delta du Mékong accélère sa restructuration agricole

L’accord de partenariat transpacifique (TPP), dont les parties représentent 40 % du PIB mondial, devrait offrir au delta du Mékong des opportunités d’exportations considérables.
TPP : le delta du Mékong accélère sa restructuration agricole ảnh 1L'agriculture dans le Delta du Mékong. Photo: VNA
 

Hanoi (VNA) - Le delta du Mékong est la plus grande région agricole du Vietnam. L’accord de partenariat transpacifique (TPP), ​dont les parties représentent 40 % du PIB mondial, devrait lui offrir des opportunités d’exportations considérables. Pour autant, les défis à relever sont immenses et pour profiter de ces retombées commerciales, il doit accentuer sa restructuration agricole.

Mme Pham Chi Lan, une économiste, indique qu’avec la création de la Communauté économique de l’ASEAN, la signature de l’accord de libre-échange Vietnam-UE à la fin de 2015 et l’entrée en vigueur du TPP l’année prochaine, le Vietnam a des accords de libre échange avec 57 pays. Quand les droits de douanes auront été supprimés, la concurrence sur le marché sera particulièrement âpre. Le défi majeur que devra relever la région du delta du Mékong est ​de moderniser ses exploitations agricoles. Les économistes présents au forum “Pour mieux commercialiser les produits agricoles vietnamiens-expériences du delta du Mékong”, ont souligné que l’agriculture vietnamienne était faiblement mécanisée, que le travail agricole était encore très largement effectué par l’homme et que, par voie de conséquence, la productivité restait modeste. Ils ont expliqué qu’à l’inverse de cette situation, la mécanisation est très largement répandue dans le monde et des machines de haute technologie sont utilisées dans l’agriculture pour une meilleure productivité. Pour profiter des retombées commerciales du TPP, la mécanisation de l’agriculture du delta du Mékong, grenier à riz du Vietnam, s’impose donc plus que jamais. Le docteur Nguyen Sy Dung, vice-président du bureau de l’Assemblée nationale précise : « La main d’œuvre représente 60 % d​e la production agricole alors qu’elle n’est que de 3 % dans les pays  ayant une agriculture développée. Le coût de production est beaucoup moins élevé que le nôtre. Dans ces conditions, quelles sont nos chances de les concurrencer une fois les accords de libre échange en vigueur. L’important, maintenant, c’est d’adapter notre offre à la demande mondiale. »

Pour tirer le meilleur profit du TPP, l’agriculture du delta du Mékong doit faire preuve d’une plus grand flexibilité. L’économiste Vo Ho Dung explique : « C’est vrai que l’agriculture est notre point fort. Un rendement élevé et un faible prix sont des éléments entrant dans la compétitivité,  mais c’est la singularité qui donne de la valeur ajoutée à nos produits. Il est donc important d’expliquer aux agriculteurs qu’ils doivent désormais privilégier la transformation pour élever la valeur ajoutée de leurs produits ».

Son Excellence Ted Osius, ambassadeur ​des Etats-Unis, a affirmé lors d'un déplacement dans le delta du Mékong, qu'en dehors de stimuler les exportations agricoles de la région, le TPP devrait aussi permettre aux agriculteurs de réfléchir aux questions de ​marque, de sécurité alimentaire...

Aujourd’hui, la priorité est de faire connaître aux agriculteurs de la région les avantages et les inconvénients des accords de libre échange afin de leur permettre de s’y préparer au mieux.-VOV/VNA

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