Stimuler le marché des capitaux

Le marché financier du Vietnam manque encore de sources de capitaux à court comme à long termes. Il est donc important de trouver des solutions à ce problème récurrent.
Stimuler le marché des capitaux ảnh 1Les entreprises ayant des besoins de financement peuvent s’adresser à des investisseurs en émettant des actions ou des obligations. Photo:VNA/CVN

Hanoï (VNA) -  Le marché financier du Vietnam manque encore de sources de capitaux à court comme à long termes. Il est donc important de trouver des solutions à ce problème récurrent.

"Le marché financier et des capitaux du Vietnam requiert des solutions pour combler ses lacunes comme le manque de capitaux à court et à long termes. En plus, la répartition de ces sources entre les secteurs économiques n’est pas encore optimum…", a estimé le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê lors d’un forum thématique sur le financement du marché des capitaux du Vietnam, tenu récemment à Hanoï.

Les entreprises ayant des besoins de financement peuvent s’adresser à des investisseurs en émettant des actions ou des obligations.

En ce qui concerne les solutions pour l’extension de ce marché pour le Vietnam dans cette conjoncture, Ketut Kusuma, un expert de haut niveau sur le marché des capitaux de la Banque mondiale, a partagé qu’il faudrait surtout garantir la transparence des données et des informations, moderniser le cadre juridique et les infrastructures, améliorer la supervision. D’après Vuong Dinh Huê, fin 2016, seules 47% des entreprises vietnamiennes avaient déclaré des bénéfices, alors que 53% avaient enregistré des pertes. Il a soulevé la question de savoir si leur échec était dû à une faible capitalisation et à une dépendance à l’égard des banques qui entraîne un coût élevé du capital et une baisse des bénéfices. “Le gouvernement vietnamien tient compte des questions liées à la promotion du développement des entreprises et à l’amélioration de l’environnement de l’investissement, notamment en éliminant les difficultés institutionnelles pour stimuler le marché financier”, a-t-il déclaré.

Maintenant, de nombreuses entreprises dépendent trop des prêts bancaires, entraînant des coûts financiers élevés en plus d’un certain nombre d’autres dépenses telles que coûts logistiques, commerciaux et frais d’accès au marché.
À l’heure actuelle, le marché financier pèse 124 milliards de dollars, un chiffre qui devrait grimper en flèche, et ce sans tarder. Puisque prochainement, les législations sur le marché des capitaux seront perfectionnées, de façon à rendre son fonctionnement plus transparent.  Selon Trân Van Dung, président du Comité d’État de la Bourse, la stratégie du marché financier vietnamien est de restructurer et d’établir un équilibre entre ses trois compartiments: marché du crédit, marché boursier et marché obligataire. D’après Nguyên Thi Hông, vice-gouverneur de la Banque d’État du Vietnam, ces derniers temps, le marché financier n’était pas au niveau de croissance requis, mais les marchés monétaire et boursier ont fait une percée, jouant un rôle prépondérant pour alimenter l’économie nationale en argent frais.

La Bourse, un canal important de capitaux

Selon le dernier rapport du Comité d’État de la Bourse, fin juin 2018, la capitalisation boursière vietnamienne s’est établie à 3.889.000 milliards de dôngs (en hausse de 10,7% par rapport à la fin de 2017), soit environ 77,7% du PIB national. Pour le marché financier, le taux du crédit par rapport au PIB était de 130%. Pourtant, l’envergure des obligations d’entreprises occupait seulement 1,25% du marché. “Les obligations gouvernementales représentent une large part. Il s’agit donc des capitaux à court terme, causant une pression importante sur les entreprises. C’est une faiblesse auquel il faut remédier”, a indiqué Trân Van Dung.

Les marchés des capitaux permettent la rencontre entre les acteurs économiques. Les entreprises ayant des besoins de financement peuvent par exemple s’adresser à des investisseurs en émettant des actions ou des obligations. Selon les prévisions, au Vietnam, ces marchés, dont la Bourse, devraient connaître prochainement une forte croissance, et ce en raison de l’accélération de l’actionnarisation des entreprises publiques. En 2018, 64 entreprises supplémentaires devraient en effet faire l’objet d’une actionnarisation partielle, notamment les Compagnies générales de la papeterie du Vietnam et des télécommunications MobiFone. En 2019, ce sera le tour de celles des postes et télécommunications, du café du Vietnam, des Groupes des industries charbonnière et minière, des produits chimiques... Bref, d’ici deux ans, une centaine d’entreprises étatiques seront partiellement actionnarisées et cotées en Bourse.

“La feuille de route pour le retrait des fonds publics chez ces sociétés a été rendue publique, ce qui traduit la détermination du gouvernement à les réorganiser. Il est en tout cas clair que les marchés des capitaux,  notamment la Bourse, sont appelés à connaître un développement très important dans les temps qui viennent”, a expliqué le président du Comité d’État pour la Bourse. Selon Trân Van Dung, la Bourse vietnamienne dispose de grandes opportunités et d’avantages compétitifs pour attirer davantage de capitaux étrangers, face aux évolutions complexes du marché mondial. Concrètement, le pays s’est fixé comme objectif une croissance du PIB de 6,5% au minimum pour la période 2018-2020, soutenue par une politique monétaire accommodante et une politique budgétaire flexible. “Le gouvernement s’est engagé à lever tous les obstacles entravant le développement du secteur privé et la promotion de l’investissement, mais aussi à accélérer l’actionnarisation des entreprises publiques. Le Comité d’État de la Bourse, quant à lui, a promis de continuer à restructurer le marché boursier pour tirer le meilleur profit des capitaux étrangers”, a-t-il conclu. - CVN/VNA                   
 






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