Quang Binh, terre d’épreuves et de fierté

L’histoire de Quang Binh est marquée par les guerres et les catastrophes naturelles. De rudes épreuves ont forgé le caractère courageux des habitants de cette province du Centre.
Quang Binh (VNA) – L’histoire de Quang Binh est marquée par les guerres et les catastrophes naturelles. De rudes épreuves ont forgé le caractère courageux des habitants de cette province du Centre.
Quang Binh, terre d’épreuves et de fierté ảnh 1Le col Transversal, aujourd’hui ligne de démarcation entre les provinces centrales de Hà Tinh et de Quang Binh. Photo: CTV/CVN

Forgé au cours des épreuves de la nature et de l’histoire, l’homme de Quang Binh a des qualités remarquables: solidarité, courage et abnégation. La province compte de nombreux lettrés et guerriers distingués. Signalons en particulier Nguyên Huu Canh, grand capitaine et créateur des provinces du delta du Mékong, il y a 300 ans.

Parmi les sites pittoresques de Quang Binh, la grotte de Phong Nha, formée par un fleuve souterrain dont l’eau a sculpté les roches calcaires, est considérée par les spéléologues comme unique dans le monde.

Avec une superficie de 7.983 km² dans le Centre du Vietnam et quelque 700.000 habitants, Quang Binh est, physiquement, le goulot du pays. Ses côtes s’étendent à l’est sur 180 km et sa largeur n’atteint parfois que 50 km. La terre est pauvre et ne possède que 15% de plaines maritimes étroites, sans cesse rongées par les dunes de sable. Le reste est constitué de montagnes et de collines.

Deux emblèmes géographiques

De plus, le climat est dur. En été, une grande chaleur et des pluies torrentielles s’abattent sur la province, accompagnées du vent brûlant du Laos. En novembre, les typhons se déchaînent. Les cours d’eau qui descendent de la Cordillère de Truong Son (à l’ouest), proches de la mer, se gonflent facilement et causent des crues dévastatrices. Longtemps, la population a souffert de disettes chroniques, vivant moins de la culture du riz que des produits de la pêche et de l’exploitation forestière.
Quang Binh, terre d’épreuves et de fierté ảnh 2Le col Transversal vu du ciel. Photo: CTV/CVN

La position frontalière donna à Quang Binh une influence décisive sur la marche de la nation. Toute son histoire se cristallise autour de deux emblèmes géographiques, le col Transversal ou Dèo Ngang et le fleuve Gianh.

Le col Transversal, aujourd’hui ligne de démarcation entre les provinces de Hà Tinh et de Quang Binh, séparait autrefois deux peuples, les Viêt et les Chams. Au début de l’ère chrétienne, les terres au nord et au sud du col relevaient de l’Empire chinois. Au IIe siècle, le chef cham Khu Liên a réussi à se tailler un fief, devenu royaume du Lin Yi (Lâm Ap), qui recouvrait le territoire de Thua Thiên - Quang Nam au Centre du Vietnam actuel. Au IVe siècle, le Lin Yi poussa vers le Nord et conquit la région de Quang Binh. Au Xe siècle, le Vietnam se libéra du joug chinois.

Puis le roi des Ly entreprit une expédition victorieuse contre le Champa, dont le roi captif Che Cu lui offrit le territoire de Quang Binh en échange de sa liberté. Le général Ly Thuong Kiêt devait peu après envoyer dans cette contrée nouvellement occupée des paysans vietnamiens pauvres pour l’exploiter et servir en même temps de soldats en temps de troubles. Quang Binh, longtemps disputée entre les deux États, devint définitivement vietnamienne au XVe siècle.

Le col Transversal, haut de 256 m, fait partie de la Chaîne transversale (Hoành Son), qui se détache de la longue Cordillère de Truong Son (où est aménagée la piste Hô Chi Minh). Au sommet se trouve le Hoành Son Quan, poste fortifié construit par le roi Minh Mang en 1833.

Si le col Transversal peut servir d’emblème à la lutte contre le Champa, le fleuve Gianh, plus au sud, illustre lui le conflit entre les clans féodaux Trinh et Nguyên, qui a duré deux siècles (1570-1786), marqué par une guerre d’un demi-siècle (1627-1672).

Dans la marche du Vietnam vers le Sud, à partir du XIe siècle, la première étape avait été la prise de Quang Binh. La deuxième se réalisa de manière pacifique. Le roi cham Chê Mân, pour demander la main de la princesse Huyên Trân (1301), offrit comme présent de mariage le Châu O et le Châu Ro (Ly), devenus le Thuân Hoa vietnamien (actuellement une partie de Quang Tri et de Thua Thiên-Hue). Sous les Lê, fuyant le clan shogounal des Trinh, Nguyên Hoàng demanda de s’établir dans le Thuân Hoa (1558) et c’est ainsi que la sécession commença. Les Trinh lancèrent six offensives contre le Sud, les Nguyên une contre le Nord. Quang Binh était le champ de bataille tout désigné.

Le fleuve Gianh, frontière pendant 100 ans
Quang Binh, terre d’épreuves et de fierté ảnh 3La beauté du fleuve Gianh. Photo: BQB/CVN

Les Trinh se retranchèrent au col des Nuages, mais la véritable ligne de démarcation Nord-Sud était le fleuve Gianh plus au sud. Sur la rive nord, la bourgade commerciale Ba Dôn était l’endroit de regroupement des forces expéditionnaires Trinh. Ces derniers disposaient de 100.000 soldats, 500 éléphants et 500 bateaux de guerre avec canons. Les Nguyên avaient une armée moins nombreuse, mais mieux entraînée, et possédaient surtout deux solides lignes de défense fortifiées réalisées par le lettré Dào Duy Tu, la muraille Truong Duc, longue de 10 km et la muraille du Maître (Luy Thây), longue de 18 km. Finalement, les Trinh et les Nguyên firent la paix. Le fleuve Gianh servit de frontière pendant 100 ans, jusqu’à la réunification du pays par l’insurrection populaire des Tây Son (fin du XVIIIe siècle).

Dans l’histoire contemporaine, au début de la première guerre d’Indochine (1946-1954), le village de Canh Duong, au pied du col Transversal, se distingua par son réseau de tunnels souterrains, qui permirent à ses guérilleros de mettre en échec les attaques françaises. Pendant la guerre américaine, Dông Hoi fut rasée. Chaque habitant de Quang Binh a reçu en moyenne 4 tonnes de bombes et d’obus, mais 700 appareils ennemis ont été abattus par les forces de résistance locales. - Huu Ngoc/CVN/VNA

 

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