Hanoi (VNA) – Autrefois, dues aux différences culturelles des deux régions, le public du Sud avait du mal à s’identifier aux téléfilms du Nord et vice versa. C’est pourquoi les metteurs en scène et producteurs ont redoublé d’efforts pour supprimer au mieux ces écarts et attirer davantage de spectateurs.
 
Le film Nguoi phan xu (L’arbitre) a généré une forte audience, ainsi que de nombreuses vues sur la plate-forme en ligne YouTube. Photo: CTV/CVN

Les différences entre les régions du pays représentent un obstacle dans la diffusion et réception des téléfilms du Nord dans le Sud et vice versa. En raison des caractéristiques artistiques, culturelles et historiques notamment, les téléfilms de chaque région ont la tendance naturelle de s’orienter vers leurs propres spectateurs.

En particulier, même les films qui ont connu un certain succès, montrent également un écart de l’audimat pour chaque région. On peut compter le cas de "Nguoi phan xu" (L’arbitre) par exemple, dont l’indice d’écoute moyen après 47 épisodes était de 14,28% à Hanoï, contre 0,94% à Hô Chi Minh-Ville.

Un autre exemple peut être cité, le téléfilm de la chaîne HTV7 intitulé "Gia dinh la sô 1" (La famille avant tout) a reçu un indice à Hô Chi Minh-Ville de 1,4% contre 0,03% à Hanoï. Des exemples qui montrent que les téléspectateurs ont pour habitude de regarder les sitcoms propres à leur région. C’est aussi le cas de la Télévision du Vietnam (VTV). Bien qu’elle ait mis en place la chaîne VTV9, consacrée aux habitants au Sud, ces derniers choisissent davantage la chaîne HTV ou celles des autres localités du Sud.

Alors que les spectateurs du Nord, eux, vont avoir tendance à rester fidèles à la VTV et sa programmation de téléfilms ou séries télévisées, généralement diffusés en "prime time". Le facteur régional dans la production d’un film est ce qui constitue la différence dans le choix de sujet d’un film.
 
Une scène du film "Bông dung muôn khoc" (Envie subite de pleurer). Photo: VTV

Si les films à succès de la VTV se penchent habituellement sur des questions d’actualité comme la série "Canh sat hinh su" (Police criminelle), "Gio làng Kinh" (Le vent du village Kinh), "Tinh khuc Bach Duong" (Chant d’amour au pays des peupliers blancs) ou "Ca môt doi an oan" (Une vie de reconnaissance et de haine). Cependant, ces derniers temps, ce sont des films comme "Sông chung voi me chông" (Vivre avec sa belle-mère) ou encore "Nguoi phan xu" (L’arbitre) qui ont généré une forte audience, ainsi que de nombreuses vues sur la plate-forme en ligne YouTube.

Dans le Sud, la tendance est aux longs métrages se rapprochant davantage de la vie de tous les jours, comme "Tuôi thanh xuân" (La Jeunesse) et "Nhung khuc sông dây song" (La rivière houleuse) qui retrace le sort d’un personnage et des péripéties de sa vie quotidienne.

La qualité avant tout

Dô Thanh Hai, directeur du Centre de production des téléfilms de la Télévision vietnamienne (VFC) a fait savoir que ces dernières années, les producteurs vietnamiens avaient redoublé d’efforts pour faire naître des téléfilms attrayants au goût des téléspectateurs. Entre les productions des deux régions, on a su constater les interférences et les similitudes. "Pour le public, la qualité des films est primordiale. La différence régionale n’est pas aussi importante", a souligné Dô Thanh Hai.
 
"Tuôi thanh xuân" (La Jeunesse) est un téléfilm dans lequel il y a la participation des acteurs du Nord et du Sud. Photo: CTV/CVN

Selon M. Hai, à 14h00 tous les samedis et dimanches, la VTV diffusera des films de haute qualité pour les spectateurs. Ces films sont le fruit de coopération entre la VTV et ses partenaires.

En effet, avec la privatisation de l’industrie en plein boom, les producteurs du pays ont cherché à conquérir le public dans son ensemble avec des ouvrages adaptés au goût de toutes les régions. Ainsi, on peut citer des films du Sud, présentés sur les chaînes de la VTV tels que "Cô gai xâu xi" (La jeune fille moche), "Ngôi nhà hanh phuc" (La maison du bonheur), "Danh trao sô phân" (Changer son destin), "Mông phù hoa" (Un rêve illusoire) et "Vuc tham vô hinh" (Le gouffre invisible), entre autres.

La suppression des différences régionales est depuis longtemps un objectif majeur des réalisateurs et producteurs du pays. Un effacement graduel réalisé en doublant des films du Sud par des voix à l’accent du Nord ou en introduisant des acteurs des deux régions dans un même film, notamment.

Cette adaptation permet au public d’approcher un plus grand nombre de productions et de mieux comprendre le goût ainsi que les caractéristiques culturelles qui définissent ces régions. – CVN/VNA