Printemps et amour

Le Têt, Nouvel An vietnamien, arrive et nous vous offrons un choix de ca dao, vieilles chansons populaires, relatives à l’amour. Traduction de Huu Ngoc et d'Alice Kaln.
Hanoi (VNA) - Le Têt, Nouvel An vietnamien, arriveet nous vous offrons un choix de ca dao, vieilles chansons populaires,relatives à l’amour. Traduction de HuuNgoc et d'Alice Kaln.
Printemps et amour ảnh 1Printemps, ce mot signifie jeunesse, amour, chanson et tout ce qui est beau dans la vie. Photo: Soha

Printemps, «ce mot signifie jeunesse, amour, chansonet tout ce qui est beau dans la vie», rimait Longfellow. Nous pourrionsemprunter ce vers au poète américain pour parler de nos ca  dao, vieilles chansonspopulaires, qui se chantent souvent à l’occasion des fêtes villageoises duprintemps. Ces «Volkslieder» (chants populaires) disent les joies et les peinesdu peuple. L’amour y tient une grandeplace.      

À l’occasion du Têt, Nouvel An vietnamien, nous vousoffrons un choix de ca dao relatives à l’amour. Marivaudage paysan,discret et touchant, lié aux rizières verdoyantes, à l’embarcadère du banian, àla mare de la pagode, au bétel grimpant autour de l’aréquier aux fleursblanches des pamplemoussiers...

L’oiseau bleu mange la mangue verte.
Il mange bien, il prend un bain frais et se pose sur la branche d’un banian.
Moi, la petite sœur (1), je n’en peux plus, je dois le dire.
J’attends la lune, la lune décline.
J’attends la fleur, la fleur se fane.
Note : petite sœur (em) = l’amante.

Je suis pareille à une pièce de soie rose.
Frémissant au milieu du marché et qui ne sait entre les mains de qui elle vatomber.
Assise, je m’appuie contre une branche de bambou d’ivoire, contre unebranche d’abricotier.
À l’Est c’est le pêcher, à l’Ouest le saule. De qui serai-je l’amie ?

Je suis pareille à une noix armée de piquants
À l’intérieur l’amande est toute blanche. L’écorce est toute noire
Et bien, goûtez-y et vous verrez !
Ce n’est qu’après y avoir goûté qu’on saura que je suis douce et fondante.
L’eau suit le courant, le poisson le remonte
L’eau remonte le courant, le poisson nage en travers
Mon sampan descend vers le port de Thuan-An
Votre sampan, frère aîné, remonte, hélas, vers les montagnes !
2e vers : «l’eau remonte le courant,» sous-entendu avec la marée.

Je voudrais bien vous suivre
Mais j’ai peur que vous soyez pauvre et qu’après vous me vendiez.
Si je vais avec vous, qu’aurai-je à manger ?
Les pousses de manioc sont amères et les bourgeons de sycomore desséchés.
Si je vous prends, nous n’avons ni porte ni maison.
Ni père, ni mère, personne sur qui nous reposer.

Plusieurs fois par jour, je dois gravir la montagne
Comment pourrais-je encore être belle et fraîche, dis-le moi.
Il aurait mieux valu ne pas se connaître,
Se connaître, avoir déjà des liens, et à mi-chemin se séparer.
Une berge du fleuve s’érode, l’autre gagne en alluvions.
Un seul poisson nage et plusieurs lancent l’hameçon.

L’aile de l’oiseau Hông plane dans le ciel d’automne.
J’ai pitié de la tourterelle qui roucoule dans la cage.
Si c’était un mariage heureux, elle aurait déjà un enfant dans chaque bras.
J’ai pitié de celle qui languit toute seule dans sa chambre.

Je grimpe sur le pamplemoussier pour cueillir des fleurs.
Je descends au champ d’aubergines pour cueillir des boutons de rose sauvage.
Les boutons de rose sauvage ont de fraîches couleurs.
Mais la demoiselle a déjà un mari. Comme je le regrette !
- Une feuille de bétel bien piquante ne coûte que trois sapèques.
Pourquoi ne m’avez-vous pas demandée aux jours où j’étais encore libre ?
Maintenant, j’ai déjà un mari.
Je suis comme un oiseau dans la cage, un poisson qui a mordu à l’hameçon.
Le poisson qui a mordu à l’hameçon ne sait que faire pour se libérer.
L’oiseau dans la cage, quand pourra-t-il sortir ?
5e vers : offrir une chique de bétel équivaut à une déclaration d’amour.
6e vers : au jour où j’étais encore libre, littéralement, où j’étais encore«non».

C’en est fini de l’ancien embarcadère du banian.
La barque sert un autre bac, pourquoi rester assis ?
Pour attendre qui ?

L’autre jour je suis venu en visite chez vous.
J’ai vu votre mère dans un hamac, votre père sur un lit.
Je vous ai vue étendue sur la terre et j’ai eu pitié de vous.
Je suis allé à la ville commander un lit à huit panneaux.
J’ai fait incruster d’or les quatre coins,
Inscruter d’argent les quatre pieds.
Et ciseler de dragons les huit panneaux.
Et maintenant il faut laisser le lit dans un coin, inutile.
Vous allez vous marier, mes peines sont perdues…

Si vous m’aimez, aimez moi vraiment.
Si vous ne m’aimez pas, il faut le dire.
Pourquoi toujours différer comme on ajourne une dette, c’est encore plustriste.
À la pagode, là haut, les cloches déjà s’ébranlent.
Les coqs du village de Tho Xuong chantent déjà et les oiseaux se font entendredans les forêts de la montagne.

Si on aime, il faut le dire.
Si on n’aime pas, mieux vaut le dire une fois pour toutes.
Pourquoi n’être ni clair ni trouble.
Comme le bouillon de moules et, faire se consumer mon cœur ?

Sur la sapèque «Van lich», quatre caractères d’or sontgravés.
Engagé avec la demoiselle depuis si longtemps, je regrette mes peines.
Maintenant où êtes vous allée prendre un mari ?
Je vous offre en cadeau de noces cent noix d’arec et mille taels d’or en papiervotif.
Les cent noix d’arec, c’est pour racheter votre dette.
Les mille taels sont pour dégager notre serment.
Dans le temps, vous parliez et vous parliez,
Vous juriez et vous juriez.
Maintenant, vous brisez le cadenas et à qui livrez-vous la clef ?
Maintenant, qui avez vous écouté ?
Vous me rencontrez, vous inclinez le chapeau conique. On se touche de l’épauleet vous ne daignez même pas me saluer.
1er vers : «Van Lich» est le nom d’une dynastie

Pas de chance en amour ! Pas de bonheur, un vieux mari !
Quand je sors, on demande : c’est le père ou le mari ?
Le dire, ça me fait mal au cœur.
C’est la dette des vies antérieures. Ce n’est pas mon mari.
C’est à cause de vous que je dois patauger pour chercherdes crabes.
S’il n’y avait que moi, je vivrais avec quelques sapèques.
C’est à cause de vous que je dois peiner.
Si j’étais seule, tout s’arrangerait bien vite. - VNA

Voir plus

Fête à Yen Tu. Photo: VNA

Bac Ninh : le Festival "Retour à la terre du patrimoine - 2026" célèbre les patrimoines reconnus par l’UNESCO

La province de Bac Ninh organisera fin mars 2026 le Festival "Retour à la terre du patrimoine - 2026", un événement d’envergure marqué par la reconnaissance de l’UNESCO pour l’art des estampes populaires de Dong Ho et la mise à l’honneur de nouveaux sites classés au patrimoine mondial, avec au programme de nombreuses activités culturelles, spirituelles et touristiques destinées à valoriser les richesses du Kinh Bac.

Performance de flûte Hmong. Photo: VNA

Résolution 80 : La culture, ciment des communautés et vecteur de consensus social

Dans un contexte d’urbanisation rapide, de migrations de travail et de forces du marché qui transforment les structures sociales, considérer la culture comme une ressource interne devient de plus en plus crucial. Lorsqu’on lui accorde la place qui lui revient, la culture peut agir comme le « ciment » qui unit les communautés, renforce l’identité, consolide le consensus social et fournit une base spirituelle solide pour un développement durable.

Lors de la séance de travail. Photo : VNA

Le Premier ministre ordonne d’accélérer la mise en œuvre des résolutions sur la culture

En travaillant avec le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme le 23 février, le Premier ministre Phạm Minh Chính a appelé à institutionnaliser rapidement les orientations du XIVe Congrès du Parti et de la Résolution 80 du Bureau politique, à lever les blocages institutionnels et à mobiliser toutes les ressources afin de faire de la culture un moteur endogène du développement durable.

Le joueur vietnamien de billard Duong Quôc Hoàng en action. Photo : Box Billiards

Duong Quôc Hoàng s’adjuge la Premier League Pool 2026 à Miami

Face à l’un des grands noms de ce sport, le joueur vietnamien de billard a livré une prestation sereine et assurée. Il a su exploiter ses premières occasions pour remporter les deux premières manches, imposant son jeu par une précision chirurgicale et une maîtrise parfaite de la table.

Bouddha Amitābha de la pagode Kim Tien, sentinelle spirituelle des Sept Montagnes

Bouddha Amitābha de la pagode Kim Tien, sentinelle spirituelle des Sept Montagnes

Nichée au cœur d’un paysage montagneux grandiose, la pagode Kim Tien, située dans le quartier de Tinh Bien, province d’An Giang, s’impose comme un haut lieu de spiritualité de la région de "Bảy Núi" (les Sept Montagnes). Point d’orgue de ce sanctuaire, la statue monumentale de Bouddha Amitābha, haute de 24 mètres, domine le site depuis le toit du pavillon principal. Se détachant avec majesté sur fond de montagnes, elle semble s’élancer vers le ciel, conférant au lieu une atmosphère à la fois solennelle et profondément inspirante.

L'ensemble des «Cadeaux de Têt pour enfants» de Kim Dông. Photo: VOV

Bonnes idées de livres à offrir pour le Têt et faire plaisir aux enfants

Comme chaque année, les éditions Kim Dông publient Nhâm nhi Têt Binh Ngo (Bienvenue au Têt de l’Année du Cheval), une anthologie réunissant nouvelles, poèmes consacrés au printemps et à l’animal emblématique de l’année. À travers ces pages, le Têt traditionnel se déploie: les plats incontournables - banh chung (gâteaux de riz gluant), confits sucrés - mais aussi les gestes culturels, de la calligraphie aux peintures populaires, sans oublier les courses de chevaux du Nouvel An.

Le temps fort de la soirée d’ouverture est le programme artistique intitulé « Parfums et Couleurs de Tay Ninh », une œuvre scénographique soignée retraçant le processus de formation et de développement de Tay Ninh. Photo: VNA

Ouverture du Festival du Printemps du mont Ba Den 2026 à Tay Ninh

Se déroulant du 17 février au 18 mars 2026, le Festival du Printemps du mont Ba Den 2026 propose une programmation riche et diversifiée, comprenant des spectacles d’arts populaires, des défilés en « ao dai » (tunique traditionnelle), ainsi que des activités culinaires et culturelles caractéristiques de Tay Ninh.

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.