OGM : déjà plus d’un million d’ha au Vietnam

Organismes génétiquement modifiés: déjà plus d’un million d’ha au Vietnam

Un forum consacré aux organismes génétiquement modifiés (OGM) a eu lieu le 13 août dans la mégapole du Sud, avec la présence de scientifiques de premier plan.
Organismes génétiquement modifiés: déjà plus d’un million d’ha au Vietnam ảnh 1Le forum consacré aux organismes génétiquement modifiés (OGM) a eu lieu le 13 août à Hô Chi Minh-Ville.  Photo : CVN

Un forum consacré aux organismes génétiquement modifiés (OGM) a eu lieu le 13 août dans la mégapole du Sud, avec la présence de scientifiques de premier plan.

Cet événement, organisé par le Fonds pour la paix et le développement de Hô Chi Minh-Ville, en coopération avec le Centre des recherches sociales et éducatives de Tri Viêt, a fait le point sur les plantes génétiquement modifiées au Vietnam, leurs impacts sur la production agricole, environnementale et humaine dans le contexte où de nombreux fabricants d’OGM font déjà des affaires au Vietnam.

Selon Tôn Nu Thi Ninh, présidente du Fonds pour la paix et le développement de Hô Chi Minh-ville, «à travers différentes approches, il est important d’analyser la question des OGM de façon globale, afin que les décideurs politiques ainsi que les citoyens puissent se faire une idée plus exacte».

OGM : des intérêts notables

Lors du forum, le Prof.-Docteur Bùi Chi Buu, directeur de l’Institut des Sciences et Techniques agricoles du Sud, a brossé un panorama du développement des organismes transgéniques dans le monde comme au Vietnam. Selon lui, en 2014, l’agriculture transgénique pesait 15,7 milliards de dollars dans le monde, représentant 22% du total.

Toujours cette même année, le monde comptait 18 millions de paysans de 28 pays cultivant 181,5 millions d’ha de cultures OGM, soit une croissance de 3 à 4% en un an. Les cinq pays qui produisent le plus d’OGM sont États-Unis, Brésil, Argentine, Inde et Canada. À l’heure actuelle, il y a 381 organismes génétiquement modifiés cultivés -ou élevés- dans le monde, et 25 voient le jour chaque année. Les quatre plantes principales sont soja (82%), coton (68%), maïs (30%) et canola (25%). De l’avis des scientifiques, les organismes transgéniques contribuent à lutter contre la famine dans le monde et à réduire l’usage des pesticides.

Organismes génétiquement modifiés: déjà plus d’un million d’ha au Vietnam ảnh 2Le maïs, un des trois plantes principales d'OGM cultivées au Vietnam. Photo : VNA

Au Vietnam, la superficie de cultures OGM oscille actuellement entre 1 et 1,2 million d’ha. Les trois plantes principales sont soja, maïs et coton.

Selon le Docteur Buu, le Vietnam est obligé de développer les OGM face aux effets du dérèglement climatique qui entraîne un recul des surfaces agraires.

Un point essentiel, selon le Docteur Bùi Chi Buu, c’est d’assurer la sécurité biotechnologique. À noter que le Vietnam a ratifié le Protocole de carthagène sur la biosécurité en 2004. Des lois et circulaires sur la sécurité alimentaire et la biodiversité ont aussi été élaborés par le gouvernement et le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

La prudence est de mise

Partageant l’avis du Docteur Bùi Chi Buu, le Professeur et académicien Trân Dinh Long, président de l’Association des Plantes génétiques du Vietnam, a souligné les nombreux bienfaits apportés par le développement des OGM. Mais il a rappelé que nombre de pays se refusent encore à utiliser les OGM, sur la base des  principes de précaution et de prévention.

Selon lui, pour simplifier, il existe trois groupes de pays : ceux qui utilisent complètement les OGM (États-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Argentine, Chine, Inde et Australie), ceux que sont contre (pays européens) et ceux qui restent indécis et attendent des études complémentaires.

Pour conclure, le Docteur Trân Dinh Long a appelé à la prudence, l'introduction d'espèces génétiquement modifiées étant susceptibles de poser des problèmes écologiques, d'invasivité, de pollution génétique, écotoxicologiques ou de santé humaine.

Ce forum a vu la participation d’une centaine de scientifiques venus d’instituts de Hô Chi Minh-Ville, des Universités Hoa Sen, des sciences naturelles, de l’agrosylviculture… et de nombreux étudiants. -CVN/VNA

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