Né sans bras ni jambes, il prouve que rien n’est impossible

Né sans membres, Nay Djrueng, de l’ethnie Jrai, a dû marcher à genoux sur les routes de montagne pour aller à l’école. Avec son énergie, son courage et sa gentillesse, le jeune a gagné l’estime de tous.
Né sans bras ni jambes, il prouve que rien n’est impossible ảnh 1Nay Djrueng remet un cadeau à une élève démunie. Photo: TP/CVN

Gia Lai (VNA) - Né sans membres, Nay Djrueng, de l’ethnie Jrai, a dû marcher à genoux sur les routes de montagne pour se rendre à l’école. Avec son énergie, son courage et sa gentillesse, le jeune homme a gagné l’estime de tous.

Bien que la guerre soit finie depuis longtemps, les conséquences qu’elle a laissées sur les habitants de la commune de Krông Nang, province de Gia Lai, dans le Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre), persistent. L’impact de l’agent orange/dioxine notamment demeure dans de nombreuses familles. La famille de Nay Djrueng est l’une des nombreuses victimes de ce défoliant.

Pendant la guerre américaine, les parents de Nay Djrueng étaient tous deux des miliciens opérant dans une zone où fut pulvérisé par l’US Air Force un produit chimique toxique tristement célèbre, l’agent orange/dioxine. Ils ont été exposés à ses conséquences délétères, notamment des malformations sur leur descendance.

Surmonter l’adversité

Le frère de Nay Djrueng est né avec une malformation et est mort peu après. Sa sœur a eu de la chance que ses membres soient normaux. En 1994, Nay Djrueng est né sans membres, ce qui a effrayé tous les villageois qui pensaient qu’il porterait malheur au village.

Plus il grandissait, plus il se rendait compte qu’il était différent des autres. Il était toujours triste et solitaire. Les enfants du village pensaient qu’il était le fils d’un fantôme de la forêt.

Même ainsi, le garçon était comme un “grand pin”, surmontant les regards et la discrimination de tous. Bien que son apparence n’était pas parfaite, les gens sentaient chez Nay Djrueng un cœur pur.

À 8 ans, Nay Djrueng a demandé à sa famille de l’envoyer à l’école. La distance n’était que de quelques kilomètres, mais chaque jour, ses genoux saignaient parce qu’il devait marcher sur ses moignons. Parfois, le garçon devait ramper sur une route rocailleuse et escarpée. Le rêve d’étudier l’a aidé à tout surmonter.

Au fil du temps, les genoux de Nay Djrueng sont devenus calleux, ce qui l’a aidé à emprunter plus facilement les routes de montagne.

“Peu importe la douleur que j’ai dû endurer, je ne me suis jamais plaint. Mais ce qui m’a fait mal, ce sont les regards moqueurs et les mots méchants”, se rappelle Nay Djrung. “Peu importe à quel point je me sentais triste et pitoyable, il y avait toujours en moi une volonté qui me poussait à avancer, à ne pas céder au destin. Apprendre à écrire était extrêmement difficile car je devais utiliser mes coudes pour serrer le stylo”, ajoute-t-il.

En 4e classe, Nay Djrueng a reçu des prothèses de la Croix-Rouge, ce qui signifiait beaucoup pour lui. Avec de nouvelles jambes, il a pu se tenir plus confiant avec tout le monde et participer aux activités scolaires.

Sa belle voix l’a aidé à remporter le deuxième prix d’un concours de chant organisé par le district de Krông Pa. Avec son bon cœur, son sourire et sa voix chaleureuse, le garçon a gagné l’estime de tous.

Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, Nay Djrueng a été admis dans un internat pour minorités ethniques, avec comme objectif d’étudier les technologies de l’information.

Lorsqu’il a réussi le concours d’admission à l’École supérieure des technologies de l’information de la ville de Dà Nang (Centre), ses parents étaient si heureux qu’ils se sont rendus dans toutes les maisons du village pour propager la bonne nouvelle. De nouvelles portes se sont ouvertes pour Nay Djrueng.

Transmettre l’inspiration

Actuellement, il travaille comme programmeur pour un site web à Hô Chi Minh-Ville. Le garçon des montagnes des hauts plateaux du Centre est un symbole et une fierté pour les habitants de la commune de Krông Nang car il a réalisé ses rêves et inspire tout le monde.

“Je fais des efforts chaque jour pour réaliser mon rêve de construire un espace de rencontre et d’épanouissement pour les personnes handicapées”, exprime-t-il. “J’essaie de créer un canal de communication où les personnes handicapées peuvent échanger et partager des expériences de vie pour surmonter ensemble les difficultés. Leurs histoires transmettront une énergie pour les aider à faire des choses significatives dans cette vie”, affirme-t-il.

Depuis 2014, il déploie le programme caritatif “Accompagner le cheminement scolaire”, puis il a changé son nom en Fonds “Traverser la saison des récoltes des hautes terres” avec l’espoir que les enfants puissent toujours aller à l'école.

Pour le mener à bien, il a collecté des fonds et demandé aux gens d’offrir de vieux manuels et des cadeaux aux élèves démunis de l’école primaire et secondaire Trân Hung Dao, et du lycée Dinh Tiên Hoàng, dans le district de Krông Pa.

À chaque rentrée scolaire, il vient dans les écoles pour offrir des cadeaux et partager son expérience.

Nay Djrueng a reçu de la Communauté des volontaires vietnamiens les prix “Le plus inspirant” et “Dévouement des jeunes à la communauté” en 2020.

“J’espère que les jeunes feront des choses significatives, même petites, pour la société. Mon plus grand souhait maintenant est d’apporter une petite contribution pour aider les enfants de mon village à étudier, à découvrir la vie et pas seulement à aller dans les champs tous les jours”, souhaite Nay Djrueng. -CVN/VNA

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