Hanoi (VNA) – Les faiblesses de 12 grands projets déficitaires des secteurs de l’industrie et du commerce seront prises en charge essentiellement fin 2018 et leur traitement radical est prévu pour 2020.

Le ministère de l’Industrieet du Commerce cherche à relancer la centrale bioénergétique de Dung Quât. Photo : VNA

Les mesures de traitement de 12 projets et entreprises déficitaires des secteurs de l’industrie et du commerce ont été adoptées fin septembre dernier, par procuration du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Trân Tuân Anh, vice-président permanent du Comité de pilotage du gouvernement pour le traitement de ces projets et entreprises déficitaires. Cette décision du gouvernement est entrée en vigueur dès la date de signature le 29 septembre 2017. Elle a pour objectif de résoudre radicalement les faiblesses et de remédier à la faillite de ces projets et entreprises, afin de limiter les pertes de l’État.

Tolérance zéro et inflexibilité

Les faiblesses seront prises en main essentiellement fin 2018 et l’achèvement du processus est prévu pour 2020. La priorité est accordée d’une part à la vente de projets aux partenaires étrangers et, d’autre part, à la dissolution des projets exposés au risque d’irrécouvrabilité des biens. «Le traitement a un principe important : c’est que l’État ne fournira aucun fonds supplémentaire aux 12 projets concernés», a affirmé le ministre Trân Tuân Anh.

Les maux dont souffrent ces 12 projets sont l’étonnante rapidité de leur conception, la lenteur de leur mise en œuvre, leurs problèmes avec les contracteurs EPC (ingénierie, fourniture des équipements et construction) à l’origine des ajustements du niveau d’investissement. Il faudra résolument les traiter conformément au mécanisme de marché, en gardant à l’esprit le respect du principe d’autonomie, d’autoresponsabilisation des entreprises, et le fait que l’État ne renflouera plus les projets déficitaires. La lenteur dans l’élaboration des politiques et mécanismes de réorganisation, de gestion des activités des entreprises publiques, ainsi que la lenteur de la restructuration, de l’actionnarisation et du désengagement de l’État sont aussi à blâmer, selon le Comité de pilotage de la rénovation et du développement des entreprises.

Le plan a demandé d’engager des changements plus vigoureux, fondamentaux et effectifs, dans la réorganisation, la rénovation, le développement et l’amélioration de la rentabilité des entreprises publiques. Il a indiqué que ces dernières devraient se focaliser sur les secteurs des services publics essentiels sur le plan social, de la défense et de la sécurité, ainsi que ceux qui sont délaissés par les autres acteurs économiques. Il faut réviser et prendre des mesures concernant les projets et  entreprises déficitaires, conformément aux mécanismes de l’économie de marché.

Le traitement devrait être achevé en 2020

L’usine de construction navale Dung Quât. Photo : MIC/CVN

Parmi les 12 projets déficitaires, six restent en opération. Il s’agit des quatre usines de production d’engrais azotés (Ninh Binh, Hà Bac, DAP Dinh Vu et DAP Lào Cai), de l’usine de construction navale Dung Quât et de l’aciérie Viêt Trung. Trois ont suspendu les travaux de construction à cause du manque de fonds : la centrale bioénergétique de Phu Tho, l’usine de poudre de papier Phuong Nam et l’usine sidérurgique de Thai Nguyên (2e  étape). Trois usines ont arrêté la production à cause d’un coût de revient très élevé : l’usine d’éthanol Binh Phuoc, l’usine PVTex Dinh Vu et la centrale bioénergétique de Dung Quât. Ces 12 projets représentent un investissement total de 63.610 milliards de dôngs (près de 2,8 milliards de dollars).

Sur ces 12 projets «faibles» désignés par le ministère de l’Industrie et du Commerce, cinq sont placés sous la gestion du Groupe gazo-pétrolier du Vietnam (PVN ou PetroVietnam). Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce Trân Tuân Anh, ces cinq projets sont crédités d’un investissement allant de 80 à 400 millions de dollars chacun. Quatre usines d’engrais relevant du Groupe des produits chimiques du Vietnam ont réussi à remédier à leurs faiblesses. La production se stabilise et ces quatre usines ont réduit leurs pertes. Pour l’aciérie Viêt Trung, une nette amélioration est observée. Depuis mars 2017, elle est rentable. Sur le premier semestre de l’année, elle a affiché un bénéfice de 67 milliards de dôngs et a versé au budget de l’Etat 293 milliards de dôngs d’impôts. – CVN/VNA