L’industrie pharmaceutique vietnamienne dans la cour des grands

Dans les prochaines années, le Vietnam devrait rester dans la liste des 20 pays où le développement du secteur pharmaceutique est le plus important au niveau mondial.

Hanoi (VNA) – Dans les prochaines années, le Vietnam devrait rester dans la liste des 20 pays où le développement du secteur pharmaceutique est le plus important au niveau mondial.

L’industrie pharmaceutique vietnamienne dans la cour des grands ảnh 1Une chaîne de fabrication de médicaments de la Compagnie par actions de produits pharmaceutiques Son Kim. Photo: VNA

Selon de grandes sociétés de recherche mondiales comme Business Monitor International (BMI) et Euromonitor International, l’industrie pharmaceutique vietnamienne a connu une croissance annuelle de 15,6% pour la période 2012-2016.

Depuis, cette augmentation est estimée à environ 16% chaque année et 7,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires sont envisagés en 2019. Pour les cinq années suivantes, le Vietnam devrait continuer à figurer parmi les 20 pays ayant la croissance du secteur pharmaceutique la plus forte et la plus stable du monde.

 
D’après le cabinet américain IMS Health, le Vietnam est présent dans le groupe des 21 pays où le secteur pharmaceutique a enregistré une forte croissance (pharmerging markets). Ce groupe est considéré comme le moteur du développement de l’industrie pharmaceutique mondiale. Les bonnes performances économiques, les conditions de vie des Vietnamiens en progression et leur demande constante en santé de qualité expliquent le dynamisme de l’industrie pharmaceutique nationale. Il s’agit d’une excellente opportunité pour les entreprises vietnamiennes d’investir dans le développement des matières premières et les  technologies.

À mesure que les technologies de fabrication sont devenues plus accessibles aux entreprises nationales, la production intérieure s’est développée pour se substituer aux importations. Le conditionnement s’est également amélioré. La confiance dans les produits domestiques s’est renforcée. Plusieurs joint-ventures sont apparus comme Roussel-Vietnam ou Sanophi-Pharma. Le pays offre en effet des avantages aux investisseurs étrangers comme une main-d’œuvre à bas coût et un taux d’alphabétisation élevé. Cependant, les conditions de fabrication restent difficiles. En diminuant la durée de vie des médicaments, la chaleur et l’humidité fragilisent leur qualité. Les prix sont peu à peu régulés par le marché.

Trois milliards de dollars d’importation en 2018

D’après un rapport publié par Euromonitor International, leader mondial des études de marchés stratégiques, les dépenses pour les médicaments au Vietnam restent faibles, estimées à 49,9 dollars par habitant en 2017, soit un tiers de la moyenne mondiale (147,4 dollars).

Selon les prévisions, ce chiffre devrait grimper à 85 dollars en 2020, puis à 163 dollars en 2025. En fait, près de 55% des produits pharmaceutiques écoulés dans le pays doivent être importés, dont une grande quantité de médicaments brevetés, qui coûtent chers puisque le pays n’est pas capable d’en produire.

Ces dernières années, les importations nationales de ces produits n’ont cessé d’aug-menter, passant de 2 milliards de dollars en 2014 à environ 2,5 milliards en 2016, puis à 2,82 milliards en 2017. En 2016, le Vietnam a acheté pour près de 200 millions de dollars de médicaments spécifiques, principalement de trois pays: France, Allemagne et États-Unis.

Sur la base de cette situation, il est probable que les importations nationales de produits pharmaceutiques franchiront la barre des 3 milliards de dollars cette année. La France et l’Allemagne demeurent les premiers fournisseurs avec 45,4% du total. Les États-Unis, l’Inde, la Grande-Bretagne et la Thaïlande sont aussi des fournisseurs importants. Une hausse considérable en valeur a été observée sur tous les marchés.

L’industrie pharmaceutique vietnamienne dans la cour des grands ảnh 2Infographic: CVN

 
Dans la "Stratégie nationale de développement de l’industrie pharmaceutique à l’horizon 2020 et vision 2030", le gouvernement prévoit d’investir jusqu’à 1,5 milliard de dollars dans ce secteur au cours des dix prochaines années afin de réduire la dépendance vis-à-vis des produits importés. Le gouvernement s’est également engagé à augmenter la proportion des médicaments produits dans le pays de 50% fin 2015 à 80% en 2020.

Un terrain fertile pour les entreprises

À présent, la production nationale de médicaments ne répond qu’à 45% des besoins, et l’approvisionnement des hôpitaux n’est pas encore assuré. Les produits issus de la médecine traditionnelle n’occupent que 1% à 1,5% des parts de marché. Selon les prévisions du ministère de la Santé, ce taux devrait passer à 30% au cours des cinq prochaines années grâce aux connaissances poussées disponibles sur près 4.000 espèces de plantes médicinales.

Beaucoup d’entreprises pharmaceutiques accélèrent leurs activités de recherche et construisent des usines de matières premières et d’extraction des principes actifs. Le but est de satisfaire 80% des besoins domestiques en médicaments et 20% en matières premières. Le Vietnam se prépare au vieillissement de sa population, ce qui signifie que sa demande en médicaments augmentera progressivement dans l’avenir, de sorte que les potentiels de croissance à long terme de ce secteur sont très élevés. Le pays s’affirme donc une destination attrayante pour les sociétés pharmaceutiques étrangères.

De nombreuses sociétés internationales ont utilisé la stratégie de M&A (fusions-acquisitions) pour profiter des installations au Vietnam, en particulier les grands réseaux de distribution. Car, selon la loi vietnamienne, les sociétés étrangères ne sont pas autorisées à distribuer directement des médicaments, les obligeant ainsi à passer par des entreprises domestiques. Parmi ces sociétés, citons Abbott (États-Unis), Stada (Allemagne), Taisho (Japon), Magbi Fund Limited (Hong Kong - Chine) et Super Delta Pte Ltd (Singapour).

Les entreprises pharmaceutiques nationales se concentrent sur les médicaments génériques, représentant des dépenses très faibles en recherche et développement. Ces deux dernières années, les agents du secteur ont investi massivement dans de nouvelles usines, changeant les styles de gestion pour s’adapter aux besoins du marché. Récemment, Vingroup a créé la Compagnie par actions Vinfa et lancé un projet de construction du Centre de recherche et de fabrication de médicaments Vinfa dans le district de Gia Binh, province de Bac Ninh (Nord), d’un capital total de 2.200 milliards de dôngs. Des sociétés pharmaceutiques bien connues telles que Traphaco, Imexpharm... inves-tissent également dans des centres de recherche high-tech pour créer de nouveaux produits. – CVN/VNA

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