Les services logistiques, des atouts à exploiter

La valeur totale du marché logistique du Vietnam pourrait représenter jusqu’à 25% du Produit intérieur brut (PIB) national, alors que ce secteur potentiel n’en occupe qu’environ 2-3%.
Hanoï (VNA) - La valeur totale du marché logistique du Vietnam pourrait représenter jusqu’à 25% du Produit intérieur brut (PIB) national, alors que ce secteur potentiel n’en occupe qu’environ 2-3%.
Les services logistiques, des atouts à exploiter ảnh 1Le hangar frigorifique de la Compagnie générale du commerce de Sài Gon (Satra) à Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA


Le secteur des services logistiques connaît un fort développement au Vietnam, avec une croissance annuelle de 15-16%, contribuant à 2-3% du PIB national. Le pays compte aujourd’hui quelque 3.000 entreprises fournisseuses, dont 70% basées à Hô Chi Minh-Ville. Sur ce total, 1.300 sont des sociétés nationales, occupant seulement 25% des parts de marché, selon Lê Duy Hiêp, président de l’Association des entreprises de services logistiques.

Les entreprises vietnamiennes sont toujours, pour l’essentiel, des PME dont le capital est de l’ordre de 4 à 6 milliards de dôngs. Seules 10% d’entre elles sont des prestataires directs, les autres n’étant que des intervenants au service d’une chaîne logistique internationale. De plus, leurs ressources humaines qualifiées sont insuffisantes: de 5% à 7% des effectifs.

Selon le dernier classement de la Banque mondiale (BM) de l’indice de performance logistique (IPL), le Vietnam s’est hissé au 39e rang en 2018, soit une progression de 25 places par rapport à 2016. Un record depuis 2007, année où la BM avait publié pour la première fois ce classement bisannuel. Au total, 160 pays sont passés au crible à travers six indicateurs: la douane, les infrastructures, les livraisons internationales, la qualité des services logistiques, la rapidité d’envoi, le suivi et la traçabilité. Selon un représentant du ministère vietnamien des Communications et des Transports, ce progrès est lié aux avancées du Vietnam en termes de compétence et de qualité des services logistiques ( 29 rangs), ainsi que de capacité de suivre et de retrouver les envois ( 41 rangs). Malgré cette avancée, ledit ministère affirme que le pays fait face encore à de nombreux problèmes dans ce secteur, dont des limites liées aux infrastructures et aux compétences des entreprises.

La force actuelle des entreprises logistiques vietnamiennes est l’investissement, l’exploitation portuaire et des entrepôts, les transports, les procédures douanières, l’investissement et le personnel qualifié. Cependant, la concurrence est rude face aux multinationales qui ont l’avantage de conclure des contrats avantageux avec de grands transporteurs maritimes mondiaux, d’avoir des capacités d’investissement et de gestion élevées et surtout de bonnes relations avec les expéditeurs mondiaux. Pas étonnant donc qu’elles détiennent des parts de marché considérables sur le territoire national. 

Un fort bel avenir

Les experts estiment que l’économie vietnamienne se porte bien, avec une production, une consommation intérieure et des exportations en constant progrès. Le chiffre d’affaires d’import-export du pays dépasse les 40 milliards de dollars par an et continue de progresser rapidement. Des bases solides pour la croissance des services logistiques. En outre, l’expansion de la production industrielle et du marché des biens de consommation se poursuit à une cadence rapide, en particulier les exportations de fruits et légumes surgelés, constituant ainsi une opportunité prometteuse de développement du secteur logistique.
Les services logistiques, des atouts à exploiter ảnh 2D'ici 2025, le pays vise un indice national de performance logistique se classant au 50e rang mondial au minimum. Photo : VNA

Ces 20 dernières années, le Vietnam a conclu plus d’accords de libre-échange que tous les autres pays de la région, devenant ainsi l’une des économies les plus intégrées au monde, avec un ratio de commerce des marchandises et des services au PIB dépassant plus de 170%. La croissance moyenne des exportations de marchandises a atteint 15% au cours des cinq dernières années, soit presque cinq fois plus que la croissance du commerce mondial. Le Vietnam émerge ainsi comme un centre de production industrielle mondial et l’une des premières destinations pour les investissements directs étrangers, en attirant environ 35 milliards de dollars en 2017.

Le pays a les atouts pour développer significativement ses activités de logistique. Il occupe en effet une position stratégique dans la région comme dans le monde pour le transport international: porte d’entrée de l’Asie du Sud-Est comme de l’Asie de l’Est, il est également un lieu de transit du fret mondial. C’est un pays en voie de développement: qu’il s’agisse d’industrie ou de distribution, l’essor de son économie entraînera nécessairement celui de la logistique. Son poids économique actuel résulte aussi d’un modèle fondé principalement sur l’export. Les politiques et réglementations liées aux activités logistiques ont évolué en vue de créer des conditions favorables au développement de ce secteur. La décision No200 du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, en date du 14 février 2017, a fixé pour objectif, d’ici à 2025, un taux de croissance des services logistiques de 15-20% par an et un indice national de performance logistique se classant au 50e rang mondial au minimum. 

Réduire les coûts, un impératif

La logistique joue un rôle majeur pour l’économie. Pourtant, le fardeau des frais et taxes constitue un grand obstacle pour les entreprises, plombant de fait la compétitivité de l’économie nationale sur le plan international. Ces entraves ne se limitent pas aux questions de transport, de livraison ou de commerce extérieur. En effet, la logistique touche aussi des services plus intimement liés à la production: gestion des matières premières d’input, organisation de la production, emballage, formalités douanières, distribution, secours.

Outre ces problèmes, on trouve aussi des déséquilibres au sein du réseau de communication: le transport routier (coût élevé) domine alors que le transport maritime (coût bas) est restreint. Quant au transport aérien, il reste marginal.
Les dépenses logistiques annuelles représentent 18% du PIB national, soit presque le double de celles des économies développées et largement supérieures à la moyenne mondiale établie à 4%. Ce coût est relativement élevé par rapport aux autres pays de la région comme Singapour (8,5%), Malaisie (13%), Philippines (13%), Thaïlande (15%).

Pour réduire les coûts de manière efficace, il est nécessaire d’augmenter le ratio d’externalisation des services logistiques et de promouvoir la coopération entre les propriétaires de biens et les entreprises de services logistiques. Dans le même temps, ces entreprises doivent être sensibilisées à l’application des solutions technologiques avancées dans la gestion des transports, des entrepôts. Il s’agit aussi des solutions de gestion intégrée pour améliorer leur efficacité opérationnelle et leur compétitivité. Outre la réduction des coûts de transport, la formation des ressources humaines qualifiées est également une priorité. Ainsi, établissements de formation, associations et entreprises devraient-ils se coordonner en ce sens. Plus précisément, il serait nécessaire d’établir des normes de compétences pour différents postes et d’accroître la participation à la formation des personnes directement impliquées dans ce secteur, afin de profiter de ce transfert d’expériences pour une meilleure adaptation des formations aux besoins du marché.-CVN/VNA

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