Les fléaux du cancer du foie et de l’abus d’alcool au Vietnam

Le nombre de personnes souffrant d'une maladie du foie, notamment du cancer, grimpe rapidement au Vietnam. L’abus d’alcool se trouve être la principale raison de cette dégradation de la situation.
Les fléaux du cancer du foie et de l’abus d’alcool au Vietnam ảnh 1Dans une brasserie de la rue Kim Nguu, arrondissement de Hai Bà Trung, à Hanoï. Photo : CVN
Hanoï (VNA) - Le nombre de personnes souffrant d'une maladie du foie, notamment du cancer, grimpe rapidement au Vietnam, jusqu’à atteindre le niveau d'alerte rouge. L’abus d’alcool se trouve être la principale raison de cette dégradation de la situation.

Selon Nguyên Phuong Nam, du bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Vietnam, le Vietnam se situe au 3e rang en Asie en termes de consommation d’alcool annuelle. En 2016, les Vietnamiens ont bu 3,8 milliards de litres de bière, et, l’année suivante, ce chiffre est monté à 4 milliards de litres.

Ainsi, en moyenne, une personne boit environ 42 litres de bière par an au Vietnam, sans compter les importations. La consommation excessive d'alcool provoque la cirrhose du fait que les tissus cicatriciels s'accumulent dans le foie. Partant, les patients atteints de cirrhose sont 200 fois plus susceptibles de développer un cancer du foie. Les maladies du foie apparaissent généralement de manière discrète mais présentent des conséquences graves si elles sont détectées trop tard.

Selon le ministre de la Santé, les récentes enquêtes et sondages montrent que la consommation de boissons alcoolisées au Vietnam est dramatique et tend à empirer selon les trois principaux critères pertinents: le nombre de litres d’alcool/personne/an, le nombre de consommateurs et le nombre d’abus par personne et par an.

Le Vietnam fait partie des pays dont le taux d’hommes consommateurs est le plus élevé dans le monde. En 2015, 80,3% des hommes vietnamiens consommaient de l’alcool régulièrement. De ce fait, la modération dans l’absorption d’alcool est un des défis majeurs pour le pays.

Le Vietnam au 3e rang mondial en termes de cancer du foie chez les hommes

Selon l'OMS, le Vietnam est classé parmi les pays ayant le taux de cancer du foie les plus élevés au monde, à savoir au troisième rang pour les hommes. D’après les statistiques de l’OMS en 2018, 325 millions de personnes sont infectées par les hépatites B et C dans le monde et environ 782.000 sont mortes d’un cancer du foie. 83% des personnes souffrant d’un cancer du foie sont répartis dans des pays en développement, y compris le Vietnam. La proportion de cancéreux du foie au Vietnam se situe, en moyenne, autour de 29 pour 100.000 habitants.

Chaque année, le pays compte 21 millions de personnes infectées par les virus de l'hépatite B et C, 8 millions atteintes de cirrhose et de cancer du foie et 22.000 personnes décédées d'un cancer du foie.

Le coût annuel du traitement de cette maladie est de 60 à 200 millions de dôngs par patient (de 2.600 de dollars à 8.600 de dollars). L'OMS avertit qu’à défaut de mesures rapides et générales, le nombre de personnes infectées par le virus de l'hépatite augmentera plus vite dans les prochaines années, pour atteindre le chiffre de 20 millions de personnes entre 2015 et 2030, selon les estimations.

Le Professeur-Docteur Mai Hông Bang, directeur de l'hôpital militaire central 108, a déclaré que le cancer du foie était la forme la plus courante de ce type de maladie. Le problème est essentiellement dû au manque de connaissances à son propos, à l'absence de vaccination contre l'hépatite B et au manque de contrôle périodique du foie.

Le foie attaqué de toutes parts

Des recherches sur les personnes en proie à ces maladies à l'hôpital d'Amitié de Hanoï ont montré que des aflatoxines étaient présentes dans le foie de plus de 83% des patients. Cette toxine est issue de la moisissure se développant sur de nombreux types de céréales (maïs, riz, blé...), de graines oléagineuses (arachide, soja, tournesol...), d’épices (curcuma, gingembre, poivre...) et de noix comme les châtaignes...

De la même manière, un mauvais lavage des ustensiles de cuisine en bois ou leur humidité prolongée peut donner lieu à la naissance de bactéries champignonnières dangereuses pour le foie.

Le surpoids et l'obésité sont le deuxième facteur de risque de cancer du foie. En outre, les personnes atteintes d'hépatite B, C, de stress prolongé, de surcharge hépatique en fer, de tabagisme, de diabète ou qui sont issues d’une famille présentant des précédents… sont exposées à un risque plus élevé de développer un cancer du foie.-CVN/VNA

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