Les entreprises doivent mieux se renseigner sur les instruments de défense commerciale

Depuis quelques temps, les mesures de défense commerciale touchant les produits d’exportation vietnamiens se multiplient. Ces défis poussent les entreprises à s’ajouter voire à se transformer en profondeur

Hanoi (VNA) - Depuis quelques temps, les mesures de défense commerciale touchant les produits d’exportation vietnamiens se multiplient. Ces défis poussent les entreprises à s’ajouter voire à se transformer en profondeur.

Les entreprises doivent mieux se renseigner sur les instruments de défense commerciale ảnh 1Les produits en fer et en acier occupent trois quarts des procès à l’encontre des subventions publiques. Photo: CVN
 

La hausse du volume des exportations conduit à l’augmentation des procès en défense commerciale qui sont, en réalité, des mesures protectionnistes visant à défendre les industries nationales. Le Vietnam, pays à vocation d’exportation, observe une croissance de ce chiffre d’affaires sur plusieurs grands marchés. Aujourd’hui, le solde de la balance commerciale est positif sur tous les marchés, à l’exception de la Chine et de l’ASEAN.

Autre raison qui explique les procès anti-dumping contre les produits vietnamiens: le fait qu’ils soient le plus souvent exportés sous forme brute. Le taux de produits transformés est en effet faible. L’attractivité des marchandises exportées du Vietnam se base donc sur leur prix, qui constitue également le premier critère pour déclencher une procédure. Ces procès, autorisés par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), constituent un outil de protection des industries nationales en cas de pratiques déloyales ou d’augmentation massive d’importations susceptibles de déstabiliser durablement une branche de production nationale.

Pour le Vietnam, les articles qui y sont exposés sont souvent des produits phares. D’où de lourdes et dommageables pertes. Dans le contexte d’intégration économique mondiale, les risques de voir de tels procès être intentés sont réels et nombreux. Les entreprises doivent étudier scrupuleusement les règlements de chaque pays et réunir une équipe performante pour constituer une défense solide en cas d’accusation. En outre, selon le Département de gestion de la concurrence, pour prévenir les procès en défense commerciale, les entreprises doivent investir davantage dans la transformation pour augmenter le prix des produits. Sans omettre la diversification des marchés et des marchandises exportées, deux autres solutions pour limiter l’engagement de procès par les producteurs locaux.

Augmentation des procès commerciaux

Avec l’intégration de plus en plus profonde du Vietnam dans l’économie mondiale, les procès en matière de commerce international ont tendance à augmenter, alors que nombre d’entreprises vietnamiennes demeurent passives, notamment en termes de défense commerciale.

D’après Nguyên Thi Thu Trang, directrice du Centre de l’OMC et de l’intégration, relevant de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), 107 procédures en défense commerciale impliquaient des entreprises vietnamiennes, dont 78 en matière d’antidumping, 12 à l’encontre des subventions publiques et 17 contre la fraude fiscale. Sans compter de nouvelles barrières dont les exportations vietnamiennes ne concernent pas directement. Toujours selon Nguyên Thi Thu Trang, les États-Unis, qui sont l’un des premiers marchés d’exportation du Vietnam, représentent environ 20% du total des procès antidumping à l’encontre de ses produits. Parmi 78 affaires de ce genre, 37 concernent les importations en fer et en acier. Ces produits occupent également trois quarts des procès à l’encontre des subventions publiques.

"Les entreprises vietnamiennes devraient enrichir leurs connaissances sur les procédures dans les affaires économiques, se renseigner sur les marchés d’exportation ainsi que rendre transparents leurs documents comptables", a-t-elle proposé.

L’accélération de l’intégration à l’économie mondiale avec la multiplication des accords de libre-échange donnera aux entreprises vietnamiennes de grandes opportunités de développer leurs débouchés, en particulier dans les secteurs des produits aquatiques, du textile et de l’habillement, du riz, des chaussures et des sandales... Mais cela entraînera davantage de procédures. Aux dires d’experts, en raison des difficultés économiques, tous les pays recourent davantage à des mesures de défense commerciale pour protéger leurs entreprises, notamment en exploitant les diverses règles en matière de dumping. Les entreprises vietnamiennes sont souvent passives devant de telles procédures qu’elles ne maîtrisent pas tant sur le fond que sur la forme. Et, de fait, beaucoup se contentent purement et simplement de les ignorer en n’ayant pas conscience des conséquences possibles pour leurs activités.

"Les entreprises domestiques devraient apprendre à exploiter pleinement les outils qu’offre la défense commerciale, d’abord en étudiant la loi vietnamienne en la matière. Il leur faudrait ensuite faire preuve de plus de responsabilités en participant aux procédures dans lesquelles elles sont impliquées en collaborant avec autorités nationales, associations professionnelles et économistes afin de trouver la meilleure solution", a indiqué un spécialiste de la VCCI.

Désintérêt des entreprises

Selon un rapport du Département de gestion de la concurrence, les ordonnances sur la défense commerciale, entrées en vigueur il y a une dizaine d’années, sont encore négligées par les entreprises et les associations professionnelles, y compris en cas de litige avéré, dans leurs relations d’affaires à l’international, et ce en dépit du fait que les entreprises sont en plein processus d’intégration à l’économie mondiale. Nombreuses sont celles qui hésitent à engager des procédures en matière de défense commerciale, ou même à simplement recourir à l’office d’un avocat et, en cas contraire, sont réticentes pour renseigner suffisamment leurs dossiers, y compris ceux qui sont destinés aux organismes d’enquête.

En dehors de la question du coût de telles procédures, qui inquiète essentiellement les PME, la collecte de documents et de preuves s’avère toujours problématique. En effet, selon un sondage effectué par le Centre de l’OMC et de l’intégration, 71% des entreprises ont répondu qu’il était difficile de réunir les éléments nécessaires pour constituer un dossier, en particulier pour démontrer les pratiques déloyales, notamment en termes de marges comparées des produits importés et domestiques, réduisant à néant toute perspective de procédure. Pis, des difficultés plus élémentaires ont été constatées car "si 35% affirment ne pas être en mesure de démontrer les pertes résultant des pratiques déloyales d’entreprises étrangères, 61%, en revanche, sont incertaines de la réalité de telles pratiques... contre seulement 4% qui ne rencontrent aucun problème en vue de l’introduction d’une procédure", a précisé Nguyên Thi Thu Trang. -CVN/VNA
 

Voir plus

Des clients effectuent des transactions au siège de la société boursière Bao Viet. Photo : VNA

Le Vietnam poursuit les réformes après le relèvement de son statut sur le marché boursier

À partir du 21 septembre, le Vietnam sera officiellement reclassé de marché frontière à marché émergent secondaire, selon FTSE Russell. Cette étape importante exige de poursuivre les réformes institutionnelles, de moderniser les infrastructures, de faciliter l’accès des investisseurs étrangers et d’améliorer la gouvernance ainsi que la transparence des entreprises cotées.

Lors de l’entretien entre les délégations de la province vietnamienne de Diên Biên et de la province lao de Bokeo. Photo : VNA

Les localités tissent des liens touristiques entre le Laos, le Vietnam et la Thaïlande

La visite de travail de la délégation de la province vietnamienne de Diên Biên dans la province lao de Bokeo ouvre de nouvelles perspectives pour le développement d’un tourisme durable dans les deux provinces ainsi que pour les liaisons touristiques entre le Laos, le Vietnam et la Thaïlande, tout en renforçant la grande amitié, la solidarité particulière, la coopération intégrale et la cohésion stratégique entre le Vietnam et le Laos.

La délégation de l’Audit d’État du Vietnam et la délégation du Comité de contrôle d'État de Biélorussie. Photo: VNA

L'Audit d'État du Vietnam intensifie ses activités de coopération internationale

Lors de l'ouverture du séminaire international, les délégués ont salué les avancées de l'Audit d'État du Kazakhstan en matière de surveillance des finances publiques et de transformation numérique, tout en soulignant l'impératif pour les organes de contrôle d'innover face aux mutations technologiques tout en préservant leur indépendance et leur jugement professionnel.

Le vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc (cinquième à partir de la gauche) et les chefs de délégation des pays de l'ASEAN et de la Chine posent pour une photo de groupe. Photo : VNA

Le vice-PM permanent Pham Gia Tuc propose quatre axes de coopération ASEAN-Chine

Dans le cadre plus large des relations entre l’ASEAN et la Chine, la coopération commerciale et en matière d’investissement entre le Vietnam et la Chine a insufflé une dynamique puissante et joué un rôle clé dans la connexion des marchés et des chaînes de production, tout en favorisant une coopération substantielle dans de nombreux domaines.

Le Dr Quach Truyen, spécialiste de la biotechnologie végétale et fondateur de PlantEdits, entreprise américaine spécialisée dans les services de transformation végétale et d’édition génomique. Photo: VNA

Un expert voit dans la biotechnologie végétale un levier pour l’agriculture vietnamienne

Le Vietnam dispose d’un important potentiel pour développer la biotechnologie végétale grâce à la richesse de ses ressources génétiques et aux progrès de l’intelligence artificielle, du Big Data et de l’édition génomique. Pour transformer ces atouts en valeur ajoutée, il doit toutefois renforcer les liens entre recherche, entreprises et transfert de technologies.

Les ports de Hô Chi Minh-Ville sont toujours en pleine effervescence, avec des navires qui chargent et déchargent des marchandises Photo : VNA

Hô Chi Minh-Ville veut faire des ALE un moteur des exportations

Selon un plan récemment publié par le Comité populaire municipal, la ville déploiera une série de mesures visant à renforcer la compétitivité des entreprises, à promouvoir des exportations durables, à élargir les débouchés et à favoriser une intégration plus poussée des entreprises locales dans les chaînes de valeur et d’approvisionnement mondiales.

La transformation numérique valorise les valeurs traditionnelles de l'artisanat en faisant rayonner l'histoire des artisans et de leur terroir auprès d'un plus large public. Photo: VNA

Le numérique propulse le "made in Vietnam" vers de nouveaux horizons

Loin de remplacer l'authenticité des produits artisanaux, le numérique met en lumière l'histoire des artisans et de leur terroir auprès d'un plus large public. En rapprochant directement les producteurs des consommateurs, la technologie permet à des produits de niche de s'affranchir des distances pour conquérir de nouveaux marchés.