Le culte de l’eau chez les Êdê

Les Êdê célèbrent le culte de l’eau, source intarissable de bienfaits

À la fin du 12e mois lunaire, cette ethnie minoritaire organise un culte de l’eau, gage de santé, de prospérité et de bonne fortune pour toute la communauté.

Dak Lak (VNA) - L’eau joue un rôle important dans la vie spirituelle et quotidienne des Êdê. À la fin du 12e mois lunaire, cette ethnie minoritaire organise un culte de l’eau, gage de santé, de prospérité et de bonne fortune pour toute la communauté.

Les Êdê célèbrent le culte de l’eau, source intarissable de bienfaits ảnh 1Le sorcier prie pour une source pure et inépuisable. Photo: CVN

Rattachés au groupe linguistique malais, les Êdê vivaient autrefois dans les basses terres du Centre du Vietnam avant de migrer vers les Hauts plateaux du Centre (Tây Nguyên). On trouve les Êdê dans les provinces de Dak Lak, Gia Lai, Phu Yên, Khanh Hoà et Dak Nông. L’image des fleuves et des bateaux, liée à leurs racines ancestrales, est omniprésente dans leur culture.

Dans le choix d’un lieu d’installation, outre de bonnes terres pour l’agriculture, la présence d’eau est l’élément fondamental. Les villages sont baptisés selon le nom des personnages qui ont marqué l’histoire de l’ethnie mais aussi le nom des cours d’eau. La personne qui découvre un point d’eau en devient propriétaire, ainsi que des terres alentours.

Culte au Génie de l’eau

De génération en génération, les Êdê ont comme tradition de respecter les sources et cours d’eau, qui sont considérées comme supérieurs au riz et au sel. Pour eux, rien n’est plus précieux qu’un ruisseau proche du village, intarissable quelle que soit la saison. Et pour s’assurer que cette ressource perdure, on se doit de lui faire des cultes. «Des rites sont pratiqués dès la naissance des villages. On annonce aux divinités que cette terre est peuplée, et on leur demande de protéger les habitants», souligne un Êdê de la ville de Buôn Ma Thuôt, province de Dak Lak. Et d’ajouter que le culte du génie de l’eau est sur un pied d’égalité avec celui des ancêtres.

Lors des derniers jours du 12e mois lunaire, les villageois se réunissent pour discuter de l’organisation du fameux culte. Les hommes sont chargés de nettoyer les alentours du cours d’eau et de préparer les berges. Les personnes âgées et les femmes arrangent le domicile et balayent les chemins du village. Trois jours avant la célébration officielle, les hommes édifient une porte en bambou sur la berge, pour interdire la prise d’eau à cet endroit.
 

Les Êdê célèbrent le culte de l’eau, source intarissable de bienfaits ảnh 2Les villageois versent l’eau dans les jarres d’alcool pour inviter le génie et les ancêtres à prendre part à la cérémonie de culte. Photo: CVN

La cérémonie de culte se déroule sur trois jours. Le premier jour, de bon matin, les villageois se regroupent chez le propriétaire du cours d’eau. Les hommes préparent les offrandes, les femmes font la cuisine. Les offrandes se composent d’un cochon noir, de neuf jarres d’alcool de riz, de bétel et noix d’arec, de riz, de tabac, de sang de cochon additionné d’alcool.

Le village à l’arrêt pendant trois jours

Un groupe dirigé par un chaman,- intercesseur entre les hommes et leurs dieux, entre les vivants et les morts,- se dirige vers la berge. Le sorcier tient une tasse de sang de cochon, une bouteille d’alcool et cinq brochettes de viande de porc. Le sorcier est suivi par le patriarche du village, bouclier et couteau en main pour le protéger, par cinq jeunes femmes portant dans des hottes des calebasses séchées et cinq hommes portant sur leurs épaules des tubes en bambou.

Lors de la cérémonie, le sorcier prie pour une source pure et inépuisable, et une bonne santé pour tous. Après, il fend le courant, pour chasser la malchance. Femmes et hommes l’accompagnant puisent de l’eau pour remplir calebasses et tubes de bambou. Au retour, ils versent l’eau dans des jarres d’alcool pour inviter le génie et les ancêtres à prendre part à la cérémonie de culte.

Le deuxième jour, l’entrée au village est barrée. Des fils rouges et des plumes sont accrochés annonçant l’interdiction pour les étrangers de pénétrer. Les activités quotidiennes habituelles sont également interdites. Dans la maison longue, le chaman exécute différents rites. Puis, il distribue riz et fils rouges aux villageois pour qu’ils fassent le culte chez eux. Il entoure les poignets des jeunes de ces fils rouges qu’ils ne devront enlever sous aucun prétexte. Ils leur apporteront bonheur toute l’année.

Le troisième jour, après avoir terminé la cérémonie de culte, le sorcier, le patriarche du village et le propriétaire des berges du cours d’eau ouvrent la porte du village. La vie quotidienne revient à la normale. Durant les trois jours de la cérémonie, les villageois se réunissent régulièrement dans la maison commune pour déguster des spécialités traditionnelles.

Outre sa dimension religieuse, la cérémonie de culte de  l’eau est aussi une activité qui permet de souder la communauté. Après cette cérémonie importante qui intervient le dernier mois de l’année lunaire, les Êdê préparent les festivités du passage à la Nouvelle Année. – CVN/VNA

Voir plus

Le défilé d'ao dai est l'un des points d'orgue de l'événement le matin du 3 mars. Photo : baotintuc

Ho Chi Minh-Ville : le Festival de l'''ao dai" 2026 célébrera l’héritage et les ambitions de la mégapole

Organisé conjointement par le Département municipal du Tourisme et l’Union des femmes de Ho Chi Minh-Ville, le Festival de l'''ao dai" 2026 proposera un programme dense comprenant 17 activités majeures. L’objectif est d’intégrer cette tunique traditionnelle non seulement dans les spectacles artistiques, mais également au cœur de la vie quotidienne, urbaine et touristique. 

Bol en céramique de la culture Hoa Lôc. Photo : Musée de la céramique de la période fondatrice de la nation

Bol de la culture Hoa Lôc et statuettes polychromes reconnus trésors nationaux

Deux objets de Hô Chi Minh-Ville viennent d'être inscrits sur la liste des trésors nationaux : un bol en céramique de la culture Hoa Lôc (environ 4.000 à 3.800 ans av. J.-C.) et une collection de statuettes en céramique polychromes de Tam Quan Dai Dê, trois divinités célestes dans les croyances taoïstes.

Des jeunes découvrent le festival de Co Loa et le site de l’ancienne citadelle de Co Loa dans un espace numérique. Photo : nhandan.vn

À Hanoï, les fêtes traditionnelles entrent dans l’ère du numérique

Hanoï compte environ 1.500 festivals. Si la transformation numérique était d’abord centrée sur la communication et la promotion, son application à la gestion opérationnelle s’est élargie en 2026 à la sécurité, à l’ordre public et à la préservation de l’environnement.

L’“Artisan Émérite” Nguyên Dang Chê. Photo: baobacninhtv.vn

Nguyên Dang Chê, de l’âme et des couleurs des estampes de Dông Hô

Par son engagement passionné, Nguyên Dang Chê redonne vie à un héritage séculaire récemment inscrit au patrimoine culturel de l’UNESCO. Les couleurs de Dông Hô continuent de briller sur le papier dó, racontant l’histoire de la culture vietnamienne d’hier à aujourd’hui.

Programme artistique ouvrant la Fête des fleurs de bauhinie 2025. Photo: VNA

La Fête des fleurs de bauhinie 2026 s’épanouit plus tôt à Diên Biên

Célébrée chaque année par les ethnies minoritaires du Nord-Ouest à chaque retour du printemps, la floraison des bauhinies se fait plus précoce à cause des conditions météorologiques et du calendrier de floraison, a indiqué un représentant du Département de la culture, des sports et du tourisme de la province de Diên Biên.

La sérénité imprègne chaque ruelle de la vieille ville, alors que les échoppes n’ont pas encore ouvert leurs portes. (Photo : Thanh Phong/Vietnam+)

Aux premières lueurs du jour, Hoi An révèle sa beauté intemporelle et sereine

Aux premières lueurs de l’aube, loin de l’agitation touristique, Hoi An révèle une beauté mélancolique et d’une sérénité rare. La vieille ville, joyau classé au patrimoine mondial, semble alors exister hors du temps. Les rues pavées désertes, les façades ocre doucement éclairées et la brume légère sur la rivière créent une atmosphère intemporelle et apaisante. 

Le Comité provincial du Parti, le Conseil populaire, le Comité populaire et le Comité du Front de la Patrie de Ninh Binh viennent d'organiser la cérémonie solennelle de réception du certificat classant le complexe paysager et archéologique de Tam Chuc en Vestige national spécial. Photo : VNA

Tam Chuc, joyau spirituel de Ninh Binh, reconnu Vestige national spécial

Le Comité provincial du Parti, le Conseil populaire, le Comité populaire et le Comité du Front de la Patrie de Ninh Binh viennent d'organiser la cérémonie solennelle de réception du certificat classant le complexe paysager et archéologique de Tam Chuc en Vestige national spécial.

La conférence de presse sur la Journée de la poésie. Photo: qdnd.vn

Quang Ninh accueillera la Journée de la poésie vietnamienne 2026

Les festivités auront lieu dans les quartiers de Bai Chay et Ha Long, le jour de la pleine lune du premier mois lunaire. La Nuit de la Poésie sera le point d’orgue de cette édition. Le public pourra découvrir des œuvres sur la mer écrites par plusieurs générations de poètes vietnamiens, et écouter des lectures de poèmes accompagnées de performances musicales inspirées de textes poétiques.