Les deux gardiens d’un tombeau royal millénaire à Ninh Binh

Chaque jour, à Hoa Lu, ancienne capitale du pays il y a plus de 1.000 ans, une nonagénaire et son fils handicapé escaladent le mont Ma Yên. Ce sont les gardiens bénévoles du tombeau du roi Dinh Tiên Hoàng.

Ninh Binh (VNA) - Chaque jour, à Hoa Lu, ancienne capitale du pays il y a plus de 1.000 ans, une nonagénaire et son fils handicapé escaladent le mont Ma Yên. Ce sont les gardiens bénévoles du tombeau du roi Dinh Tiên Hoàng.

Les deux gardiens d’un tombeau royal millénaire à Ninh Binh ảnh 1Mme Suu s'occupe du tombeau du roi Dinh Tiên Hoàng et de ses environs depuis plus de 30 ans. Photo : DT/CVN  

Le tombeau du roi Dinh Tiên Hoàng, fondateur de la dynastie des Dinh (968-980), première dynastie féodale du Vietnam, trône au sommet du mont Ma Yên (littéralement la «Selle de cheval»), dans le district de Hoa Lu, province de Ninh Binh (Nord). Il fait partie du site historique de Hoa Lu, qui fut la première capitale du Dai Cô Viêt (premier État vietnamien vraiment indépendant). Cette capitale fut créée par ce fameux roi, avant d’être transférée, en 1010, sous la dynastie des Ly (1010-1225), à Thang Long (Hanoï actuelle).         

Les vestiges de l’ancienne capitale sont encore nombreux, en tête les décombres du Palais royal, et les temples dédiés au roi Dinh Tiên Hoàng et à son successeur Lê Dai Hành. Hoa Lu est devenu ces dernières décennies une destination très courue des amoureux d'histoire, mais aussi de nature car le cadre, magnifique, vaut à lui seul le détour.

Une mission sacrée de deux volontaires

De passage à Hoa Lu, beaucoup de visiteurs entreprennent l’escalade des 265 marches du mont Ma Yên, où trône le monumental tombeau orné de dragons du roi Dinh Tiên Hoàng. Là, ils peuvent embrasser du regard un vaste panorama, où montagnes calcaires dominent cours d'eau et rizières. Un paysage marqué par la rivière Hoàng Long, où se mirent la vieille pagode Nhât Tru, et les monts Ngoc (Perle) et Rông (Dragon). Là, au sommet du mont Ma Yên, les visiteurs croisent souvent une petite grand-mère, Duong Thi Suu, 92 ans, affairée à balayer ou à consolider les brinquebalantes marches taillées dans la montagne. «Je suis fière de ma terre natale et de son histoire millénaire, confie-t-elle. J’aime la raconter à tous, en vers parfois, que j’ai moi-même composés».

Les deux gardiens d’un tombeau royal millénaire à Ninh Binh ảnh 2Le tombeau du roi Dinh Tiên Hoàng trône au sommet du mont Ma Yên, dans
le district de Hoa Lu, province de Ninh Binh.
Photo : Thê Linh/CVN

Depuis 34 ans, jour après jour, la vieille dame, accompagnée de son fils Nguyên Van Nam, tient à cette mission qu’elle considère comme sacrée : garder et entretenir le tombeau du roi Dinh Tiên Hoàng. En 1982, le Centre des vestiges historiques et culturels de Hoa Lu cherchait un volontaire pour garder le tombeau royal. Mme Suu a répondu à l'appel, son fils a suivi. «Garder la dernière demeure du roi est pour nous un honneur. Mon fils, qui avait alors 20 ans, a aussi accepté ce travail bien qu’il n’y ait aucune rémunération», raconte la nonagénaire.

Au début, il a fallu retailler un chemin à travers les broussailles, consolider les marches, aménager le tombeau et les alentours.

Ils sont fiers de leur pays natal

Tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente, la vieille dame et son fils empruntent à pied le chemin de Hoa Lu, emportant dans des sacs bâtonnets d’encens, bougies, fleurs, parfois fruits et friandises (les 1er et 15e jours du mois lunaire notamment). Sans oublier un frugal repas de midi. Puis vient l’ascension du fameux Mont. Arrivé au sommet, ils nettoient le tombeau, enlèvent les herbes folles et préparent un plateau d’offrandes. «Les dépenses viennent des petites sommes offertes comme offrandes par les visiteurs», explique Mme Suu. Une tâche sans tambours ni trompettes, qu’ils font avec responsabilité depuis des décennies. 

«Je suis ravie de voir de plus en plus de visiteurs venir à  Ma Yên. J’aime leur raconter l’histoire de Hoa Lu, ma terre natale», confie la vieille gardienne, aussi guide touristique à ses heures, qui se délecte de leur raconter des histoires et anecdotes sur le passé éclatant de la vieille capitale, en vers notamment.

Son fils, Nguyên Van Nam, a 53 ans : «Ici, dans ce lieu sacré, on est serein. Moi, je marche clopin-clopant depuis vingt ans. Mais cela ne m’empêche pas de venir ici tous les jours». Interrogé sur la cause de son handicap, il confie : «C’est un accident, survenu un jour de l’année 1997. Il pleuvait fort ce jour-là, nombre d’arbres tombaient. Je suis monté au tombeau pour voir la situation et j’ai glissé dans le ravin. Quand je suis sorti du coma, j’étais à l’hôpital». S’en suivirent de longs mois de rééducation, «dans l’espoir de poursuivre ma tâche de gardien de la dernière demeure du roi», avoue-t-il. Quelques mois après, il a pu reprendre son «travail». Reste une seule différence : s'il lui fallait autrefois un quart d'heure pour grimper au sommet, une bonne heure lui est désormais nécessaire.

Tous les visiteurs qui ont la chance de croiser ces deux figures locales vous le diront : ils apportent vraiment un petit supplément d’âme au site. -CVN/VNA

Voir plus

L’Orchestre se produira sous la direction de Victor Jacob dans le concert "Florilèges français" à l’Opéra Hô Guom, à Hanoi

De grands musiciens se produiront au concert «Florilèges français» à Hanoi

Les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles interpréteront un programme de 90 minutes mêlant solistes, duos et œuvres orchestrales. Le concert accueillera également le ténor Julien Behr (Don José dans Carmen) et les artistes Fanny Valentin (soprano), Camille Taos Arbouz (mezzo) et Alexandre Adra (basse).

Des étudiants de l'Université Hung Vuong à la découverte des œuvres d'art célèbres présentées à l'exposition. Photo : VNA

Flux de la culture, un pont entre les cultures vietnamienne et sud-coréenne

À travers des œuvres artistiques, le public découvre les cultures et les peuples des deux nations, contribuant ainsi à la paix, à la coopération et au développement. L’exposition permet également aux jeunes générations de mieux comprendre le dynamisme du Vietnam et la richesse culturelle de la République de Corée.

La ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, Lâm Thi Phuong Thanh, fournit des éclaircissements sur certains points soulevés par les députés. Photo : VNA

Le Vietnam va dépenser au moins 2% du budget de l’État pour le développement culturel

La résolution stipule que le financement du développement culturel comprendra au moins 2% des dépenses budgétaires annuelles totales de l’État, en plus des ressources sociales mobilisées. Le ministère travaille en coordination avec le ministère des Finances du Vietnam et les organismes compétents afin de définir la structure de cette allocation et d’en garantir une utilisation efficace.

Lors de la séance de travail. Photo : VNA

Khanh Hoa appelée à devenir la ville de la photographie du Vietnam

Le 21 avril dans l'après-midi, une délégation du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, conduite par le vice-ministre Ta Quang Dong, s'est entretenue avec le Comité populaire de Khanh Hoa. Au cœur des échanges : le déploiement du projet « Construction et promotion de la marque nationale - Ville de la photographie du Vietnam » au sein de cette magnifique province.

Les entraîneurs des équipes vietnamienne et australienne lors d'une conférence de presse en Indonésie le 21 avril, avant la demi-finale du Championnat d’Asie du Sud-Est de football des moins de 17 ans. Photo : VFF

Championnat d’Asie du Sud-Est U17 : Vietnam-Australie, une demi-finale à enjeu

L’Australie possède une équipe solide, riche d’une vaste expérience internationale, et dotée d’une grande force physique et d’une discipline tactique exemplaire. Néanmoins, le Vietnam a étudié avec soin ses adversaires et élaboré des stratégies pour neutraliser leurs points forts tout en optimisant ses propres performances.

Un numéro artistique est présenté par la Troupe d'art des marionnettes de Hai Phong à la maison communale de Truc Cat, quartier de Le Chan. Photo : VNA

Exploitation de « la mine d’or » des industries culturelles : tout commence par la culture

À l’heure où la culture s’impose comme une ressource stratégique, le Vietnam entend transformer son riche patrimoine en levier de croissance et d’influence, en articulant créativité, technologie et identité. Entre préservation et innovation, les industries culturelles se dessinent ainsi comme un moteur clé d’un développement à la fois économique, durable et profondément enraciné dans les valeurs nationales.

L’artiste Le Huu Hieu. Photo : VNA

Un "ver à soie" vivant au cœur de l’art contemporain

Pour la première fois de son histoire, le Vietnam sera présent avec un pavillon à la 61e Biennale d’art de Venise, l’un des rendez-vous majeurs de l’art contemporain mondial avec l’installation « Tằm » (Baco da seta ou Ver à soie) de l’artiste Le Huu Hieu. Cette oeuvre s’impose comme un point focal — à la fois par sa force visuelle et par la profondeur de sa pensée.