Les crues, un don de la nature pour le delta du Mékong

Depuis quelques années, le delta du Mékong n’avait pas connu de crues poussant ainsi les agriculteurs à dépenser davantage en engrais et en pesticides.
Les crues, un don de la nature pour le delta du Mékong ảnh 1La pêche aux «ca linh» dans la commune de Thuong Thoi Tiên, district de Hông Ngu, province de Dông Thap. Photo : ManhLinh/VNA/CVN

Hanoi (VNA) - Depuis quelques années, le delta du Mékong n’avait pas connu de crues poussant ainsi les agriculteurs à dépenser davantage en engrais et en pesticides, avec les conséquences que l’onconnaît sur l’environnement. Cette année, les crues sont au rendez-vous.Un cadeau du ciel.

Les inondations affectentde nombreusesr égions du monde. Elles causent souvent des dommages importants mais apportent aussi des bienfaits car elles fertilisent les terres agricoles en apportant limons et matières organiques. Depuis longtemps, la vie des paysans du delta du Mékong est rythmée par la saison de la «montée des eaux». Elle commence en septembre et se termine aux alentours de novembre ou décembre.

Ces dernières années, le delta du Mékong n’avait pas connu de crues. Un manque qui s’était fait cruellement ressentir car ces dernières avaient jusque-là agi comme une espèce de régulateur. Car à mesure que la terre devient aride, elle se salinise donc perd en fertilité. Le seul moyen de combler ce manque est d’ajouter plus d’intrants (engrais, amendements, produitsphytosanitaires), d’où des coûts de production plus élevés.

Heureusement, cette année, les crues sont précoces et la hauteur des eaux est supérieure à celle observée les années précédentes. Un cadeau pour les paysans de la région, mais aussi pour d’autres corps de métier.

Joie dans les champs et les villages de métiers

Nguyên Van Nam, un paysan du chef-lieu de Hông Ngu (province d’An Giang), vit de la pêche. Cette année, grâce à la montée des eaux, la pêche aux «ca linh» (Henicorhynchussiamensis), unevariété de carpe asiatique, estprolifique. Luiet son fils en capturent chaque jour de 50 à 70 kg. «Nous les vendons 60.000 dôngs le kilo. Les affaires vont bien. Plus les eauxsonthautes, plus les poisons linhs ont nombreux», partage-t-il.

Les crues, un don de la nature pour le delta du Mékong ảnh 2Fabrication des barques dans le district de Lai Vung, province de Dông Thap.  Photo: VNA

Mais il n’y a pas que les paysans et les pêcheurs qui voient d’un très bon œil le retour des crues. Le village de Bà Dài, commune de Long Hâu, district de Lai Vung, province de Dông Thap, est spécialisé depuis un siècle dans la fabrication de barques. Il en fabrique toute l’année, avec un pic de mai à octobre. Selon Dông Van Banh, un artisan fort de 40 ans d’expérience, «ces dernières années, en raison du manque de crues, mon atelier n’en fabriquait que de 700 à 1.000  par an. Cette année, 1.200 à 1.300 sont prévues. Les prix varient entre 400.000 et un million de dôngs l’unité, pour 80.000 à 120.000 dôngs de gain».

Trân Van Hùng, président du Comité populaire de la commune de Long Hâu, informe que ce village de métier a été reconnu en 2014 patrimoine immatériel national. Bà Dài compte 40 ateliers contre 140 il y a quelques années. Cette année, les crues étant au rendez-vous, la demande en barques s’envole. La production a augmenté de 20 à 30% par rapport aux années précédentes et cinq nouveaux ateliers ont vu le jour.

Un phénomène à double tranchant

L’optimisme est aussi de mise dans des villages de métier de la commune de Long Hung B, district de Lâp Vo, province de Dông Thap, spécialisés dans la fabrication de filets de pêche. Dang Ngoc Chiên est l’heureux propriétaire d’un atelier de 70 ouvriers :«Nous fabriquons chaque jour de 5.000 à 10.000 filets. Cette saison des crues, les commande sont bondit de 20% à 30 %». Lê Van Dem, vice-président du Comité populaire de la commune de Long Hung B, fait savoir que le village compte 147 foyers spécialisés dans cet artisanat, employant 500 travailleurs. La production est écoulée dans le delta du Mékong, mais aussi au Laos et au Cambodge.

Les  crues apportent des alluvions ainsi que des poissons dans les rizières. Elles permettent de débarrasser les sols des produits chimiques et autres polluants, mais également de détruire les ravageurs des cultures (insectes, rongeurs….). Sans les crues, les agriculteurs doivent dépenser davantage en engraiset pesticides, avec les conséquences que l’on connaît sur l’environnement et la qualité des aliments.

Les secteurs agricoles des provinces du delta du Mékong sont en train d’élaborer des plans de culture en liaison avec la montée et la baisse des eaux.

En outre, afin d’assurer la production pendant la saison des crues, dès le mois de juillet, les Services provincial de l’agriculture et du développement rural de Long An et des provinces en amontontdemandé aux localités de faire des prévisionssur la montée des eaux, de restaurer les digues… -CVN/VNA

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