L’économie de Hanoi après 30 ans de Renouveau

Trente ans après le début du dôi moi, la croissance économique de la capitale est passée de 4,48% durant le quinquennat 1986-1990 à 9,23% lors de celui de 2011-2015.

Soixante et un ans se sont écoulés depuis la libération de Hanoi, le 10 octobre 1954. Depuis, l’économie municipale s’est continuellement efforcée de promouvoir, étape par étape, un développement solide et une profonde intégration à l’économie mondiale.

Depuis la fin des années 1980, après 30 années de collectivisme et de centralisme, l’État a entrepris de relancer son économie en pleine crise. Le dôi moi - ou Renouveau - témoigne de sa volonté d’intégrer le monde, de développer l’initiative privée et de décollectiviser les moyens de production, même si le foncier demeure sous son contrôle.

L’économie de Hanoi après 30 ans de Renouveau ảnh 1Premier pont à haubans de Hanoi, Nhât Tân, ouvert au trafic en janvier 2015, est le pont à haubans au plus grand nombre de travées en Asie du Sud-Est. Photo: VNA

Trente ans après le début du dôi moi donc, la croissance économique de la capitale est passée de 4,48% durant le quinquennat 1986-1990 à 9,23% lors de celui de 2011-2015. Le revenu per capita a atteint 3.600 dollars, soit 1,8 fois celui de 2010. La structure de l’économie a évolué positivement, avec le secteur des services participant à 54% du PIB local, l’industrie à 41,5%, et l’agriculture à 4,5%. Par nature d’acteurs, les secteurs public à 43,6%, privé vietnamien à 38,9%, et privé d’investissement direct étranger à 16,5%. La transition vers une économie socialiste de marché s’est, et se poursuit de manière satisfaisante.

Hanoi possède des avantages attrayants pour les investisseurs : une main-d’œuvre peu coûteuse et des politiques d’occupation foncière intéressantes. Des parcs industriels, créés sur du foncier agricole, contribuent largement à la production industrielle. Par ailleurs, en août 2008, le gouvernement vietnamien a décidé d’étendre les limites administratives de la capitale, qui est, sur le plan administratif, une grande ville et ses satellites comprenant zones périurbaines et rurales afin d’assurer sa subsistance et sa sécurité.

Hanoi a ainsi absorbé la province de Hà Tây, outre quelques districts des provinces avoisinantes de Vĩnh Phúc et Hòa Bình. Cette même année, le gouvernement a aussi décidé d’encadrer son développement par un schéma directeur ambitieux pour 2030 afin que la capitale soit au niveau des grandes métropoles d’Asie. Le secteur industriel recrute de plus en plus de personnes en âge de travailler dans le delta du fleuve Rouge, notamment à Hanoi élargie. La capitale représente maintenant 40% de la production industrielle nationale et 45% du chiffre d’affaires à l’exportation du pays.

Vers la création de la CEA

La Communauté économique de l’ASEAN (CEA) verra le jour à la fin de cette année. La création et le développement de la CEA entraîneront une croissance supplémentaire du PIB national de l’ordre de 14,5%, et de l’emploi de 10,5%. Toutefois, elle posera aussi des défis à ses membres : les entreprises vietnamiennes devront faire face à de nouvelles problématiques pour elles, comme la diversification et  l’augmentation des produits importés, des produits et services de meilleure qualité... En résumé, une nouvelle et plus forte concurrence qui posera inévitablement au Vietnam la question de ses moyens d’y faire face.

L’année 2015 est définitivement une année de profonde intégration à l’économie mondiale pour le Vietnam et, plus particulièrement, à l’économie régionale. L’apparition de la CEA n’est autre que celle d’un marché commun important au niveau de la région, reposant sur les trois piliers politique-sécurité, économie, culture-société. Si la CEA ouvre des opportunités, elle apportera aussi des défis pour le Vietnam, dont Hanoi. La capitale, l’un des premiers centres économiques du pays, connaîtra une même problématique alors qu’elle intensifie son industrialisation, sa modernisation et son intégration à l’économie régionale comme mondiale.

L’intégration est une tendance générale et inévitable dans le monde aujourd’hui qui apporte biens, services, capitaux et technologies pour une implication plus profonde à la chaîne de valeur mondiale. Mais pour réussir cette double intégration régionale et mondiale, le Vietnam doit d’abord pallier ses faiblesses comme, entre autres, un droit incomplet ou trop complexe sur certains points, des infrastructures insuffisamment développées et peu modernes, un investissement direct étranger modeste dans certains secteurs tels que les hautes technologies, les politiques de soutien des entreprises vietnamiennes - notamment les PME - peu effectives. Par ailleurs, le principe de libre circulation des biens et du personnel qualifié au sein de l’ASEAN, avec tous les risques d’augmentation des litiges qu’il comprend, posera des problèmes majeurs.

Production agricole marchande

En 2008, le Vietnam a commencé à se préparer avec l’institution d’un Comité de pilotage de l’adhésion à la Communauté de l’ASEAN dirigé par un vice-Premier ministre, par la suite devenu le Comité national de l’adhésion à la Communauté de l’ASEAN. Le Vietnam a élaboré un plan global en la matière dont le contenu est issu de la feuille de route de création de la communauté, et qui a été réactualisé tous les deux ans.

À noter que 91% de ses mesures ont d’ores et déjà été mises en œuvre, contre une moyenne de 81,7% au sein de l’ASEAN, se plaçant au même niveau que Singapour, pays le plus développé de tous les membres de l’association régionale. En outre, les ministères de l’Industrie et du Commerce, des Affaires étrangères, du Plan et de l’Investissement communiquent sur la CEA auprès de la communauté des entreprises.

L’extension des limites administratives de la capitale en 2008 s’est avérée être une véritable recomposition territoriale génératrice de nouvelles dynamiques métropolitaines sur le plan économique comme démographique et spatial. Désormais, le secteur municipal de l’agriculture gère plus de 188.600 ha de terres agricoles représentant 56,7% de la superficie totale de Hanoi, tandis que sa démographie relève majoritairement d’un secteur agricole marqué cependant par une faible contribution à l’économie municipale.

Dès que le programme national cible d’édification d’une nouvelle ruralité pour la période 2010-2020 a été transposé au niveau local, Hanoi a commencé à investir dans la création de zones de pointe au sens de grandes zones de production agricole en vue de créer une agriculture pleinement marchande. De nombreuses zones spécialisées ont été instituées comme la ferme de vaches laitières de Ba Vi, la zone floricole de Tây Tuu, celles de Dong Anh, Thuong Tin et Dan Phuong, la riziculture de haute qualité de Duyên Hà et Tiên Lê, le maraîchage biologique de Dông Anh, Tu Liêm, Soc Son et Son Tây, d’élevage de bétail de volailles et de fruiticulture.

Hanoi est devenue célèbre pour plusieurs de ses produits agricoles comme le lait de Ba Vi, les oranges Canh, les pamplemousses Diên et les légumes de Tiên Lê qui sont appréciés dans tout le pays, mais aussi à l’étranger, notamment dans l’ASEAN, en Chine, au Japon et en République de Corée. La valeur de la production agricole par hectare a atteint 231 millions de dôngs, soit 1,24 fois plus qu’en 2010, son revenu per capita en zones périurbaines et rurales a doublé par rapport à 2011avec 33 millions de dôngs. Et selon les estimations, à la fin de 2015, la capitale verra 166 de ses 386 communes satisfaire aux 19 normes de la Nouvelle ruralité, soit 43%, contre une moyenne nationale de 20%. – CVN/VNA

Voir plus

Lors de la cérémonie de lancement des travaux du projet d'axe spatial de la route nationale 1A, lié à la rénovation et à la reconstruction urbaine, sur le tronçon reliant le périphérique 1 à l’échangeur de Cau Gie, s'est tenue le 19 mai, à Hanoï, en présence du président de l'Assemblée nationale, Tran Thanh Man. Photo: VNA

Début des travaux du grand projet d'extension urbaine de la route nationale 1A

La cérémonie de lancement des travaux du projet d'extension urbaine de la route nationale 1A s’est tenue le 19 mai à Hanoi en présence du président de l’Assemblée nationale du Vietnam, Tran Thanh Man. Doté d’un investissement d’environ 162.000 milliards de dôngs, ce projet d’envergure vise à moderniser les infrastructures de transport, améliorer la connectivité et soutenir le développement urbain et socio-économique de la capitale.

Séminaire "Journée économique du Vietnam" le 18 mai à l'Université d'État d'économie de Saint-Pétersbourg, dans le cadre de la Semaine du Vietnam à Saint-Pétersbourg. Photo: VNA

Le Vietnam met en avant son potentiel économique et ses opportunités d'investissement à Saint-Pétersbourg

Un séminaire intitulé « Journée économique du Vietnam » s’est tenu le 18 mai à Université d'État d'économie de Saint-Pétersbourg, dans le cadre de la Semaine du Vietnam à Saint Petersburg, réunissant responsables, universitaires et entrepreneurs des deux pays. L’événement a mis en avant les perspectives croissantes de coopération économique, commerciale et éducative entre le Vietnam et la Russie, tout en soulignant le rôle de Saint-Pétersbourg comme partenaire important des collectivités locales vietnamiennes dans le développement des échanges décentralisés et des liens entre les peuples.

La ville de Hai Phong intensifie ses efforts pour doter ses jeunes de compétences numériques. Photo : VNA

Un marché sain du contenu numérique en devenir

Le durcissement de la répression redéfinit rapidement les modes de distribution et de consommation des contenus de divertissement en ligne, tout en sensibilisant progressivement le public et en le responsabilisant quant à la protection du droit d’auteur.

Des bateaux entrant et sortant du port de Song Doc (province de Ca Mau). Photo : VNA

Cà Mau déterminée à mettre fin les activités de pêche INN

Selon Lê Van Su, vice-président du Comité populaire provincial de Ca Mau, la priorité absolue est de contribuer à l'effort national visant à obtenir la levée du « carton jaune » de la Commission européenne concernant les produits de la mer vietnamiens.

Le développement des villes intelligentes devrait devenir un moteur important de la croissance économique du Vietnam. Photo: ocd.vn

Les villes intelligentes pour soutenir une croissance à deux chiffres

Les zones urbaines représentent actuellement environ 70 % du PIB vietnamien. Cependant, l’urbanisation rapide exerce une pression croissante sur les infrastructures de transport, l’environnement, l’approvisionnement énergétique et la gestion urbaine. Plusieurs experts avertissent que si les villes continuent à se développer selon des modèles traditionnels, leur potentiel de croissance risque de s’essouffler progressivement.

Le conseiller commercial du Vietnam en Inde, Bui Trung Thuong, s'exprime lors du forum. Photo: VNA

Vietnam-Inde : l’économie numérique, moteur vers un commerce de 25 milliards de dollars

Le Vietnam et l’Inde disposent d’un important potentiel de coopération, notamment dans les domaines du commerce électronique transfrontalier, des paiements numériques, de la logistique, de l’intelligence artificielle (IA) et du soutien aux petites et moyennes entreprises (PME), afin d’atteindre l’objectif de 25 milliards de dollars d’échanges bilatéraux d’ici 2030.

La parc industriel de Châu Duc, à Hô Chi Minh-Ville. Photo: VNA

IDE : le choix de la qualité pour Hô Chi Minh-Ville

Au-delà des chiffres, la structure des IDE connaît une mutation profonde. Délaissant les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre, les capitaux étrangers s'orientent désormais vers la haute technologie, l'intelligence artificielle (IA), les centres de données, la logistique et les services à forte valeur ajoutée.

Les autorités municipales félicitent l'Union des associations scientifiques et technologiques de Da Nang à l'occasion de la Journée vietnamienne de la science et de la technologie (18 mai). Photo : VNA

Da Nang place les ressources humaines au centre de sa stratégie numérique

À la suite d’une restructuration administrative et d’un réaménagement territorial, Da Nang entre dans une nouvelle phase de développement. Les autorités locales ambitionnent de porter la part de l’économie numérique à 35-40 % du PIB régional d’ici la fin de la décennie, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne nationale.

Récolte de crevettes à Ca Mau. Photo : VNA

Le Vietnam mise sur la montée en gamme de sa filière crevettière

Le Vietnam ne peut rivaliser ni avec l’Équateur sur les coûts ni avec l’Inde sur les volumes. La stratégie la plus pertinente consiste donc à abandonner la course aux bas prix et aux volumes massifs afin de se concentrer sur la qualité, l’innovation et l’intégration technologique.

La station-service Tran Phu, dans le quartier de Nghia Lo, province de Quang Ngai, distribue de l’essence E10 aux clients. Photo: VNA

Le Vietnam généralisera l’essence E10 à partir du 1er juin

Le Vietnam franchira une nouvelle étape dans sa transition énergétique avec la généralisation de l’essence biologique E10 à partir du 1er juin 2026. Cette mesure vise à réduire les émissions polluantes, diminuer la dépendance aux énergies fossiles et encourager l’utilisation de carburants plus respectueux de l’environnement.

Pham Thi Minh Huong, membre du Comité permanent de l’Union générale des Vietnamiens du Laos et vice-présidente de l’Association des entrepreneurs vietnamiens à l’étranger (BAOOV), répond à une interview de l'Agence vietnamienne d'information. Photo: VNA

La diaspora salue les avancées de la Résolution 68 sur l’économie privée

Grâce à la détermination réformatrice de l’État et au dynamisme du secteur privé, la Résolution 68 continuerait de produire des résultats positifs, devenant un moteur important du développement innovant de l’économie privée vietnamienne et contribuant à la réalisation des deux objectifs stratégiques centenaires du pays.