Hanoi (VNA) – Le Vietnam pourrait afficher une croissance annuelle élevée de 8%, voire une croissance à deux chiffres après avoir enregistré une expansion de 7% l’année dernière, selon un responsable d’United Overseas Bank (UOB), basée à Singapour.
Suan Teck Kin, directeur exécutif en économie mondiale et recherche sur les marchés chez UOB, a fondé ses prévisions sur des exemples similaires à Singapour et en Chine, mais a déclaré que deux facteurs clés affecteraient la croissance économique du Vietnam en 2025 et sur la période 2026-2030 : les risques liés aux politiques tarifaires américaines et la nécessité de stimuler l’investissement public.
Il a noté que le Vietnam dépend largement du commerce international, les exportations représentant 90% du produit national brut (PIB) du pays, soit le deuxième niveau plus élevé au sein de l’ASEAN après Singapour avec 174%.
En outre, les États-Unis sont le plus grand marché d’exportation du Vietnam, représentant 30% de son chiffre d’affaires total à l’exportation. Si les États-Unis imposent des droits de douane sur les produits vietnamiens, les secteurs de la fabrication et des services en souffriraient considérablement.
La demande d’exportation pourrait diminuer en raison d’un ralentissement de l’activité économique mondiale, ce qui aurait un impact sur la croissance du PIB.
Le cycle des semi-conducteurs s’affaiblit également, affectant les exportations de haute technologie du pays. Les entrées d’IDE pourraient ralentir, car les investisseurs envisagent de se tourner vers des pays moins susceptibles d’être confrontés à des droits de douane américains.
Pour atteindre l’objectif de croissance de 8%, Suan Teck Kin a suggéré que le Vietnam augmente les investissements publics pour soutenir la croissance et amortir le déclin des activités d’exportation et de fabrication. Dans son analyse, le pays est confronté à un déficit d’infrastructures important, tandis que les dépenses de formation de capital ne représentent que 30% du PIB, bien moins que les 41% de la Chine.
Il est conseillé au gouvernement d’augmenter les dépenses publiques au lieu d’être trop prudent quant à la réduction du ratio dette publique/PIB (actuellement 35%, avec pour objectif de tomber à 31% d’ici 2029).
Une autre solution, selon l’économiste, consiste à accélérer les investissements publics. Selon lui, il est encourageant de constater que l’Assemblée nationale a récemment approuvé un projet de chemin de fer de 8 milliards de dollars reliant la Chine et le Vietnam, et a accéléré l’expansion de l’autoroute Nord-Sud. Le gouvernement investit massivement dans l’intelligence artificielle et les données, l’énergie et les ressources en eau pour soutenir une croissance durable à long terme. - VNA