Le Vietnam nécessite un nouveau modèle de croissance

Les économistes ont averti que le Vietnam pourrait tomber dans le "piège" des revenus moyens avec son modèle de croissance économique actuel qui a révélé plusieurs lacunes et faiblesses.

Les économistes ont averti que le Vietnam pourrait tomber dans le "piège" des revenus moyens avec son modèle de croissance économique actuel qui a révélé plusieurs lacunes et faiblesses.

Lors d'un récent séminaire d'examen des modèles de développement économique applicables au Vietnam pour la période de 2011-2020, les économistes ont déclaré que la politique du Renouveau avait fait du Vietnam en 20 années un pays de revenu moyen, après avoir opté pour un bon modèle de développement économique dans les années 1990, période où le revenu per capita ne pouvait pas dépasser la barre des 200 dollars par an.


Mais désormais, après deux décennies de transition vers une économie de marché et une intégration de plus en plus profonde à l'économie mondiale, le modèle actuel de croissance a révélé un certain nombre de faiblesses, notamment en ce qu'il repose sur l'exploitation de ses ressources naturelles, ses ressources humaines peu coûteuses ainsi que des investissements mal ciblés.


Entre 1991 et 2009, les secteurs de l'agriculture, de la sylviculture, de l'aquiculture et de l'exploitation de minerais ont représenté 30% du PIB national mais ont épuisé les ressources naturelles du pays et porté atteinte à l'environnement.


Dans d'autres secteurs, l'activité consistant essentiellement en de la sous-traitance conduit l'économie nationale à trop dépendre des importations de matières premières, avec pour conséquences de faibles bénéfices dans l'exportation, un déficit du commerce extérieur, aggravé par les risques conséquents de fluctuations des cours mondiaux, par nature difficilement prévisibles. Un exemple de cette situation est le secteur du textile et de l'habillement qui, en 2009, a réalisé un chiffre d'affaires à l'exportation de plus de 9,1 milliards de dollars mais dont 70% provient de la sous-traitance pour l'étranger...


Compte tenu de ce que le pays a maintenu un taux d'investissement de plus de 31% de son PIB durant la période 1990-2008, l'inflation a atteint un niveau particulièrement élevé entre 2004 et 2008 et n'a pu être maîtrisée qu'à partir de 2009 suite aux mesures de rigueur prises par le gouvernement vietnamien.


Ces données font que l'économie vietnamienne est très vulnérable aux fluctuations de l'économie mondiale et qu'il lui manque les éléments fondamentaux lui permettant de maintenir une croissance élevée.


"Le modèle de développement économique reposant essentiellement sur une main-d'oeuvre bon marché et des investissements très diffus, le pays ne dispose que d'un taux de croissance instable répondant à un cycle de baisse d'environ 5% tous les 9-10 ans", a déclaré le professeur Nguyen Dinh Huong, de l'Institut de recherche juridique du Comité permanent de l'Assemblée nationale (AN), en donnant les chiffres précis de 4,7% pour 1989, 4,8% pour 1999 et 5,3% en 2009.


En conséquence, le Vietnam doit rapidement choisir et mettre en oeuvre un autre modèle plus approprié, satisfaisant aux exigences d'une économie en voie de pleine intégration à l'économie mondiale, a insisté le docteur Ha Van Hien, président de la Commission de l'économie de l'AN.


Le professeur Kennichi Ohno, de l'Institut national de recherche sur les politiques du Japon, a souligné que le modèle de développement économique du Vietnam doit reposer sur des ressources humaines qualifiées et des technologies modernes.


Il s'agit pour celui-ci de faire de son économie celle de compétences, exploitant de manière optimale ses ressources, et sachant plus particulièrement renouveler ses méthodes de définition de politiques économiques, a déclaré le professeur japonais.

Le professeur Bui Quang Binh de l'Université de Da Nang a confirmé que le Vietnam devrait faire en sorte de modifier la structure de ses ressources humaines, inciter fortement les entreprises à investir dans le renouvellement de leurs technologies, développer les débouchés, ainsi qu'améliorer l'efficience des investissements économiques, à commencer par ceux réalisés dans le secteur public. - AVI

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