Le Tây Bac, une identité culturelle à préserver

En raison des répercussions de la mondialisation et de l’interférence des cultures, les traits culturels traditionnels des ethnies minoritaires de la région Tây Bac (Nord-Ouest) se perdent au fil du temps. Il faut agir, et vite, pour leur préservation et valorisation.
En raison desrépercussions de la mondialisation et de l’interférence des cultures,les traits culturels traditionnels des ethnies minoritaires de la régionTây Bac (Nord-Ouest) se perdent au fil du temps. Il faut agir, et vite,pour leur préservation et valorisation.

La région TâyBac comporte 30 ethnies sœurs avec chacune sa culture originale avec seschansons, danses folkloriques ou fêtes traditionnelles. Problème, cestraits culturels qui font leur identité se perdent peu à peu.

L’anthropologue Dô Thi Tac, présidente de l’Association de la cultureet des arts de la province de Lai Châu, souligne que «si l’on ne trouvepas de solutions de préservation convenables, les valeurs culturellestraditionnelles des ethnies minoritaires du Tây Bac seront enfouies sousterre». Selon elle, plusieurs ethnies minoritaires ne portent plus leurcostume traditionnel. Chez certaines, à l’exception des personnesâgées, tous s’habillent comme Monsieur Tout-le-monde.

Enoutre, les vieillards - qui connaissent bien la culture de leur ethnie -se font chaque jour moins nombreux tandis que les jeunes générations neveulent pas étudier les valeurs culturelles et l’histoire de leurethnie.

Les sirènes de la modernité

Deplus, si les autorités locales privilégient le développementsocioéconomique, rien n’est fait pour la préservation et la valorisationde l’identité culturelle des ethnies minoritaires locales.

Les jeunes, qui jouent un rôle décisif dans l’existence ou ladisparition de la culture de chaque ethnie, préfèrent aujourd’hui leschansons, danses, ou vêtements modernes. En effet, dans un hameau del’ethnie Mảng, province de Lai Châu, les jeunes filles âgées de 15 à 20ans ne portent plus leur costume traditionnel, elles s’habillent«normalement» avec jupe, jeans, T-shirt... La beauté de ces traitsculturels uniques se perd peu à peu tandis que certaines mœurs arriérées- qu’il serait bon, pour le coup, d’enterrer – perdurent, comme lemariage précoce.

Selon l’artiste Lo Van Soi, de l’ethnieThai et domicilié dans la commune de Muong Cang, district de Than Uyên,province de Lai Châu, les fêtes comme Lông Tông (descentes aux champs),Xoè (danse xoè)... sont menacées d’extinction. Les jeunes neconnaissent plus les chansons et danses folkloriques de leur ethnie.

Trân Huu Son, directeur du Service de la culture, des sports et dutourisme de la province de Lào Cai, fait savoir que cette situation estavant tout imputable à la mondialisation. Avec le développement del’économie de marché, les minorités ethniques n’ont plus besoin decultiver les plantes leur fournissant ensuite du tissu. Il leur suffitsimplement d’aller au marché pour s’approvisionner en matières premièreset confectionner leurs vêtements.

En outre, les opérations derelogement pour les habitants des hameaux touchés par des glissements deterrain participent aussi, involontairement, à cette tombée progressivedans l’oubli. Dans leurs nouvelles résidences, les habitants n’ont plusd’espace commun pour leurs activités culturelles.

Unconstat sans appel qui contraint les autorités locales à trouver dansles meilleurs délais des politiques convenables afin de préserver laculture de manière durable et efficace.
En réalisant la résolution du5e plénum du Comité central du Parti communiste vietnamien (VIIIemandat) intitulée «Édifier et développer une culture vietnamiennemoderne et porteuse de l’identité nationale», les provinces de la régionTây Bac ont concentré leurs efforts sur la préservation de la culturetraditionnelle des ethnies minoritaires. En effet, les fêtes des ethniesminoritaires ont été restaurées et sont désormais organisées chaqueannée. Les sujets et projets scientifiques au niveau provincial ounational sur la préservation de l’espace culturel pullulent.

Des politiques de préservation

D’après Pham Van Hùng, directeur du Service de la culture, des sportset du tourisme de la province de Diên Biên, la plupart des hameaux,groupes d’habitants de la province disposent maintenant d’une maisonculturelle équipée d’un système de sonorisation au service des activitéscollectives. En outre, des troupes de chanteurs amateurs ont été crééesdans chaque hameau.

Diên Biên organise régulièrementdes fêtes culturelles et sportives entre les communes ou districts, lorsdesquelles les habitants peuvent étudier la culture de chaque ethniepar le biais de chansons folkloriques, de danses ou de jeuxtraditionnels...

À souligner aussi la Journée de laculture et des sports et du tourisme des provinces du Tây Bac, organiséetous les ans dans chaque province à tour de rôle. Il s’agit d’uneoccasion pour les artistes, acteurs, sportifs amateurs de montrer leurstalents et les caractères culturels originaux de leur ethnie devant lesautres.

Selon le Comité de pilotage du Nord-Ouest, afinde poursuivre la réalisation de la résolution du 5e plénum du Comitécentral du Parti communiste vietnamien (VIIIe exercice) susmentionnée,les provinces du Nord-Ouest ont proposé une série de solutions. Ils’agit d’élever la prise de conscience des habitants sur la nécessité depréserver et de mettre en exergue les valeurs culturellestraditionnelles. En outre, les provinces de la région doivent accélérerla construction et le parachèvement des grands ouvrages culturels, faireen sorte d’améliorer la qualité des activités culturelles, encouragerles organisations, particuliers et entreprises à investir dans lesétablissements culturels ou centres de loisirs.

Lechantier est par conséquent immense. Mais c’est seulement à ce prixqu’il sera (peut-être) possible de préserver les particularismesculturels des ethnies de la région Tây Bac, et plus largement duVietnam, de l’appétit insatiable de la mondialisation qui tend àuniformiser nos sociétés. -VNA

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