Les entreprises privées s’efforceront d’atteindre une croissance de 15-50% par an à moyen terme. Photo : VNA/CVN



Hanoi (VNA) - Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV), Nguyên Phu Trong, a signé le 3 juin dernier une décision promulguant la résolution du 5e plénum du Comité central du Parti sur le développement de l’économie privée. De fortes retombées sont attendues.

C’est une résolution ambitieuse que vient d’avaliser le chef du PCV, au regard des objectifs fixés : créer au moins un million d’entreprises d’ici à 2020, 1,5 million en 2025, et au moins deux millions en 2030, ainsi que porter la contribution du secteur privé au PIB à 50% en 2020, 55% en 2025, et à 60-65% en 2030.

Le développement de l’économie privée est une exigence objective durant le processus de perfectionnement des institutions et le développement d’une économie socialiste de marché. Il s’agit d’une politique importante pour libéraliser la production, ainsi que pour mobiliser, distribuer et utiliser efficacement les ressources de développement. Les économies privée, publique et collective sont les piliers d’une économie vietnamienne autonome et indépendante.

Pour développer l’économie privée

Il faut encourager l’essor de l’économie privée de manière rapide, stable, à un rythme élevé afin qu’elle participe pleinement au PIB national. Il est nécessaire de la développer dans tous les secteurs, de créer des groupes économiques privés impliquant de multiples acteurs économiques, et de laisser ceux du privé contribuer à l’aide de leurs capitaux aux groupes économiques publics. Il apparaît essentiel également de les encourager à participer à la chaîne de production mondiale et à acquérir des titres d’entreprises publiques.

La résolution précise des mesures clés pour développer l’économie privée comme la mise en œuvre des options et politiques en matière de développement du secteur privé, la création d’un environnement de l’investissement et des affaires favorable, le soutien au privé en termes de renouvellement et d’innovation comme de formation du personnel et de développement des technologies. Enfin, il est indispensable d’améliorer l’efficacité de la gestion de l’État, de renforcer la direction du Parti, de faire valoir le rôle du Front de la Patrie du Vietnam et des autres organisations sociopolitiques dans le secteur privé.

Un moteur important de l’économie nationale

Le 5e plénum du Comité central (CC) du PCV (XIIe exercice) a approuvé un certain nombre de résolutions dont une sur le développement de l’économie privée pour en faire un moteur de l’économie socialiste de marché. Ce changement se fonde sur une base théorique et pratique censée apporter la confiance à toutes les entreprises.

Ledit plénum a également déterminé de veiller au développement de l’économie privée d’une manière rapide, saine et plus appropriée, afin de devenir un moteur pour la production et le développement socio-économique. Elle doit progresser de concert avec l’économie d’État et l’économie collective, pour édifier avec succès une économie indépendante, autonome et intégrée internationalement.

Le secteur privé a joué un rôle moteur important pour le développement de l’économie socialiste de marché. Il contribue significativement à la réduction de la pauvreté et au développement du pays. Néanmoins, les entreprises privées ont des forces et des faiblesses. Pour leur essor, il est nécessaire de promouvoir leurs points forts et limiter leurs faiblesses.

Les entreprises privées font toujours des efforts pour davantage d’efficacité. Bien qu’elles fonctionnent pour leurs propres objectifs, elles sont toujours volontaires pour offrir de meilleurs services à leurs clients. Pourtant, les entreprises privées ont un inconvénient : celui d’user de tous les moyens pour atteindre leur objectif principal. Elles peuvent ainsi rivaliser entre elles en adoptant des comportements malsains tels que publicité mensongère, concurrence déloyale ou  fraude commerciale, fiscale.

Reconnaissant les aspects positifs de l’économie privée sans pour autant nier ses inconvénients, le PCV a préconisé son développement pour en faire une force motrice de l’économie. Une orientation pertinente qui doit être concrétisée par la création de conditions optimales pour que les entreprises privées se développent plus fortement et contribuent ainsi à stimuler la croissance du PIB.

Les affaires satisfaisantes

Selon un sondage réalisé lors du 2e forum de l’économie privée, tenu le 31 juillet dernier à Hanoï, 56% des entreprises se sont déclarées convaincues que leurs recettes de cette année augmenteraient de 60%. Et 65% souhaitent voir le gouvernement intervenir. Elles ont proposé des initiatives pour l’aider à agir plus fortement et plus efficacement, ce afin de soutenir davantage le secteur privé.
«La confiance que portent les entreprises à l’égard du gouvernement actuel constitue pour elles un grand encouragement pour investir davantage dans les projets socio-économiques», a estimé Vu Van Tiên, président du conseil d’administration de la Banque par actions d’An Binh. Il a demandé de lever les obstacles pour faciliter les activités des entreprises, tout en proposant la réduction des dépenses pour leurs exportations qui représentent actuellement environ 23% de leur chiffre d’affaires total.

Le directeur général de la société VMCG, Trinh Minh Giang, et la directrice du Centre d’assistance aux jeunes start-up de Hô Chi Minh-Ville, Ly Hoàng Phi, ont souligné l’écosystème de start-up ainsi que la recherche de ressources financières pour accélérer les activités de ce type de sociétés. Ils ont demandé une exonération fiscale totale pour ces projets et la simplification des règlements. Mai Huu Tin, président du conseil d’administration de la Compagnie par actions de l’agriculture U&I, a, quant à lui, demandé de simplifier davantage les formalités administratives.

Les entreprises privées ont besoin d’un environnement de concurrence sain pour être motivées à contribuer au développement du pays, sachant qu’elles en sont la force principale. Par conséquent, un train de mesures globales et synergiques est nécessaire pour améliorer l’environnement de l’investissement ainsi que pour instaurer un environnement des affaires équitable et transparent.

Les PME au centre des efforts

De même, les réformes des procédures et formalités administratives doivent être engagées dans des domaines comme la fiscalité et les douanes, le foncier et l’accès aux capitaux... Il est également nécessaire d’accélérer la réforme administrative et judiciaire afin d’assurer les droits et intérêts légitimes de ces entreprises, d’élaborer des lois pour garantir l’égalité entre entreprises. Parallèlement aux efforts pour favoriser l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) au financement, il est important de créer des fonds pour le développement des PME,  l’innovation et l’application des progrès scientifiques.
Un million d’entreprises sur le territoire en 2020. Tel est l’objectif fixé par le Vietnam qui s’est engagé à tout mettre en œuvre pour devenir la «terre promise» des start-up et faire des réformes un outil de compétitivité.

Le privé emploie 85% de la population active mais ne représente que 40% du PIB. Pivot de la croissance et de la création d’emplois, ce secteur doit bénéficier d’un traitement plus équitable et d’un accompagnement pour se développer et contribuer significativement à l’économie nationale. «Les entreprises sont des leviers de croissance extraordinaires. Il faut créer un environnement propice à leur développement et les accompagner dans leurs activités. La priorité doit être donnée aux PME. Détenir sur notre sol un million d’entreprises en 2020 est très ambitieux. C’est la raison pour laquelle tout doit être entrepris pour encourager les quelque 4,9 millions de petits producteurs à modifier leur statut et se constituer en entreprise», a estimé le ministre et président du bureau gouvernemental Mai Tiên Dung.

«Pour maximiser les chances de développement des entreprises, la Banque d’État du Vietnam (BEV) s’est engagée à intervenir auprès des organismes de crédit. La mesure la plus importante à prendre est de réduire le taux d’intérêt des emprunts. Les banques doivent aussi baisser leurs frais de fonctionnement qui sont encore trop élevés», a souligné le vice-gouverneur de la BEV, Dào Minh Tu. «Les PME doivent devenir les maillons de la chaîne de valeur nationale puis mondiale. Pour accroître leur compétitivité et acquérir plus de puissance, les entreprises doivent se regrouper au sein d’associations ou de coopératives. Il est aussi nécessaire de les intégrer dans la chaîne de valeur nationale», a expliqué le vice-ministre du Plan et de l’Investissement, Dang Huy Dông.

En 2016, quelque 110.000 entreprises ont été créées et 900.000 milliards de dôngs apportés en capital. Un record. Et 40.000 sociétés ont vu le jour entre janvier et mai 2017. Les réformes portées par le gouvernement sont positives et créer un million d’entreprises en 2020 ne semble pas irréaliste.-CVN/VNA