Le nid d’hirondelle, l’or blanc de Nha Trang

Les îles à hirondelles sont considérées comme des «mines d’or blanc» de la province de Khanh Hoà (Centre). Dans le passé, les nids de salanganes étaient en effet les mets préférés des rois et des mandarins. Aujourd’hui, on pourra faire un festin royal, si l’on a de l’argent.

Les îles à hirondellessont considérées comme des «mines d’or blanc» de la province de KhanhHoà (Centre). Dans le passé, les nids de salanganes étaient en effet lesmets préférés des rois et des mandarins. Aujourd’hui, on pourra faireun festin royal, si l’on a de l’argent.

«L’île dessalanganes» n’est pas le nom d’une seule île mais le nom générique donnéà chaque île où les hirondelles viennent nidifier. Parmi les neuf îlesprincipales de Nha Trang (province de Khanh Hoà, Centre), Hon Nôi et HonNgoai sont celles où l’on trouve le plus de salanganes. Hon Nôi estcelle qui se situe à l’intérieur de l’archipel, alors que Hon Ngoai sesitue à l’extérieur.

Depuis le port de Câu Da, lestouristes prennent un bateau à fond de verre afin de traverser les 13lieues marines qui les séparent des deux îles. Hon Ngoai est la pluséloignée. Les touristes ne peuvent pas y accéder, mais seulementl’admirer depuis le bateau et prendre des photos. À Hon Nôi, il est parcontre possible de débarquer et de parcourir l’île de long en large.

C’est au flanc des falaises que l’on peut apercevoir les nids dessalanganes, blancs, qui ressemblent à de petites cuillères accrochéesaux parois. Les îles à hirondelles sont des «mines d’or blanc» de laprovince de Khanh Hoà. D’ailleurs, sachez au passage que la province aplusieurs surnoms comme «Mer des hirondelles» mais aussi «Forêt decalambac» - une résine très précieuse produite par certains boismalades. Que de richesses naturelles !

Mais revenonsà nos salanganes. Elles nichent en colonies de décembre à mars, enrégurgitant des substances gélatineuses provenant des algues qu’ellesabsorbent. Au fil du temps, ces nids deviennent secs et durs et prennentcette couleur blanche très caractéristique. Les salanganes sont l’unedes deux seules espèces d’oiseaux qui ne font pas leurs nids avec desmatières végétales. Quand leur nid est enlevé, elles en refont un autre.La saison de reproduction des salanganes dure de 80 à 120 jours. Jouraprès jour, les couples poursuivent leur «oeuvre». Pour nourrir leurprogéniture, les femelles sont prêtes à faire de très grands voyages.Dès 5h ou 6h du matin, elles s’envolent vers l’Ouest à près de 40 km/h,parfois sur des centaines de kilomètres.

Lestouristes se régalent de voir le ballet de ces hirondelles. Ils nemanquent pas une occasion de filmer ou de prendre des photos.

Toutes les falaises accueillant des colonies de salanganes possèdentdes sortes de cabanes de fortune et souvent suspendues au-dessus duvide. C’est là que vivent les gardiens chargés de surveiller nuit etjour les précieux nids.

La récolte des nids, un métier périlleux

La récolte est une activité difficile et dangereuse. Il faut en effetdéfier les lois de la gravité et se hisser le long des parois rocheusesglissantes, en s’aidant d’échafaudages de bambou branlants. Une missionqui exige du courage et un certain talent d’équilibriste. Les harnais desécurité sont indispensables à ces «funambules». Parfois, ils doiventplonger sous l’eau pour accéder à certaines cavernes... Malgré lesdangers quotidiens, cette profession existe depuis 700 ans. Sur cesîles, les habitants ont d’ailleurs érigé des temples en l’honneur deleurs ancêtres qui ont exploité cet inépuisable filon.

Si la récolte se fait presque entièrement à la main pour préserver lesnids de salanganes. Le processus de traitement pour obtenir les «Yênsào» (nids de salanganes) de Khanh Hoà se réalise avec des technologiesmodernes, secrètes, respectant l’hygiène et la sécurité alimentaires. Ondébarrasse les nids des plumes et autres impuretés puis on les met enconserve. On n’en dira pas plus sur le secret du processus. On sait queces produits ont une haute valeur nutritionnelle. Ils sont conseilléspour les malades, les personnes âgées, etc.

Les «Yênsào» sont des mets fortement appréciés et certains sont classés«hirondelle du roi». Dans le passé, les nids de salanganes étaient eneffet les mets préférés des rois et des mandarins. Il y a plusieursespèces de salanganes : les salanganes blanches, les salanganessanguines que l’on trouve principalement sur Hon Nôi... Leurs nidscoûtent extrêmement chers. Aujourd’hui, un kilo vaut entre 500 et 700millions de dôngs. Avec ça, on pourra faire un festin royal ! - AVI

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