Il est parfois dur de gagner la vie avec le travail d'un livreur. Photo: CVN/VNA

Hanoï (VNA) - Le service de livraison express se développe rapidement au Vietnam, surtout dans les grandes villes, notamment grâce à la croissance du commerce électronique. Il crée beaucoup d’emplois, en particulier pour les étudiants. Pourtant, il n’est pas facile de gagner de l’argent avec ce petit boulot.

Après sa 2e année d'université, sa famille lui achète une moto, et il signe dans la foulée un contrat à temps partiel avec une compagnie de livraison de marchandises, raconte Phan Van Dao, livreur moto depuis trois ans.

À la fin de ses journées d'études, il ouvre son téléphone, reçoit des marchandises et se charge de les livrer aux clients. Parfois, il doit travailler jusqu’à 23h00. Bien que cet emploi lui offre une certaine flexibilité, il est souvent pénible: des conditions météorologiques parfois défavorables comme la pluie, la chaleur ou les poussières, et des horaires parfois difficiles à combiner avec des études.

De plus, il est parfois dur de gagner un salaire avec cette activité. D’abord, les incidents ne sont pas rares. Par exemple, un jour pendant une livraison express il s’est fait arrêter par la police pour avoir grillé un feu rouge, et se voit facturé une amende de 300.000 dông, équivalant à 20 fois sa rémunération pour une seule livraison. En outre, le client voit sa livraison livrée en retard.

"Pour des commandes à livrer dans les 2 heures, je dois calculer le temps du trajet de l’entrepôt au domicile du client, et si j’ai assez de temps, je dois accepter immédiatement la commande, sinon quelqu’un autre peut l’accepter à ma place et me remplacer" a-t-il partagé.

Il faut aussi faire attention aux embouteillages. Tous les calculs sont faussés en cas d’embouteillages. Et le résultat d’une livraison retardée est assez grave: une clientèle mécontente, et l’enregistrement automatique du retard dans le fichier livreur qui peut pénaliser de futures livraisons…

Malgré les inconvénients, la concurrence entre les livreurs s’intensifie, car les conditions pour devenir livreur sont souples et l’activité peut être pratiquée facilement.

"Le livreur doit aussi verser des larmes"


Selon Phan Van Dao, la livraison de repas est la plus redoutable, car pour respecter le délai, on doit aller très vite. Parfois, il y a des accidents et les marchandises n’arrivent pas intactes. Face à ces situations, il doit s'excuser auprès des clients, et en cas de non livraison,  le livreur doit payer de sa poche ces marchandises. "Un livreur ne doit pas attendre la fin du mois pour recevoir son salaire, on est automatiquement payé à chaque livraison, mais parfois, pour gagner de l’argent, le livreur doit aussi verser des larmes", ajoute-t-il.

Pour sa part, Nguyên Hoàng Hai – livreur lui aussi, a déclaré: "Certains jours, il y a des dizaines de commandes et on doit livrer les marchandises jusqu’à minuit. Parfois l’ordre de livraison tombe au moment où le livreur prend sa pause déjeuner,  et là il doit partir tout de suite». "Si vous travaillez dur, vous pouvez gagner de l’argent" a-t-il affirmé. Mais actuellement, à l’instar de la situation des taxis face à l’application "Grab", le marché de livraison à domicile de marchandises connaît lui aussi une crise qui met en concurrence tradition et technologie, ajoute-t-il. "Auparavant, je n’acceptais pas les commandes à bas frais, maintenant, je dois les prendre, sinon quelqu’un d’autre peut me remplacer. Et la situation est difficile quand tant de livreurs sont prêts à "casser" les prix pour être plus concurrentiels", a-t-il conclut.

Alors que les entreprises du secteur de livraison express se concentrent davantage sur le côté technologique du service avec l’utilisation  d’algorithmes, les entreprises traditionnelles, elles, utilisent davantage des ressources humaines pour l’affectation des livraisons. Les entreprises de livraison en ligne s'orientent également vers des plateformes communautaires, sur lesquelles toute personne possédant un "smartphone" et une moto peuvent s’improviser livreur et joindre ces compagnies de livraison.

En plus du problème de concurrence sur le marché, les problèmes de santé sont liés à l’exercice de cette activité, ce que nous montre Nguyên Hoàng Hai en passant une serviette en papier sur son visage noirci: "On peut se nettoyer le visage. Mais on ne sait pas ce qui va se passer pour nos poumons" conclut-il. -CVN/VNA