Le khèn des Mong

Le khèn est l’instrument de musique fétiche des Mong, celui qui les relie au monde des divinités. Mais si tous les Mong l’adorent, seuls les hommes en jouent.
Le khèn des Mong ảnh 1A l’occasion du Nouvel An et des fêtes traditionnelles, les Mong évoluent au son du khên - Photo: VOV

Hanoï (VNA) - Le khèn est l’instrument de musique fétiche des Mong, celui qui les relie au monde des divinités. Mais si tous les Mong l’adorent, seuls les hommes en jouent. A l’âge de la puberté, c’est avec le khèn qu’ils vont à leurs premières conquêtes féminines.

A 13 ans, le garçon Mong sort de chez lui, tout fier, avec son khèn à l’épaule. Direction le champ ou le marché, où l’attendent ses premières rencontres galantes. Jouer du khèn et danser avec son khèn sont, pour les Mong, une démonstration de virilité.

A l’occasion du Nouvel An et des fêtes traditionnelles, les Mong évoluent au son du khèn. Ceux qui jouent et dansent bien attirent tous les regards.

Si tous les hommes Mong jouent du khèn, peu savent fabriquer cet instrument. D’ailleurs, il n’existe aucun établissement de formation au métier de «facteur de khèn» - appelons-le ainsi - qui se transmet oralement, souvent de père en fils. Giang A Khay est issu d’une fratrie de quatre personnes, mais lui seul est capable de succéder à son père, le maître artisan Giang A Su. Il sait maintenant fabriquer des khèns et toutes sortes de flûtes.

“Petit, j’adorais ce que faisait mon père. Alors je l’ai imité. Au début, c’était très difficile, mais au fur et à mesure, ça allait mieux. De toute façon, il faut constamment apprendre, à fabriquer comme à jouer. Mon grand espoir maintenant, c’est que les jeunes préserveront ce métier”, a partagé Gaing A Khay.

Avec le temps, les modes de vie changent, mais le khèn maintient toujours sa place de choix dans la vie culturelle des Mong, comme une marque d’identité qu’ils n’échangeraient pour rien au monde.

Le matériau idéal du khèn est le bois de Siam qu’on trouve dans la forêt. Ce sont des arbres grands, tout droit, qu’on coupe en morceaux de 80 à 90 cm. Ces morceaux seront ensuite fendus en deux et évidés en longueur, avant d’être rattachés avec des fils. La sève finira par les recoller. Ces morceaux de bois frais seront laissés à sécher en haut du foyer. Une fois séchés, ils seront taillés pour prendre la forme d’un tube, et troués. Dans ces trous, on insèrera six petits tubes de bambou, six tubes installés parallèlement, représentant une fratrie solidaire.

Avec le temps, les modes de vie changent, mais le khèn maintient toujours sa place de choix dans la vie culturelle des Mong, comme une marque d’identité qu’ils n’échangeraient pour rien au monde. - VOV/VNA

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