Le dàn bâu veut séduire l’UNESCO

Patrimoine mondial : le dàn bâu en piste pour le label

Le dàn bâu ou dôc huyên câm est un monocorde et sans doute l’instrument le plus original du Vietnam. Un dossier sera élaboré en vue d’une inscription au patrimoine mondial.

Hanoi (VNA) – Le dàn bâu ou dôc huyên câm est un monocorde et sans doute l’instrument le plus original du Vietnam. Un dossier sera élaboré en vue d’une inscription au patrimoine mondial. 

Patrimoine mondial : le dàn bâu en piste pour le label ảnh 1Le dàn bâu est l’instrument qui traduit le mieux l’âme du Vietnam. Photo : TTVH/CVN 

La campagne a été annoncée par le président de l’Association des arts folkloriques du Vietnam, Tô Ngoc Thanh,  lors d’un colloque sur le dàn bâu et son rôle dans la culture vietnamienne, organisé le 21 octobre dernier sous l’égide de l’Institut national de la musique du Vietnam.

Le colloque a porté sur l’histoire, le rôle et le développement du dàn bâu dans la culture vietnamienne ainsi que sur sa stratégie de conservation.

Parmi les instruments de musique traditionnels du Vietnam, le dàn bâu est considéré comme le plus original. Aucun Vietnamien n’est insensible à son son si pur. «Si nous devions choisir un instrument pour représenter la musique traditionnelle du Vietnam, promouvoir l’image du pays, le choix se porterait sur le +dàn bâu +de toute évidence», a affirmé Nguyên Binh Dinh, chef de l’Institut national de musique du Vietnam.

«Il représente la langue et l’âme du peuple vietnamien», a renchéri l’artiste Nguyên Tiên. 

L’histoire d’un instrument emblématique

«Bien qu’il soit difficile de préciser le moment exact où le +dàn bâu+ a été créé, la plupart des spécialistes s’accordent sur le fait qu’il est né au Vietnam et qu’il était déjà utilisé avant le XIXe siècle», a affirmé Nguyên Binh Dinh.

Il existe de nombreuses légendes associées à sa naissance. Dans le “Dai Nam Thuc Luc” (Annales royales du Grand Vietnam) de la dynastie des Nguyên (1902-1945), on peut lire que le dàn bâu serait apparu au XVIIIe siècle. Et  selon le compositeur Dang Hoành Loan, c’est Tôn Thât Duc, une sommité en littérature et musique, qui l’a créé.

Le monocorde est constitué d’une caisse de résonance et d’une corde unique séparée en deux parties par un chevalet mobile. Ses sons sont purs et mélodieux.

Selon la légende, le dàn bâu était joué par des groupes de musiciens malvoyants, à l’ouïe très développée. De nos jours, il est fréquemment intégré dans les musiques de chèo (théâtre populaire), de cai luong (théâtre rénové) mais aussi de la scène musicale moderne.

«Cet instrument a toujours été très proche du peuple. Il a d’abord accompagné les chanteurs de rues qui jouaient dans les marchés des villages ruraux ou des zones urbaines, a expliqué l’“Artiste du Peuple” Thanh Tâm. “La forme du monocorde n’a pas évolué depuis ses origines et ressemble à une calebasse”.

Un instrument unique

Patrimoine mondial : le dàn bâu en piste pour le label ảnh 2Le dàn bâu a joué une place importante dans la musique nationale dans les années 1990. Photo : Archives/CVN

«Parmi les instruments traditionnels du Vietnam, le +dàn bâu+ est celui qui attire le plus l’intérêt des compositeurs et des chercheurs. Il n’y a qu’à voir le nombre d’œuvres composées spécialement pour lui ainsi que le grand nombre d’études qui lui sont consacrées», a affirmé M. Dinh.

En outre, il est souvent choisi pour figurer lors des grands programmes d’art au niveau national et international.

«De 1970 jusqu’au début des années 1990, le +dàn bâu+ a été joué dans de nombreux pays en Europe, en Afrique et en Amérique. Et il a toujours su conquérir les amis internationaux. Il est considéré comme un symbole de la culture vietnamienne», a-t-il ajouté.

Le dàn bâu a joué une place importante dans la musique nationale dans les années 1990, marquées par toute une génération d’artistes comme Nguyên Thanh Tâm, Hoàng Anh Tu, Bùi Lê Chi, Hoàng Xuân Binh et Phan Kim Thành. Huy Thuc, Xuân Khai, Duc Nhuân et Ngô Quôc Tinh sont les compositeurs les plus connus.

«Pour préserver et promouvoir cet instrument traditionnel original, le Vietnam a besoin de mesures urgentes», a souligné M. Dinh.

«Les organismes compétents doivent se coordonner pour établir un dossier en vue d’une reconnaissance de l’UNESCO en tant que patrimoine mondial», a insisté Tô Ngoc Thanh.

L’artiste Bùi Lê Chi recommande de choisir et former de jeunes talents, d’octroyer des primes et autres soutiens financiers pour encourager les artistes à s’engager plus dans la composition.

«Le +dàn bâu+ est vraiment un instrument unique qui n’a pas d’équivalent en Europe, en Chine, en Inde, en République de Corée ou au Japon. Sa barre verticale flexible permet de très subtiles variations de tons. Son timbre est poignant et poétique. Le +dàn bâu+ est aussi un instrument difficile à maîtriser», a partagé le célèbre compositeur singapourien Robert Casteels. – CVN/VNA

Voir plus

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.