L’agriculture bio, une tendance inéluctable au Vietnam

L’agriculture biologique, dite aussi organique, gagne chaque année du terrain au Vietnam.

Hanoi (VNA) - L’agriculture biologique, dite aussi organique, gagne chaque année du terrain au Vietnam. À l’heure actuelle, 33 des 63 villes et provinces du pays la développent. Les surfaces ainsi cultivées couvrent désormais 76.000 hectares.

L’agriculture bio, une tendance inéluctable au Vietnam ảnh 1Quelque 15 ha de Trà Quê sont consacrés à la culture de légumes et d’herbes aromatiques.

Trà Quê, un charmant petit village de la commune de Câm Hà, est situé à quelque 3 km du centre de l’ancienne cité de Hôi An, province de Quang Nam (Centre). Ici, l’on y pratique une culture maraîchère biologique, sans recours aux produits phytosanitaires utilisés dans l’agriculture conventionnelle.

Des modèles profitables à tous points de vue

Trà Quê s’étend sur 40 ha. Il dénombre environ 200 familles pratiquant la culture maraîchère, lesquelles produisent plus de 20 sortes de légumes et d’herbes aromatiques selon la saison, comme le basilic, la pérille de Nankin et bien d’autres encore.

Ici, tout est bio. Les paysans utilisent l’eau de la rivière Cô Co et des engrais organiques végétaux fabriqués sur place. C’est à cette association que les légumes de Trà Quê doivent leur saveur. Les villageois appliquent également des techniques culturales modernes. La culture n’influence pas l’environnement, les cultivateurs, et surtout donne des produits de haute qualité et bio.

 

"À Trà Quê, environ 15 ha sont consacrés à la culture de légumes et d’herbes aromatiques. Ici, les paysans utilisent les engrais organiques faits à partir des jacinthes d’eau qui foisonnent dans le marais de Trà Quê. Cette saison, la culture de certains légumes sont à l’honneur comme salade, feuilles de moutarde, choy-sum mais aussi les herbes aromatiques comme la ciboule", a révélé Nguyên Tô Vinh, un villageois.

Pour atteindre les critères organiques, les paysans respectent à la lettre les principes des «cinq zéros» : non utilisation des engrais chimiques, des organismes génétiquement modifiés, des produits favorisant artificiellement la croissance, des défoliants, et enfin non recours aux insecticides.

 

Explications de Nguyên Van Thuân, paysan dans le district de Kinh Môn, province de Hai Duong (Nord) : "Je cultive sur mes terres des concombres et des pastèques. L’agriculture bio donne des produits de haute qualité et propres. Ainsi, nous, paysans, contribuons à protéger l’environnement dans la mesure où nous n’utilisons aucun produit phytosanitaire dans nos cultures".

 

Pour le secrétaire du Comité populaire du district de Gia Lôc, province de Hai Duong, Pham Quang Hung : "Les organismes compétents doivent accorder des priorités en faveur de l’agriculture biologique. Il apparaît indispensable de mobiliser plus de fonds pour aider les modèles d’agriculture bio à s’étendre et à se développer".   

L’agriculture bio est un humaniste. Répondant non seulement aux préoccupations des consommateurs sur la sécurité sanitaire des aliments, elle traite aussi les questions de justice sociale et de protection de l’environnement et des ressources naturelles durables.

 

De belles perspectives, à condition d’y mettre les moyens

 

Si cette pratique “propre” se développe de jour en jour dans différentes localités vietnamiennes, elle reste un phénomène nouveau au Vietnam. Il y a encore énormément de choses à faire, à réfléchir ensemble pour l’étendre massivement. Plusieurs concepts de base font encore l’objet de discussions.

 

De nombreux colloques sur l’agriculture organique sont organisés dans différentes localités du pays. Certains ont lieu en présence de délégués étrangers, français notamment. L’occasion pour les organismes compétents vietnamiens et d’autres pays d’échanger des expériences dans le développement des modèles de culture en la matière.

 

"Nous travaillons avec le Vietnam sur la question de l’agriculture biologique. Le Vietnam est en train de finaliser sa grande question sur la transition entre l’agriculture dite conventionnelle avec beaucoup d’intrants (des produits chimiques notamment) à une agriculture biologique (avec moins d’intrants), sans pour autant que le consommateur se retrouve avec des produits qui soient hors de prix et sans pour autant non plus que le producteur n’arrive pas à vivre. C’est pourquoi, il faut trouver les bons moyens d’opérer cette transition en accompagnant tous les acteurs", a exprimé Alexandre Bouchot, conseiller agricole de l’ambassade de France au Vietnam.

 

Avec une population de plus de 90 millions d’habitants, la sécurité alimentaire est une des premières préoccupations du gouvernement. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural accélère maintenant l’achèvement du projet de développement de l’agriculture bio pour la période 2018-2025.

 

Pour toutes les raisons évoquées précédemment et dans la logique de développement durable dans laquelle tente de s’inscrire le pays, l’agriculture organique devrait s’imposer comme une tendance inéluctable du développement de l’agriculture vietnamienne. Une nécessité aussi pour les consommateurs, toujours plus regardants envers les produits qui leur sont proposés. -CVN/VNA

Voir plus

Vietnam–États-Unis : vers une coopération économique à forte valeur ajoutée

Vietnam–États-Unis : vers une coopération économique à forte valeur ajoutée

Le Vietnam et les États-Unis entendent approfondir leur coopération économique en privilégiant les hautes technologies, l’innovation et les chaînes d’approvisionnement durables. Pour renforcer leur présence sur le marché américain, les entreprises vietnamiennes sont appelées à améliorer la traçabilité, la qualité des produits et leur valeur ajoutée.

Des produits vietnamiens sont présentés aux entreprises et consommateurs africains. Photo : VNA

La Tunisie apprécie les produits vietnamiens compétitifs

La Tunisie a des besoins d’importation portant sur une large gamme de produits vietnamiens, notamment les produits agricoles, les produits industriels ainsi que les matières premières et les accessoires destinés aux industries du textile, de l’habillement et de la chaussure.

La beauté de la baie de Khanh Hoa. Photo de : VNA

Khanh Hoa se prépare à accueillir l’APEC 2027

La province de Khanh Hoa accélère ses préparatifs pour accueillir les activités de l’APEC 2027, en mettant l’accent sur les infrastructures, la promotion économique, la qualité des services et la sécurité des délégations internationales.

Des membres de la coopérative de plantes médicinales Anh Duong, dans la commune de Tây Giang, prennent soin de jeunes plants. Photo: VNA

L’agrotourisme ouvre de nouvelles voies de développement en altitude à Dà Nang

Selon le Département municipal de l’agriculture et de l’environnement, Dà Nang dispose de plus de 203.000 hectares de terres agricoles, de 442 exploitations agricoles et d’élevage, ainsi que de 654 coopératives. La ville compte également 477 produits OCOP dont 19 sont déjà exportés et devraient générer des revenus supérieurs à 3,85 millions de dollars d’ici 2026.

Le groupe FPT a inauguré, le 13 octobre, son bureau en Égypte, baptisé FPT Egypt. Photo : VNA

FPT ouvre son premier bureau en Afrique

Le groupe vietnamien FPT a inauguré le 13 octobre son bureau en Égypte, première implantation du groupe en Afrique, afin de renforcer les connexions technologiques entre le Vietnam et le continent africain.

Le président de l’Association des entreprises vietnamiennes au Benelux Nguyên Thành Vinh. Photo ; VNA

La VBAB, pont entre les entreprises vietnamiennes et l’Europe

L’Association des entreprises vietnamiennes au Benelux (VBAB) renforce les liens entre les entreprises vietnamiennes et leurs partenaires européens afin de favoriser les échanges commerciaux et de mieux exploiter les opportunités offertes par l’EVFTA.

Au port de Cai Cui à Can Tho. Photo d'illustration : VNA

UOB relève à 9,2 % ses prévisions de croissance du PIB vietnamien pour 2026

La banque singapourienne UOB a relevé ses prévisions de croissance du PIB du Vietnam pour 2026 à 9,2 %, contre 8,5 % précédemment, après une croissance du troisième trimestre supérieure aux attentes et la révision à la hausse des résultats des deux premiers trimestres. Toutefois, elle estime que l’objectif de 10 % restera difficile à atteindre.

Le vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc, chef du Comité directeur central pour la politique du logement et le marché immobilier, s’exprime lors de la réunion. Photo : VNA

Immobilier : le gouvernement tape du poing sur la table contre les spéculateurs

Le vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc, chef du Comité directeur central pour la politique du logement et le marché immobilier, a appelé à régler définitivement le sort des projets en souffrance depuis longtemps et à lancer les activités des projets dont les blocages ont été levés, permettant ainsi de libérer des ressources et d’accroître l’offre, notamment de logements abordables.