Hô Chi Minh-Ville (VNA) - Les autorités de Hô Chi Minh-Ville ont ordonné un contrôle de température à distance obligatoire pour tous les passagers arrivant aux points de contrôle frontaliers afin de détecter et de prévenir toute entrée du virus sur le territoire vietnamien, assurant ainsi la sécurité publique pendant les prochaines vacances du Nouvel An lunaire (Têt) 2026.
Conformément à un nouveau plan, les mesures de surveillance aux points d’entrée internationaux, notamment l’aéroport international de Tân Son Nhât et les ports maritimes, seront renforcées tout en assurant la fluidité du trafic passagers. Des systèmes de contrôle de température à distance fonctionneront en continu afin d’identifier les voyageurs présentant des signes de fièvre.
Les passagers arrivant de zones touchées par le virus Nipah ou y transitant et présentant des symptômes suspects feront l’objet d’une évaluation épidémiologique approfondie par le personnel médical et seront placés en isolement immédiat si nécessaire. Parallèlement, les services de santé de la ville ont activé des réseaux de surveillance communautaires pour détecter les cas précoces et retracer les contacts étroits.
En prévision d’éventuels besoins en matière de traitement, Hô Chi Minh-Ville a demandé aux établissements de santé de revoir et de mobiliser d’urgence leurs ressources. Le personnel médical, les médicaments, le matériel et les zones d’isolement doivent être prêts à accueillir et à soigner les patients en cas d’apparition de nouveaux cas. Les médecins et les soignants bénéficieront d’une formation actualisée sur les dernières recommandations en matière de diagnostic et de traitement, tandis que les mesures de prévention et de contrôle des infections seront renforcées afin de protéger le personnel médical en première ligne.
Cette décision intervient dans un contexte de vives inquiétudes régionales, suite à la confirmation, le 7 février, par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’un décès dû au virus Nipah au Bangladesh. Auparavant, deux soignants dans l’État indien du Bengale-Occidental avaient également été testés positifs.
Aucun vaccin n’existe contre ce virus, qui se transmet généralement aux humains par les animaux – notamment les chauves-souris mangeuses de fruits, dites frugivores, ou les porcs – ou par des aliments contaminés et dont le taux de mortalité varie de 40 à 75 %, selon l’OMS. Les symptômes comprennent une fièvre intense, des vomissements et une infection respiratoire, mais les cas graves peuvent se caractériser par des convulsions et une inflammation cérébrale entraînant un coma.
La première épidémie de Nipah a été enregistrée en 1998 après que le virus s'est répandu parmi les éleveurs de porcs en Malaisie. Le virus porte le nom du village de ce pays d'Asie du Sud-Est où il a été découvert. Nipah avait tué plus de 100 personnes en Malaisie et entraîné l’abattage d’un million de porcs dans le but de contenir la maladie. L’épidémie s’était également propagée à Singapour, avec 11 cas et un décès parmi les travailleurs des abattoirs entrés en contact avec des porcs importés de Malaisie.
À ce jour, le Vietnam n’a signalé aucun cas d’infection par le virus Nipah. Cependant, le ministère de la Santé appelle la population à la vigilance, déconseillant la consommation de fruits présentant des traces de morsures de chauves-souris ou d’oiseaux et mettant en garde contre la consommation de sève de palmier crue ou de sève de noix de coco fraîche.
Les experts soulignent que le virus Nipah se transmet principalement par contact avec les fluides corporels d’animaux ou d’humains infectés. Bien que son potentiel de transmission respiratoire soit inférieur à celui du Covid-19, rendant une pandémie mondiale moins probable, le virus représente une menace sérieuse pour la santé individuelle en raison de la gravité de la maladie qu’il provoque. – VNA