La révolution industrielle 4.0 menace les travailleurs non qualifiés

Malgré un niveau technique et un savoir faire toujours plus grand, les travailleurs vietnamiens restent principalement actifs dans des domaines exigeant peu de techniques spécialisées.
La révolution industrielle 4.0 menace les travailleurs non qualifiés ảnh 1Afin d’affronter la concurrence de l’industrie 4.0, il faut diversifier les formations, mettre l’accent sur l’automatisme et les métiers de technique de pointe. Photo : VNA/CVN

Hanoï (VNA) - Malgré un niveau technique et un savoir faire toujours plus grand, les travailleurs vietnamiens restent principalement actifs dans des domaines exigeant peu de techniques spécialisées. C’est un véritable handicap dans un contexte où l’industrie 4.0 prend essor. Des mesures effectives sont essentielles pour assurer la stabilité du marché de l’emploi.

Les travailleurs qualifiés, pendant la période 2009-2019, représentaient à peine plus de 23% du total des travailleurs au Vietnam. Cela signifie aussi que les travailleurs non formés et n’ayant pas de techniques spécialisées représentaient donc 77% du total des travailleurs.

L’industrie 4.0 a changé rapidement tous les secteurs socio-économiques, avec l’arrivée de la robotique, de l’Internet des objets, de l’intelligence artificielle ou de la technologie numérique.

Et pourtant, toute médaille a son revers. Avec tous ses avantages cumulés, l’industrie 4.0 constitue également une vraie menace pour les travailleurs non formés. En premier lieu, la productivité des travailleurs vietnamiens est basse par rapport à d’autres pays de la région de l’Asie du Sud-est. Concrètement, elle est équivalente à seulement 7,6% de la productivité singapourienne, 19,5% de la productivité malaisienne, 37,9% de la productivité thaïlandaise, 45,6% de la productivité indonésienne, 56,9% de la productivité philippine et 6,89% de celle de Brunei.

Ainsi, afin d’augmenter leur productivité, les entreprises entendent innover en appliquant les nouvelles technologies disponibles, mais le risque est que les travailleurs non formés se retrouvent au chômage.

Selon une prévision de l’Organisation internationale du travail faite en 2019, dans les dix prochaines années, en appliquant les technologies 4.0, le Vietnam devra faire face au risque que 70% des emplois pourraient être perdus ou remplacés. Plus de 83% des travailleurs dans les secteurs agricole, sylvicole et aquacole, plus de 74% des travailleurs dans la transformation et la fabrication, 84% des travailleurs dans l’habillement et 75% dans la numérisation seront remplacés par des machines et robots.

Bien se préparer pour affronter les enjeux de l’industrie 4.0

Afin de faire face à la concurrence des machines, il convient de prendre des mesures adéquates pour assurer les postes. Ces mesures doivent être axées sur le recentrage de l’Homme pour que toutes les personnes actives aient encore de la chance de trouver un travail.

L’industrie 4.0 permet de multiplier la productivité, mais si l’on ne s’intéresse pas aux personnes perdant leur travail, cela influence aussi gravement et durablement l’Homme. Ainsi, la première mesure à prendre est d’inciter et de promouvoir l’investissement dans l’industrie, dans la création de start-up et d’entreprises pour agrandir et diversifier le marché de l’emploi.

En deuxième lieu, il est nécessaire d’améliorer le niveau des travailleurs ou de proposer des formations professionnelles. La demande en travailleurs bien formés est élevée, surtout dans les secteurs économiques primordiaux. Les domaines comme Internet des objets, l’intelligence artificielle, les données massives ou les technologies informatiques sont le futur. Les formations, dans ce cas-là, visent à préparer les travailleurs qui savent bien profiter des vagues d’investissements et de l’implantation d’entreprises exogènes dans le contexte où le Vietnam réalise son double objectif : lutte contre la pandémie de COVID-19 et renforcement de la croissance économique.

En troisième lieu, sous l’angle de l’agriculture, il convient de former les travailleurs à l’agriculture high-tech et l’élaboration de la nouvelle ruralité. Il faut d’autre part encourager les entreprises à ouvrir des centres de formation dans les régions rurales et à s’associer avec les établissements d’apprentissage et les centres d’éducation.

En termes de formation professionnelle, il faut diversifier les types de formations proposées, mettre l’accent sur celles relatives à l’automatisme, aux services, les formations se basant sur la science, la technologie, l’ingénierie et les maths (STEM), élargir la formation à destination des personnes terminant le collège et qui ont l’intention de suivre ensuite une formation professionnelle et non pas de s’inscrire dans un lycée. Les établissements d’enseignement supérieur doivent innover dans la manière de donner les cours, ces derniers peuvent être donnés soit à distance soit en présentiel, proposer des formations de nouvelles facultés, comme les soins de santé, les services familiaux, collaborer avec les établissements étrangers pour perfectionner la qualité de la formation, surtout celles de STEM. -CVN/VNA

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