La musique romantique d’avant-guerre

Au Vietnam, le terme tiên chiên (avant-guerre) évoque les années qui précédèrent la première guerre de résistance (1945-1954). Ainsi, tiên chiên désigne la période pré-révolutionnaire.
Hanoi, 7 avril (VNA) - Au Vietnam, le terme tiên chiên (avant-guerre) évoque les années qui précédèrent la première guerre de résistance (1945-1954). Ainsi, tiên chiên désigne la période pré-révolutionnaire.
La musique romantique d’avant-guerre ảnh 1La première guerre de résistance et la Révolution d’Août 1945 ont marqué au Vietnam un profond bouleversement auquel la création musicale n’a pas échappé.

Dans le domaine artistique, la Révolution d’Août 1945 constitue une ligne de démarcation idéologique et sentimentale entre deux époques. Pour illustrer ce propos, prenons comme exemple la musique et en particulier la chanson romantique!

Le mouvement de Musique nouvelle (Tân nhac) ou de Musique rénovée (Nhac cai cách) a commencé vers 1936 pour durer jusqu’au début de la Révolution de 1945. Dans le contexte socio-politique du Vietnam de cette époque-là, les intellectuels d’avant-garde, une bonne partie de la bourgeoisie instruite et, surtout, la jeunesse, supportaient mal le poids de la servitude coloniale et le carcan de la morale traditionnelle basée essentiellement sur le confucianisme. Ils avaient soif de liberté, pour leur Patrie et pour eux-mêmes.

Politiquement, en dehors de ceux engagés dans des groupes révolutionnaires, la plupart d’entre eux optaient pour la lutte sociale (par exemple la lutte contre l’analphabétisme) et entretenaient un patriotisme plutôt discret, nourri de souvenirs épiques relatifs au combat contre l’agresseur chinois.

L’association scoute créée par Hoàng Dao Thúy répondait en ce sens aux aspirations des jeunes en leur fournissant un idéal assez vague pour n’être pas compromettant: l’apprentissage de l’amour de sa Patrie, de la nature, de l’humanité en général, le culte de la discipline, du courage et du savoir-faire, toutes ces grandes valeurs n’inquiétaient guère les autorités coloniales.

De plus, l’individualisme longtemps bridé par le rigorisme de l’idéal communautaire s’est réveillé au contact de la culture française. Sur le plan familial, les jeunes réclamaient l’amour libre qui devait mener à un mariage consenti des deux côtés et non plus aux mariages arrangés par les parents. Le mouvement de Poésie nouvelle (Tho moi) des années
1930 exaltait ce nouveau frisson.

Cette soif de la liberté pour le pays et pour l’individu s’est donc cristallisée dans un romantisme qui trouve entre autres un moyen d’expression dans la Musique nouvelle. Ce mouvement s’est créé dans le sillage des chansons françaises de Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Tino Rossi, Rina Ketty…, introduites au Vietnam grâce aux films et aux disques. On se mit à écrire des paroles vietnamiennes pour les accommoder aux airs étrangers. Ce métissage cacophonique indisposait quelquefois les oreilles délicates.

Musiciens autodidactes
La musique romantique d’avant-guerre ảnh 2Le musicien autodidacte Van Cao, auteur de l’Hymne national du Vietnam.

Photo: CTV/CVN



Vers le milieu des années 1930, un certain nombre de musiciens autodidactes (en particulier de Hanoï, Hai Phong et Nam Dinh tels que Nguyên Xuân Khoát, Lê Thuong, Lê Yên, Doan Mân, Thâm Oanh, Duong Thiêu Tuoc, Dang Thê Phong, Van Cao et Hoàng Quy, Tô Vu) composèrent des airs pour des chansons en vietnamien impulsant ainsi la musique vietnamienne moderne. Certains chercheurs distinguent plusieurs tendances dans la Musique nouvelle (ou rénovée): elle évoque des thèmes romantiques, historiques (lutte contre l’envahisseur chinois), révolutionnaires ou basés sur la jeunesse.

Le romantisme de cette musique anime tous ces courants pendant les premières années de la première guerre de résistance. Un même compositeur écrivait des chansons patriotiques appelant au sacrifice de soi et des romances non moins enflammées. À partir des années 1950 et jusqu’à la fin de la guerre américaine (1975), le pays - tendu pour un combat de survie - n’écoutait plus guère de chansons exprimant l’amour pour l’amour, la mélancolie ou le désespoir (surtout dans la partie Nord).

Le 8 octobre 1997, une soirée musicale rétrospective inspirée par Tô Vu, membre du groupe Dông Vong (Résonnance) comprenant Hoàng Quy, Van Cao et Pham Ngu, a permis à un public enthousiaste, composé de septuagénaires et de jeunes étudiants, de vivre les deux romantismes du tiên chiên.

Le romantisme individualiste s’exprime dans des chansons telles que La voisine de Hoàng Quy (l’absent revient chez lui juste au moment où son aimée se marie avec un autre) ou Sons de cloche d’un crépuscule d’automne de Tô Vu.

Le romantisme patriotique et même révolutionnaire vibre dans des morceaux tels que les Volontaires de la Mori de Hoàng Quy que chantaient des combattants de la libération en allant à l’assaut, ou dans des chansons évoquant les exploits de nos ancêtres dans la lutte contre l’envahisseur: Sur le fleuve Bach Dang, Fleuves et monts de Lam Son de Hoàng Quy.  - CVN/VNA

Voir plus

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.

À l'approche du Nouvel An lunaire, les vidéos expliquant comment préparer les festins traditionnels du Têt reçoivent de plus en plus de « j'aime » et de commentaires. Photo : tienphong.vn

Le Têt et la vague du « retour au village natal »

Des millions de vues pour les vidéos de confiseries traditionnelles, des dizaines de milliers de partages pour les vlogs sur le Têt au village : autant de contenus qui ont inspiré de nombreux jeunes à prolonger leur séjour à la maison, à apprendre à cuisiner les plats de leur grand-mère ou de leur mère, à consigner les souvenirs familiaux et à les partager en ligne. De là est née une vague discrète mais profonde : le phénomène du « retour au village natal ».

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

Avec l'évolution de la société, de nombreuses coutumes liées au Têt se sont peu à peu estompées. Cependant, la préparation du "bánh chưng" (gâteau de riz gluant) demeure une tradition culturelle emblématique du peuple vietnamien, perpétuée chaque année par de nombreuses familles. À l’approche du Têt, les générations de descendants se rassemblent pour préparer le "bánh chưng", choisissant soigneusement les plus beaux gâteaux à déposer sur l’autel des ancêtres en hommage et en respect des traditions.

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Le Têt permet de se retrouver en famille. Plus les plateaux sont riches, plus cela exprime le respect envers les ancêtres. Les plateaux traditionnels du Nouvel An lunaire se composent de nombreux mets et symbolisent tous divers souhaits et vœux de chaque famille pour la nouvelle année. Les plateaux du Têt sont également très colorés : le vert du banh chung mélangé au rouge du riz gluant en passant par le jaune des pousses de bambou...

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

A la Foire du Printemps 2026, le pavillon de Huê s’est imposé comme l’un des espaces les plus attractifs, captivant un très nombreux public grâce à une scénographie profondément imprégnée de l’âme et de l’identité culturelle de l’ancienne capitale impériale. Les produits emblématiques de Huê y sont présentés avec soin : áo dài aux lignes gracieuses, chapeaux coniques en herbe cỏ bàng, bâtons d’encens au bois d’agar aux parfums envoûtants, fleurs en papier de Thanh Tiên… Sans oublier les objets artisanaux typiques et les spécialités culinaires qui font la renommée de la région.
L’ensemble crée une expérience immersive et authentique : les visiteurs déambulent dans un univers où se mêlent élégance royale, savoir-faire ancestral et douceur du quotidien huéen, redécouvrant ainsi, le temps d’une visite, la quintessence raffinée de l’ancienne capitale impériale.

Phung Thi Hông Tham remporte la médaille d'or dans la catégorie amateur féminine des 63 kg aux Championnats du monde de Kun Khmer 2026. Photo : nld.com.vn

Le Vietnam brille aux Championnats du monde de Kun Khmer

Ces résultats placent provisoirement le Vietnam en tête du classement des médailles avec quatre médailles d’or et une d’argent. Ce classement pourrait toutefois évoluer, car une vingtaine de finales supplémentaires, dans les catégories seniors, juniors et jeunes talents, sont prévues le 12 février.