La dévaluation du yuan chinois est-elle inquiétante pour l’économie du Vietnam ?

La soudaine baisse du yuan a provoqué une vague d'interrogations chez les experts. Depuis la dévaluation surprise du yuan le 11 août, les experts du monde entier se posent de nombreuses questions.
La dévaluation du yuan chinois est-elle inquiétante pour l’économie du Vietnam ? ảnh 1La dévaluation du yuan chinois est-elle inquiétante ? Photo : AFP/VNA

La soudaine baisse du yuan a provoqué une vague d'interrogations chez les experts. Depuis la dévaluation surprise du yuan le 11 août, les experts du monde entier se posent de nombreuses questions : Qu'est-ce que la Chine veut faire en réalité ? Est-ce que ce pays veut améliorer ses exportations ? Doit-on s'attendre à des guerres monétaires ?. En attendant des réponses, les exportateurs vietnamiens s’inquiètent.

Le 13 août, la Chine a baissé de plus de 1% son taux de référence du yuan face au dollar, une forte diminution pour un troisième jour consécutif, accentuant de facto la dévaluation de sa monnaie, a annoncé l’opérateur national du marché des changes PBOC (Banque populaire de Chine).

C’était le troisième jour consécutif que l’institution réduisait nettement ce taux de référence, déjà abaissé de presque 2% le 11 août, puis d’environ 1,6% le 12 août. Cela a été la plus brutale dépréciation de la monnaie chinoise depuis plus de deux décennies et la mise en place par Pékin de son système de change actuel.

Les annonces de la PBOC ont été considérées comme autant de dévaluations successives du yuan, même si la banque centrale s’en défendait, assurant qu’il s’agissait, au contraire, de rapprocher sa valeur du marché réel.

D'après le Financial Times, la raison principale de la décision de Pékin est l'autodéfense. La monnaie chinoise a perdu presque 2% de sa valeur. Le ralentissement économique est plus important que l'estimaient les autorités du pays : les exportations ont reculé de 8,3%, la croissance, qui devait atteindre 7%, pourrait finalement n’être que de 4%, et des investissements dans l'économie chinoise qui, selon les statistiques officielles, n’ont augmenté que de 11,4%.

La qualité d’acteur clé du commerce international de la Chine rend certaines les conséquences - notamment le jeu de mécanismes de déflation - de sa dévaluation tout le long de la chaîne de celui-ci, outre que cette mesure monétaire générera une pression certaine sur les concurrents de ce pays. En sorte que ce problème d’abord propre à la Chine est désormais devenu celui du monde entier, fait remarquer le Wall Street Journal.

 


Une incidence certaine sur les exportations vietnamiennes, notamment agricoles

 

Faut-il s’inquiéter pour l’économie vietnamienne ? Oui, sauf à préciser qu’il faut s’inquiéter pour l’économie de toute la planète ! La dévaluation du yuan va favoriser les entreprises chinoises dans leurs exportations, et les importations par la Chine vont diminuer, indique le docteur Pham Sy Thành, directeur programme des études économiques chinoises de l’Institut des études économiques et des politiques du Vietnam. En effet, bénéficiant d’un regain de compétitivité-prix, les produits chinois s’exporteront plus facilement, tandis qu’avec une monnaie plus faible, elles diminueront leurs importations.

Au Vietnam, cette dévaluation de la monnaie chinoise va avoir une incidence sur la balance du commerce avec la Chine qui est largement déficitaire et, au-delà, sur les exportations du pays reposant sur des matières premières chinoises par exemple, a averti le Centre national des informations et des prévisions économiques.

Les exportations de produits agricoles vers la Chine, qui en est le plus grand consommateur, vont aussi certainement diminuer en termes de chiffre d’affaires. Déjà, le prix des fruits exportés en Chine a fortement baissé suite aux informations de dévaluation du yuan chinois, a déploré Trân Ngoc Hiêp, vice-président de l’Association des fruits et des légumes du Vietnam et gérant de la sarl Thanh Long Hoàng Hâu.

Les entreprises de transformation de la noix de cajou destinée à l’exportation se soucient également de cette dévaluation. Nguyên Duc Thanh, vice-président de l’Association des transformateurs de la noix de cajou du Vietnam, prévoit une baisse de 9% du volume exporté vers la Chine cette année.
 
Le chiffre d’affaires à l’exportation des produits agricoles du Vietnam de ces sept premiers mois de l’année a reculé de 3,6% sur un an avec 16,7 milliards de dollars, sachant que la Chine représente 89,36% de ces exportations. -CVN/VNA

Voir plus

Le Premier ministre Pham Minh Chinh s'exprime lors de la réunion du 10 mars. Photo: VNA

Le Vietnam déterminé à garantir l’approvisionnement énergétique

Avec la détermination de ne laisser survenir aucune pénurie d’énergie dans quelque circonstance que ce soit, le chef du gouvernement a indiqué que le Vietnam avait pris des mesures rapides et flexibles, notamment la création du groupe de travail sur la sécurité énergétique et la promotion de la diplomatie énergétique.

 La 5G ouvre une nouvelle ère pour l’économie numérique

La 5G ouvre une nouvelle ère pour l’économie numérique

La Résolution n°57-NQ/TW du Bureau politique, relative aux percées dans le développement des sciences et des technologies, de l’innovation et de la transformation numérique nationale, affirme clairement que les infrastructures numériques doivent précéder le développement, en constituant le socle de l’économie numérique, de la société numérique et du gouvernement numérique. Dans ce contexte, le déploiement et le développement du réseau 5G au Vietnam ne représentent pas seulement une avancée technologique majeure, mais aussi un moteur essentiel pour stimuler une croissance économique durable, renforcer la compétitivité nationale et soutenir le processus d’industrialisation et de modernisation.

Récole de poivre. Photo: VNA

Poivre vietnamien : paradoxe 2026 entre prix records et production en recul

La récolte de poivre 2026 débute dans les principales régions productrices du Vietnam, dans un contexte de prix élevés dépassant 150.000 dôngs le kilogramme. Si cette hausse promet de meilleurs revenus pour les agriculteurs et les entreprises, la filière reste confrontée à un paradoxe : la superficie cultivée diminue, obligeant le pays à augmenter ses importations malgré une demande mondiale en reprise.

Les mesures de régulation prises par le gouvernement et les ministères ont permis de maintenir la stabilité du marché national. Photo: VNA

Stabilisation du marché des carburants et baisse des achats de précaution

Afin d’encourager les importations et de mettre fin à la rétention de stocks, les prix nationaux ont été ajustés pour suivre de près l’évolution des cours mondiaux. Selon les départements provinciaux de l’Industrie et du Commerce, depuis l’ajustement tarifaire du 8 mars, les files d’attente et les achats de précaution ont sensiblement reculé.