Invalides de guerre, ils font fortune en temps de paix

Nguyên Duc Thuong et Pham Thanh Xuân sont deux invalides de guerre ayant surmonté leurs handicaps. En temps de paix, ils font désormais fortune et font preuve d'exemple dans le développement de l'économie.
Invalides de guerre, ils font fortune en temps de paix ảnh 1Nguyên Duc Thuong dans son atelier de confection de cabas.
Photo : BTB/CVN

Hanoi (VNA) - Nguyên Duc Thuong et Pham Thanh Xuân sont deux invalides de guerre ayant surmonté leurs handicaps. En temps de paix, ils font désormais fortune et font preuve d'exemple dans le développement de l'économie de leurs familles. Rencontres.

Après la guerre, le Vietnam a recensé bien des vétérans revenus dans leur famille grièvement blessés et devant faire face aux handicaps. Néanmoins, bon nombre d’entre eux, dotés d’une volonté de fer, ont su vaincre leur invalidité pour parvenir à une réinsertion sociale parfaite et même à un développement économique remarquable. Nguyên Duc Thuong, 75 ans, domicilié dans la commune de Tiên Duc de la province de Thai Binh (Nord), en est un bel exemple.

Monter une entreprise

Engageant la conversation dès la sortie de son atelier de confection, il raconte ses années dans l’armée. En 1969, comme beaucoup d’autres jeunes du village, Thuong rejoint les champs de bataille du Sud-Est contre les Américains. "En 1971, j’ai été blessé et en 1977, démobilisé avec un degré d’invalidité de 4 (le pourcentage d’invalidité allant de 21% à 40%, ndlr). Les années de combats m’ont non seulement enlevé une partie du corps et du sang mais m’ont également exposé à l’agent orange/dioxine, ce qui a fortement réduit ma santé et ma capacité de travail".

Cependant, en tant que combattant de l’Oncle Hô, l’invalide de guerre ne se permet pas de reculer devant les difficultés. Une fois de retour chez lui, il est toujours resté aux côtés de sa femme pour développer l’économie familiale. Après de nombreuses années à affronter les difficultés quotidiennes, en 2008, le vétéran ouvre un établissement de confection de cabas pour une entreprise de l’armée.

"Avec un investissement initial d’environ 2 milliards de dôngs, j’ai construit un atelier équipé de machines à coudre et recruté des travailleurs locaux. Après un an, l’établissement a su garantir une production mensuelle de 20.000 sacs". Grâce aux efforts déployés par lui-même et sa famille, M. Thuong réussit à en faire un mini "empire", fort de 20 machines à coudre et de deux ateliers satellites, créant des emplois pour près de 100 travailleurs payés chacun entre 4,5 et 6 millions de dôngs par mois. Le revenu annuel est supérieur à 2 milliards, dont 200 à 300 millions de bénéfices.

"Son usine fonctionne à plein régime avec des commandes stables. Il s’agit d’un environnement de travail très convenable pour nous, les femmes ouvrières", s’enthousiasme Nguyên Thi Nhung, employée.

En 2018, M. Thuong et sa famille investissent plus de 5 milliards de dôngs supplémentaires pour ouvrir une nouvelle usine spécialisée dans la machinerie de haute technologie pour la découpe de métal et la pulvérisation de peinture automatique... À l’heure actuelle, l’atelier reçoit de plus en plus de commandes. "En 2018, je suis moi aussi revenu de l’armée. C’est à travers un ami que je suis venu chez M. Thuong pour demander un emploi et j’ai été recruté comme mécanicien", se souvient l’ouvrier Nguyên Van Trai, venu de la province de Hung Yên (Nord).

Parlant de Nguyên Duc Thuong, Dô Xuân Du, président de l’Association des anciens combattants de la commune de Tiên Duc, ne tarit pas d’éloges : "Étant un vétéran infecté par l’agent orange/dioxine, M. Thuong a toujours fait de son mieux pour surmonter les défis, faire fortune pour sa famille et créer des emplois à de nombreux ouvriers locaux".

Un vétéran reconvertit dans l’apiculture

À l’image de M. Thuong, l’invalide de guerre Pham Thanh Xuân, 74 ans, a affronté à bras le corps les difficultés de la vie. Lors d’un heurt avec l’ennemi à Kon Tum (hauts plateaux du Centre), Xuân est blessé par des éclats d’obus. Il perd la moitié de son bras gauche et souffre depuis de douleurs dues à de petits morceaux d’éclats d’obus incrustés dans son corps.

En 1990, le quadragénaire est démobilisé avec un degré d’invalidité de 2/4 (ceux qui perdent entre 61% et 80% de leur capacité de travail). De retour chez lui, avec sa femme, M. Xuân cherche à développer la production agricole familiale afin de subvenir aux besoins des siens. Choisissant l’économie fermière, il se lance dans la riziculture, la culture de maïs, la pisciculture, l’élevage bovin et caprin et s’oriente désormais vers l’apiculture.

Une route ombragée mène à sa ferme à Bao Hà, une commune de la province de Lào Cai (Nord-Ouest). Petit et agile, le directeur de la Sarl Thanh Xuân amène les visiteurs dans la zone d’extraction du miel et montre les équipements modernes capables d’exploiter plusieurs milliers de litres par an. Avant de devenir un apiculteur milliardaire célèbre à Lào Cai, M. Xuân a dû passer plusieurs années à trouver des essaims d’abeilles capables d’assurer une grande rentabilité. Après avoir échoué avec les espèces locales, il se rend dans le Sud pour acheter 80 essaims importés.

Grâce aux connaissances et techniques acquises lors de formations au Centre de l’apiculture à Hanoï, il réussit à en reproduire 300. En 1995, M. Xuân créé alors sa société d’apiculture. Ses produits,  dont le miel pur, la gelée royale et le pollen, ont été reconnus par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural comme produits agricoles de qualité et s’arrachent même à l’étranger. En outre, son modèle se multiplie dans toute la province, permettant aux apiculteurs locaux de recevoir entre 200 et 250 millions de dôngs de revenu par an.

Grâce à ses contributions au développement de l’économie locale, en 2017, Pham Thanh Xuân s’est vu décerner l’Ordre du Travail de troisième classe ainsi qu’un satisfecit du Premier ministre. Outre l’apiculture, il cherche également à aider les habitants locaux à développer l’économie forestière. -CVN/VNA


Voir plus

Récole de poivre. Photo: VNA

Poivre vietnamien : paradoxe 2026 entre prix records et production en recul

La récolte de poivre 2026 débute dans les principales régions productrices du Vietnam, dans un contexte de prix élevés dépassant 150.000 dôngs le kilogramme. Si cette hausse promet de meilleurs revenus pour les agriculteurs et les entreprises, la filière reste confrontée à un paradoxe : la superficie cultivée diminue, obligeant le pays à augmenter ses importations malgré une demande mondiale en reprise.

Les mesures de régulation prises par le gouvernement et les ministères ont permis de maintenir la stabilité du marché national. Photo: VNA

Stabilisation du marché des carburants et baisse des achats de précaution

Afin d’encourager les importations et de mettre fin à la rétention de stocks, les prix nationaux ont été ajustés pour suivre de près l’évolution des cours mondiaux. Selon les départements provinciaux de l’Industrie et du Commerce, depuis l’ajustement tarifaire du 8 mars, les files d’attente et les achats de précaution ont sensiblement reculé.

Cette entreprise dispose de la deuxième plus grande chaîne intégrée de production et d’exportation de pangasius au monde. (Photo : VNA)

Navico met en pratique l’esprit de la Résolution 57-NQ/TW dans la filière du pangasius

Leader incontesté du pangasius au Vietnam, la Société par actions Nam Viet (Navico) maîtrise l’ensemble de la filière — de l’élevage à l’exportation — et possède la deuxième plus grande chaîne de production en circuit fermé au monde. Le développement concret de Navico, avec sa zone d’élevage de haute technologie et sa chaîne de production intégrée, constitue un exemple parlant de la mise en œuvre de la Résolution n°57-NQ/TW du 22 décembre 2024 du Bureau politique relative aux percées dans le développement des sciences, des technologies, de l’innovation et de la transformation numérique.

À 15 heures le 7 mars, les prix des carburants au Vietnam ont été fortement ajustés à la hausse. Photo: VNA

Forte hausse des prix des carburants à partir du 7 mars

Selon la nouvelle grille tarifaire, l’essence E5RON92 est désormais plafonnée à 25 226 dongs le litre, soit une hausse de 3 777 dongs par rapport à la période précédente. L’essence RON95-III atteint un maximum de 27 047 dongs le litre, en augmentation de 4 707 dongs.