Intensifier les exportations agricoles formelles vers la Chine

Le ministère de l’Industrie et du Commerce recommande aux entreprises, qui expédient des produits agricoles vers la Chine, de répondre aux réglementations d’exportation.

Hanoï (VNA) - Le ministère de l’Industrie et du Commerce recommande aux entreprises, qui expédient des produits agricoles vers la Chine, de répondre aux réglementations d’exportation.

Actuellement, jusqu’à 70% des produits agricoles vietnamiens sont exportés vers la Chine via les postes-frontières de la province de Lang Son (Nord)de manière informelle (c’est-à-dire que les commerçants vietna-miens traversent la frontière pour échanger les produits avec leurs partenaires chinois). La simplicité des procédures fait que ce système est souvent choisi par les petits exportateurs vietnamiens. Mais les nombreux risques encourus les poussent à s’orienter vers le commerce formel.

Intensifier les exportations agricoles formelles vers la Chine ảnh 1

Les échanges des produits agro-sylvico-aquatiques entre le Vietnam et la Chine ont atteint 12,6 milliards d’USD en 2021.Photo : VNA/CVN

Les exportations agricoles vietnamiennes formelles sont exemptées de tout droit de douane par la Chine qui exige, en revanche, à ses importateurs de payer des frais d’importation. Cela explique pourquoi beau-coup d’importateurs chinois préfèrent les échanges informels.

Les risques à encourir

“Si je suis exempté de droits de douane, mes partenaires chinois doivent au contraire payer les frais d’importation. Ces frais vont doubler si les produits sont importés de manière formelle. Par exemple, pour importer de manière formelle un paquet de fruits du dragon, nos partenaires chinois doivent payer 5 yuans alors que ces frais ne seront que de 2 yuans s’ils l’importent informellement. Certes, les risques sont nombreux pour ces échanges informels, par exemple lorsque le transport de marchandises à travers la frontière est ralenti pour une raison ou une autre, la qualité des produits en pâtira, mais tant que la frontière restera ouverte, je continuerai de faire des bénéfices”, précise Dinh Van Thai, un commerçant à Lang Son.

Un autre facteur explique pourquoi le commerce informel est souvent choisi par les entreprises des deux côtés. C’est que les exigences sur l’emballage et l’origine de produits ne sont pas strictes et les produits échangés sont également plus divers. Cependant, les autorités chinoises durcissent de plus en plus les normes appliquées pour les produits agricoles importés, les entreprises vietnamiennes doivent donc arrêter de voir la Chine comme un marché facile d’accès.

De l’avis de Nguyên Dinh Dai, directeur du Service de l’industrie et du commerce de la province de Lang Son, les entreprises domestiques doivent réorganiser rapidement leur production, améliorer la qualité de leurs produits et respecter les normes d’emballage pour pouvoir exporter de manière formelle en Chine. “Une réorganisation de la production s’impose, aujourd’hui plus que jamais. Toutes les étapes de production doivent répondre aux normes et aux exigences des importateurs. La qualité des produits doit être améliorée“, affirme-t-il.

D’après Mai Xuân Thành, directeur adjoint du Département général des douanes, le Vietnam pourrait exporter beaucoup plus de produits agricoles vers la Chine qui est très demandeuse. À l’heure actuelle, la prévalence du commerce informel fait que nos produits sont essentiel-lement vendus dans les provinces chinoises proches de la frontière. Le commerce formel nous permettra d’exporter en grande quantité et à un prix stable vers d’autres localités chinoises, informe M. Thành. “Il est indéniable que le commerce transfrontalier informel a contribué au développement de l’agriculture vietnamienne au cours des dernières années. Cependant, cela présente des risques. À long terme et pour une exportation plus durable, les entreprises vietnamiennes doivent recourir aux échanges formels. Cela nous permettra de signer des con-trats et de vendre en grande quantité pour un meilleur chiffre d’affaires. La Chine restera un marché prometteur pour nos produits agricoles”, détaille-t-il. 

Exporter par les canaux officiels

Intensifier les exportations agricoles formelles vers la Chine ảnh 2

Les premiers lots de lichis frais sont bien exportés vers la Chine.

Photo : VNA/CVN

Lors de la conférence-bilan du secteur agricole en 2021, le Premier ministre Pham Minh Chinh a demandé aux ministères de l’Agriculture et du Développement rural, des Affaires étrangères et de l’Industrie et du Commerce de travailler ensemble pour augmenter le nombre de produits agricoles vietnamiens qui sont autorisés à être exportés de manière formelle vers la Chine. Les collectivités locales sont appelées à renforcer les contrôles dans la délivrance de codes aux exploitations agricoles et à sanctionner les infractions en matière d’emballage. L’objectif est de répondre aux exigences du marché chinois avant de conquérir d’autres marchés tels que la République de Corée, l’Europe, les États-Unis ou encore le Japon.

Après quatre ans de négociations, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Lê Minh Hoan a signé le 11 juillet un protocole sur les exigences phytosanitaires pour les durians exportés vers la Chine. Ces fruits vietnamiens seront officiellement autorisés à être importés sur le marché chinois après la publication de ce protocole sur le site web de l’Administration générale des douanes de Chine, avec une liste des zones de culture du durian et des emballages approuvés. En vertu du protocole, des durians frais vietnamiens doivent se conformer aux lois, réglementations et normes chinoises relatives à l’hygiène alimentaire, ainsi qu’aux exigences phytosanitaires.

Outre les exigences sur la quarantaine végétale avant l’exportation, l’Administration générale des douanes de Chine recommande que les zones de culture et les installations de conditionnement des fruits de la passion soient enregistrées et approuvées par elle-même et par le Département de la protection des végétaux sur les bonnes pratiques agricoles. Ces normes portent sur l’enregistrement et l’archivage des informations sur la surveillance des résidus de pesticides, sur la garantie de la sécurité et de l’hygiène pour la prévention et le contrôle de l’épidémie de COVID-19…

Selon le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, la production annuelle du durian au Vietnam était estimée à 642.600 tonnes en 2021, soit une hausse annuelle de 15%. Le durian est exporté vers de nombreux pays mais principalement sous forme de segments pelés ou congelés. Ainsi, le durian est le 11e fruit du Vietnam autorisé à être exporté vers la Chine, après le fruit du dragon, la pastèque, le litchi, le longane, la banane, la mangue, le jacquier, le ramboutan, le mangoustan et le fruit de la passion. Le ministre Lê Minh Hoan a souligné que le passage de l’exportation non officielle à l’exportation officielle est une révolution qui nécessite de la persévérance, de la volonté et de la préparation de l’ensemble des systèmes de production et de commerce.

Le vice-secrétaire général de l’Association vietnamienne des exportateurs et producteurs de produits aquatiques (VASEP), Nguyên Hoài Nam, a noté que la Chine était un grand marché avec des exigences strictes, de sorte que la gestion de la qualité des exportations devrait être systématique, tout comme la façon dont le Vietnam exporte des marchandises vers des marchés tels que l’UE et le Japon. Il a également recommandé que les secteurs soient impliqués et que le rôle des ministères, des entreprises et des localités soit identifié afin d’aider les entreprises à accéder à l’information. En outre, il est nécessaire d’investir davantage dans la conservation des produits agricoles, et l’État devrait mettre en oeuvre des politiques foncières et de capitaux favorables pour attirer les investissements dans ce domaine, a ajouté M. Nam. -CVN/VNA

Voir plus

Dans le scénario de base, l’impact des tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient sur l’économie vietnamienne devrait rester limité. Photo : VNA

Les tensions au Moyen-Orient auraient un impact modéré sur l’économie vietnamienne

Selon Michael Kokalari, directeur de l’analyse macroéconomique et des études de marché chez VinaCapital, le conflit ne devrait pas affecter significativement le Vietnam. Les exportations vers le Moyen-Orient représentent moins de 3% du chiffre d’affaires total des exportations vietnamiennes, et la probabilité d’une campagne terrestre de grande ampleur et prolongée en Iran est jugée relativement faible.

Le vice-Premier ministre permanent Nguyen Hoa Binh lors de la réunion. Photo : VNA

Centre financier international : le Vietnam vise le top 10 en Asie-Pacifique d’ici 2045

Une réunion avec les ministères, agences et localités sur le parachèvement du règlement de fonctionnement et de la stratégie de développement du centre financier international du Vietnam (CFI), implanté à Ho Chi Minh-Ville et à Da Nang, ainsi que sur le programme de travail de son Conseil de direction, a eu lieu le 6 mars à Hanoï sous la présidence du vice-Premier ministre permanent Nguyen Hoa Binh.

VinFast renforce son réseau de motos électriques en Indonésie. Photo: Bnews

VinFast renforce son réseau de motos électriques en Indonésie

VinFast a signé des protocoles d’accord (MoU) stratégiques avec six distributeurs de motos électriques en Indonésie, marquant une nouvelle étape dans l’extension de son réseau de distribution sur l’un des plus grands marchés de motos de la région et du monde. 

L’événement "Taste of the UK – Semaine de la gastronomie britannique" est organisé pour la première fois à Ho Chi Minh-Ville, du 26 février au 11 mars. Photo: VNA

Le marché vietnamien séduit les marques alimentaires britanniques

L’événement "Taste of the UK – Semaine de la gastronomie britannique", organisé pour la première fois à Ho Chi Minh-Ville du 26 février au 11 mars, vise à promouvoir les produits alimentaires du Royaume-Uni et à permettre aux consommateurs vietnamiens de découvrir la cuisine britannique.

L'estuaire de Song Doc, l'un des plus grands estuaires du delta du Mékong. Photo : Huynh Anh - VNA

Ho Chi Minh-Ville renforce la lutte contre la pêche INN dans ses ports

Le vice-président du Comité populaire de Ho Chi Minh-Ville, Hoang Nguyen Dinh, a inspecté le 5 mars les activités de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) dans deux ports de pêche, soulignant l’importance du contrôle des navires et de la traçabilité des produits de la mer.