Hanoi (VNA) - La capitale comporte de nombreuses rivières et étendues d’eau. Mais elles sont de plus en plus polluées par les déchets en tous genres qui y sont déversés massivement chaque jour. Il est temps de réagir, et vite !
 
Ramassage des ordures dans la rivière Tô Lich. Photo : CVN

Hanoï comptait, fin 2015, 112 lacs et étangs, d’une superficie totale de près de 7 millions de mètres carrés. Considérés comme des patrimoines de la ville, ils contribuent à embellir l’espace urbain, mais surtout à rendre l’atmosphère plus respirable et à absorber un volume important d’eaux pluviales.

Des analyses alarmantes

Malheureusement, les analyses d’échantillons d’eau des 30 principaux lacs de la ville, réalisées par le Centre d’études de l’environnement, montrent que 14 d’entre eux souffrent d’une grave pollution. Les plus touchés (Linh Quang, Kim Liên, Ba Mâu, Van Chuong...) se trouvent dans l’arrondissement de Dông Da, au sud-ouest de la ville.

Les rivières sont aussi victimes de la pollution. Selon l’Office de la protection de l’environnement (Service municipal des ressources naturelles et de l’environnement), la teneur en ammonium et/ou en phosphate dans l’eau des rivières intra-muros  comme Kim Nguu, Tô Lich, Set, Nhuê ou Lu est dramatiquement plus élevée que les normes du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement.

En cause : le grand volume de déchets solides rejetés quotidiennement par la ville et la quantité toujours croissante d’eaux usées déversées dans les eaux de surface. Outre les ménages, les entreprises ont un énorme impact sur la pollution, la plupart ne respectant pas la réglementation sur l’environnement, notamment en termes d’eaux usées et industrielles. Et que dire des 1.270 villages de métiers, dont le développement des activités engendre aussi une pollution majeure, la protection de l’environnement étant la dernière de leurs préoccupations...

«La rivière Nhuê est polluée d’année en année. Ses eaux sont noires et son odeur est pestilentielle. Chaque jour, les habitants y jettent une grande quantité d’ordures de toutes sortes», se plaint Nguyên Thi Lan, domiciliée dans le quartier de Kiên Hung, arrondissement de Hà Dông.

Des aménagements très coûteux

L’eau polluée est responsable de graves maladies chez l’homme, bien souvent mortelles dans les pays en voie de développement. Environ 80% des maladies au Vietnam - notamment la diarrhée et la dysenterie - sont dues à la pollution de l’eau. Sans parler des effets à long terme...

«Le niveau de pollution des plans d’eau à Hanoï est alarmant. Au point de menacer la vie des habitants. Les usines profitent de chaque averse pour rejeter en toute impunité leurs eaux usées directement dans la nature», admet le secrétaire du Comité du Parti pour Hanoï, Hoàng Trung Hai.

Selon lui, malgré les fonds importants mobilisés par de nombreuses organisations pour pallier le problème, seuls 22% du volume des eaux usées sont traités. Pour faire revivre ses plans d’eau, la ville a donc besoin de trouver des milliers de milliards de dôngs supplémentaires. 

Si le tableau semble bien noir, les travaux avancent. En 2013, Hanoï a mis en service la station d’épuration de Yên So, dans l’arrondissement de Hoàng Mai. D’une capacité de 200.000 m3 par jour, elle traite les eaux usées avant leur rejet dans les rivières Set et Kim Nguu.
 
La station d’épuration de Yên So à Hanoï a été mise en service en 2013. Photo : DT/CVN
 
En octobre 2016, le système de traitement des eaux usées de Yên Xa, le plus grand du genre du Vietnam, dans la commune de Thanh Liêt, district de Thanh Tri, a été mis en chantier. D’un coût d’investissement de 16.200 milliards de dôngs, il comprend une station d’épuration d’une capacité de traitement de 270.000 m3 qui concernera les arrondissements de Ba Dinh, Câu Giây, Thanh Xuân, Dông Da, Hoàng Mai, Hà Dông et le district de Thanh Tri. Ce complexe sera mis en service en 2019.

En outre, un grand nombre de projets crédités d’un budget de plusieurs milliers de milliards de dôngs ont été élaborés comme le système de collecte et de traitement des eaux usées dans l’arrondissement de Hà Dông et le chef-lieu de Son Tây (3.800 milliards de dôngs) et celui dans le quartier de Phu Dô, arrondissement de Nam Tu Liêm (1.800 milliards).

Mobiliser tous les acteurs

Si cette pollution est préoccupante, encore une fois, des solutions existent. Plusieurs modèles de restauration et/ou d’embellissement sont à citer en exemples à Hanoï. Selon Truong Manh Tiên, président du Club des lacs de Hanoï, ces dernières années, ce club et l’Association des femmes des quartiers ont entrepris des activités efficaces pour sauver les lacs comme le nettoyage des berges chaque week-end.

Pour sa part, Nguyên Quang Vinh, secrétaire général adjoint de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam, estime qu’en dehors des efforts de la communauté et des autorités, les entreprises jouent et doivent jouer un rôle déterminant dans la protection de l’environnement. Récemment, la «Journée de nettoyage des lacs à Hanoï» a été organisée par le Conseil des entreprises pour le développement durable du Vietnam, laquelle est financée par quatre entreprises.

En outre, le Comité populaire de Hanoï a approuvé le projet d’assainissement des eaux de quatre rivières : Day, Nhuê, Tô Lich et Tich. Dans l’immédiat, la ville se concentre sur le traitement des eaux polluées de la rivière Tô Lich - en assurant un débit minimal pendant la saison sèche - et sur le Plan global de protection de l’environnement du bassin versant des rivières Nhuê et Day. D’ici 2020 enfin, la ville s’efforcera de séparer les eaux usées des eaux pluviales afin de les traiter avant de les rejeter dans les lacs. – CVN/VNA