Garantir le droit de tous les enfants d’aller à la maternelle

Le manque d’écoles maternelles est devenu un problème épineux à Hanoï. Un casse-tête pour les autorités locales qui cherchent une solution.
Garantir le droit de tous les enfants d’aller à la maternelle ảnh 1Dans une classe de l’école maternelle Mâm Non B à Hanoï. Photo: VNA/CVN

Ho Chi Minh-Ville (VNA) - Le manque d’écoles maternelles est devenu un problème épineux à Hanoï. Un casse-tête pour les autorités locales qui cherchent une solution.

Actuellement, à Hanoï, le réseau d’écoles maternelles publiques n’arrive pas à répondre à la demande des habitants. Les données du Service municipal de l’éducation et de la formation laissent apparaître que le nombre d’enfants en âge d’aller à la maternelle s’accroît d’année en année, à raison de 25.000-30.000 têtes supplémentaires par an. Cet accroissement est particulièrement marqué dans les quartiers résidentiels entourant les zones industrielles (ZI), celles-ci poussant comme "des champignons après la pluie" ces dernières années.

Selon Pham Xuân Tiên, directeur adjoint du Service municipal de l’éducation et de la formation de Hanoï, la capitale compte actuellement 17 (ZI) et zones de hautes technologies (ZHT), concentrées pour l’essentiel dans les districts suburbains de Dông Anh, Soc Son, Mê Linh, Thach Thât et Thuong Tin. Leur apparition rapide a entraîné l’arrivée de nombreux travailleurs dans ce secteur économique, de l’ordre de 146.000 actuellement, dont 70% de femmes. La plupart d’elles ont entre 18 et 25 ans, c’est-à-dire en âge de forte fécondité. Ainsi, annuellement, on y voit une augmentation remarquable du nombre d’enfants.

Dans la réalité, il n’existe dans chaque commune de ces districts industrialisés qu’une ou deux écoles maternelles publiques, évidemment surchargées. La "pénurie" d’établissements publics conduit évidemment à l’apparition continuelle de structures privées. Selon les statistiques, Hanoï compte actuellement quelque 320 écoles maternelles privées et près de 2.500 établissements indépendants (classes ou groupes de classes) éparpillés dans la banlieue.

Inconvénients des établissements privés

"Créées de façon spontanée face à la situation où la demande dépasse l’offre, les maternelles privées, notamment les établissements indépendants, présentent encore bien des inconvénients comme des ressources matérielles déplorables et une qualité professionnelle insuffisante de la part des institutrices", fait remarquer Nguyên Thi Binh, chef adjointe du Bureau de l’éducation et formation du district de Thanh Tri où existent près de 135 établissements indépendants. En effet, un certain nombre d’entre eux fonctionnent actuellement sans licence délivrée par l’administration, pourtant obligatoire. Beaucoup d’établissements sont loin de répondre aux critères requis comme ceux ayant des salles de classe trop étroites et n’ayant pas suffisamment de lumière la journée, un effectif d’élèves trop important, ne disposant pas d’aire de jeux ou d’appareils sanitaires convenables, des institutrices non-professionnelles… Et, comme la réalité l’a montré, ces insuffisances ont provoqué de mauvaises influences sur le développement tant physique que psychologique des enfants.

Parmi les ZI de Hanoï, celle de Bac Thang Long, installée dans la commune de Kim Chung, district de Dông Anh, embauche le plus grand effectif de travailleurs avec plus de 63.000 personnes. Ainsi, selon Hoàng Duc Khang, vice-président du Comité populaire de la commune de Kim Chung, celle-ci recense quelque 4.000 enfants en âge d’aller à la maternelle, tandis que les classes disponibles (publiques et privées) ne peuvent en accueillir que 2.200.

Afin d’obtenir une place pour leurs enfants, les parents ouvriers ont dû recourir à des classes créées spontanément dans les demeures même des habitants. En effet, 91% du total des enfants issus des masses laborieuses de la ZI sont confiés à ce type de structure.

Les mères des bébés, elles, ont plus de difficultés encore. Tel est, par exemple, le cas de Lê Thi Duyên, ouvrière dans une entreprise d’aliments pour animaux. "J’ai deux enfants, le premier, 3 ans, est confié à une classe indépendante dans le quartier, le second, de 9 mois est soigné à domicile par sa grande-mère paternelle", raconte-t-elle, ajoutant que sa belle-mère,  paysanne, a dû laisser de côté ses besognes champêtres pour venir soigner ses petits-enfants à Hanoï.

Une tâche prioritaire et urgente

La naissance des ZI à Hanoï a grandement contribué au développement de la vie socio-économique de la capitale, s’agissant notamment de la création d’emplois. Toutefois, parallèlement à ce côté positif, se présentent aussi des problèmes épineux dans la vie sociale des localités d’accueil de ces zones, notamment dans le domaine de l’éducation, d’après Nguyên Thi Tâm, vice-présidente du Comité populaire du district de Dông Anh. Pour elle, "ces derniers temps, le service de l’éducation local a du mal à trouver des solutions adéquates pour concrétiser le droit de tous les enfants d’aller à l’école".  En fait, Dông Anh est parmi les localités où "le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés augmente d’année en année, tandis que la capacité budgétaire du district reste limitée".

"Pour la réussite des dix prochaines années, il faut planter des arbres; pour la réussite des cent prochaines années, il faut cultiver les hommes".

La responsable de Dông Anh souhaite recevoir une assistance spécifique de la part de la ville destinée exclusivement aux projets de construction des écoles maternelles dans les localités d’accueil des ZI. Elle ne cache pas ses doutes en rappelant le cas d’un projet de ce genre à Kim Chung, ratifié en 2016 par la ville pour un budget d’investissement prévu à hauteur de 16 milliards de dôngs. "Mais, depuis deux ans, le projet est resté sur le papier", se plaint-t-elle.

Le développement de l’éducation en général et de la maternelle en particulier doit être considéré comme une tâche prioritaire et urgente selon des responsables de Hanoï. Pour eux, il s’agit d’une œuvre sur le long terme qui nécessite la participation active et les efforts conjugués de plusieurs parties: les autorités à tous échelons, les branches d’activités concernées, la population locale et les investisseurs.

En guise de conclusion, rappelons la recommandation de feu le Président Hô Chi Minh, toujours d’actualité: "Dans l’œuvre d’édification nationale: pour la réussite des dix prochaines années, il faut planter des arbres; pour la réussite des cent prochaines années, il faut cultiver les hommes". -CVN/VNA

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