Faire du droit à la sécurité sociale une réalité pour les travailleurs domestiques

Onze ans l’adoption de la Convention sur les travailleurs domestiques, il faudrait encore compléter les normes de portée générale par des normes spécifiques afin de leur permettre de jouir de leurs droits.

Hanoi (VietnamPlus) – Onze ans l’adoption de la Convention sur les travailleuses et travailleurs domestiques de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui réaffirmait l’existence de leurs droits au travail, il est toujours souhaitable de compléter les normes de portée générale par des normes spécifiques afin de leur permettre de jouir pleinement de leurs droits.

Faire du droit à la sécurité sociale une réalité pour les travailleurs domestiques ảnh 1 Le travail domestique demeure un secteur essentiellement féminin, employant 57,7 millions de femmes qui représentent 76,2 pour cent des travailleurs domestiques. Photo: VNA


Dans son rapport intitulé «Faire du droit à la sécurité sociale une réalité pour les travailleurs domestiques» publié à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs domestiques (16 juin 2022), l’OIT a indiqué que plus des deux tiers des travailleurs domestiques dans la région d’Asie-Pacifique ne sont couverts par aucune prestation de sécurité sociale.
Selon ce rapport, trois travailleurs domestiques sur cinq dans cette région n’ont de couverture du tout et plus de 70% des travailleurs ne sont pas limités par la durée maximale légale du travail.

Le travail domestique continue d’être sous-évalué et invisible, notamment parce qu’il est considéré comme étant non qualifié et comme une extension du travail de soins non rémunéré exercé par les femmes, dont beaucoup sont des migrantes ou appartiennent aux communautés défavorisées.

Les obstacles à l’amélioration des droits des travailleurs domestiques sont profondément enracinés dans les systèmes patriarcaux et hiérarchiques, qui sous-estiment le travail des femmes et considèrent les maisons comme des espaces privés qui ne devraient pas être réglementés comme un lieu de travail.

Faire tomber ces barrières peut être difficile pour ceux qui s’accrochent à de telles traditions, a déclaré Chihoko Asada-Miyakawa, directrice régionale de l’OIT pour l’Asie et le Pacifique.

La pandémie de Covid-19 a rendu flagrantes les lacunes de la couverture sociale subies par les travailleurs domestiques, a détaillé l’OIT. Ces travailleurs en première ligne ont été pourtant parmi les personnes les plus durement touchées par la pandémie, nombre d’entre eux perdant leur emploi et leurs moyens d’existence.

Beaucoup de ceux qui ont conservé leur emploi ont souvent été exposés à la maladie sans équipement de protection suffisant. Cependant, les travailleurs domestiques ont rarement pu compter sur une protection sanitaire adéquate, ni sur des indemnités de maladie ou de chômage, exposant davantage encore leur vulnérabilité.

Les travailleurs domestiques migrants ont également été bloqués car les frontières internationales ont été fermées et le retour chez eux est devenu impossible. En conséquence, les familles dépendantes des envois de fonds des travailleurs domestiques ont dû faire face à des difficultés économiques.

La Convention (n°189) sur les travailleuses et travailleurs domestiques en 2011 et la Convention (n°190) sur la violence et le harcèlement, 2019 en 2019 fournissent un cadre solide pour améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs. Cependant, leur ratification prendra encore du temps.

Bien que la Convention sur les travailleuses et travailleurs domestiques ait été adoptée il y a 11 ans et que 52% des travailleurs domestiques dans le monde se trouvent en Asie et dans le Pacifique, seules les Philippines ont ratifié cette Convention et seules les Fidji ont ratifié la Convention sur la violence et le harcèlement. Nous pouvons faire mieux, a souligné Chihoko Asada-Miyakawa.

Elle a appelé les gouvernements dans la région de prendre des mesures pour changer les mentalités, les lois et les pratiques qui ont rendu les travailleurs domestiques si vulnérables. Tout ménage employeur doit s’assurer que les travailleurs domestiques bénéficient d’un salaire minimum, de la compensation des heures supplémentaires ; qu’ils affilient aux régimes de sécurité sociale et d’assurance là où ils existent ; qu’ils travaillent dans un environnement de travail sûr, sans violence ni harcèlement ; et qu’ils ont des horaires de travail réguliers et des périodes de repos.

Les services essentiels que font les travailleurs domestiques doivent être reconnus par des cadres juridiques garantissant leurs droits, leur accès à la sécurité sociale pour leur apporter une protection sociale durable, a-t-elle ajouté.

Les travailleurs domestiques dans la région d’Asie-Pacifique, y compris le Vietnam, ont crée leurs propres groupes pour défendre leurs droits. L’OIT les a aidés à partager leurs expériences, à apprendre les uns des autres et à faire pression pour une protection juridique en leur faveur. - VietnamPlus

L’OIT veille également à ce que les travailleurs domestiques aient accès aux services juridiques, à l’assistance sociale et à la formation. Quel que soit leur pays d’origine, tous les groupes de travailleurs domestiques réclament la reconnaissance de leur travail et la réglementation de conditions de travail décentes. –VNA

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