huydong.com, platte forme pour le crédit communautaire de la compagnie Finsom.

Hanoi (VNA) - La Banque d’État du Vietnam (BEV) met constamment en garde le public quant aux dangers du prêt entre particuliers malgré l’essor de celui-ci dans le pays.

Ordinateur portable en panne à trois jours de la remise de thèse, machine à laver qui rend l'âme juste avant de partir travailler, dettes qui s'accumulent, loyer en retard... Qui ne s'est jamais retrouvé face à un imprévu impliquant de trouver de l'argent rapidement? Dans ce cas, le recours aux prêts bancaires traditionnels n’est pas indiqué. Vous pouvez toujours vous tourner vers vos proches, mais cette solution n'offre aucune garantie et peut être ne disposeront ils pas de la somme demandée ou d’une confiance en vous suffisante pour vous la prêter... Dans ces conditions, d’autres alternatives existent. L'une d'entre elles est née aux États-Unis : le prêt entre particuliers, qui ne nécessite ni banquier, ni dossier.

Ce type de modèle économique dit "de partage", comme Uber ou Grab dans le domaine des transports, est très populaire du fait de la rapidité de l'obtention de l’argent, mais aussi du manque de confiance dans le système traditionnel au sein duquel les projets des emprunteurs dépendent du bon vouloir des banques.

Le prêt entre particuliers, également appelé crédit communautaire (en anglais peer-to-peer lending, P2P lending ou parfois aussi social lending) représentait à l’échelle mondiale une valeur totale estimée à 1,2 milliard de dollars en 2012, à 64 milliards de dollars en 2015 et devrait  atteindre plus de 1.000 milliards de dollars à l’horizon 2025.

Arrivé depuis peu au Vietnam, le crédit entre particuliers n’est pas soumis à la loi de la Banque d’État du Vietnam et à la loi sur les organisations de crédits. Ainsi, en principe, le vide juridique devrait aboutir à une interdiction pure et simple de ce type de transactions, mais, par mesure de nécessité, les autorités ne sont pas intervenues.

Risques liés aux prêts d’argent entre particuliers

En effet, selon une enquête de la Banque mondiale, 79% de la population vietnamienne ne peut accéder aux crédits bancaires traditionnels faute de garanties suffisantes. Par conséquent, les financements de type P2P sont en plein essor, portés par certaines compagnies hébergeant les plateformes de crédit en ligne au Vietnam: Finsom, Tima, SHA, Mobivi… Tima fait office de figure de proue en traitant chaque jour plus de 1.000 demandes de crédit, émanant pour la plupart de Hô Chi Minh-Ville. Cette plateforme permet de lier 5.000 établissements, jouant le rôle de prêteur, à 800.000 clients. Le montant total des crédits P2P accordés s’élève à 700 millions de dollars.

Pour autant, la BEV pousse systématiquement les particuliers vers les crédits proposés par les banques, rappelant constamment les risques liés aux prêts d’argent entre particuliers tels que le problème de recouvrement en cas de défaut de paiement, la possible insécurité concernant les données personnelles, les arnaques invisibles pour les non initiés,  les taux d’intérêts proches de l’usure, etc... En attendant, la BEV travaille avec les divers acteurs du secteur (banques, organismes de crédit, sites spécialisés, autorités liées au secteur bancaire, etc...) pour produire le plus rapidement possible des normes permettant de protéger les intérêts légitimes des débiteurs et des créditeurs tout en assurant la sécurité financière et monétaire du pays. -CVN/VNA