Écosystèmes marins en péril

Au Vietnam, la dégradation des écosystèmes marins, exacerbée par le changement climatique, a des conséquences sur l’équilibre écologique et le bien-être des habitants du littoral.

Hanoi  (VNA) - Au Vietnam, la dégradation des écosystèmes marins, exacerbée par le changement climatique, a des conséquences sur l’équilibre écologique et le bien-être des habitants du littoral. Une situation qui exige des mesures efficaces.

Écosystèmes marins en péril ảnh 1Les récifs coralliens dans la région maritime de la province de Binh Thuân (Centre). Photo : Nguyên Thanh/VNA/CVN


Le Vietnam est réputé pour ses 155.000 ha de mangroves, 1.300 km² de récifs coralliens, 500 km² de lagunes, 16.000 ha d’herbiers marins, ses zones intertidales et ses estuaires hébergeont une faune et une flore remarquables. Et surtout qui font vivre des centaines de milliers de Vietnamiens.

Les récifs coralliens sont l’un des écosystèmes marins à très forte valeur patrimoniale. Selon le Centre de préservation des êtres marins et de développement de la communauté, 1 km² de récifs coralliens permet d’exploiter un volume de produits aquatiques d’une valeur de 10 millions de dollars par an. En dehors de leur valeur économique et biologique, ils contribuent à protéger certaines régions du Centre de l'érosion, des typhons et des marées de vives-eaux.

Les mangroves, d’une superficie de 155.000 ha (contre 209.741 ha en 2016), jouent aussi un rôle important dans la protection des côtes contre l'érosion. Elles abritent également de nombreuses espèces animales à forte valeur patrimoniale. Dans le delta du Mékong, 1 km² de mangroves peuvent fournir 450 kg de fruits de mer par an.

Chaque année, les herbiers marins permettent d’exploiter 20 millions de dollars de produits aquatiques. Impacts du changement climatique Tous ces écosystèmes marins, malgré leur intérêt à bien des égards, reculent de façon alarmante. Ces écosystèmes se dégradent malheureusement à grande vitesse, en raison principalement du réchauffement climatique, de la montée du niveau de la mer et des activités humaines directes. Si le niveau de la mer monte, des régions comme Nam Dinh (Nord), Vung Tàu, Cà Mau et Hô Chi Minh-Ville (Sud) seront les plus touchées. Les écosys-tèmes marins de ces régions seront fortement perturbés.

Ces cinq dernières décennies, le Vietnam a perdu 67% de ses mangroves ; en moyenne le recul a été de 3.266 ha par an sur la période 1943-1990. Selon une étude de l’Institut des ressources naturelles et de l'environnement maritime, en 2014, seulement 1% des 1.300 km² de récifs coralliens le long des côtes étaient en bon état. Leur superficie a chuté de 30% entre 1993 et 2004. Selon le Professeur  Nguyên Chu Hôi, de l'Université nationale Hanoi, de 15 % à 20 % des récifs coralliens ont disparu ces 15 dernières années, la plupart dans des zones densément peuplées comme la baie de Ha Long, province de Quang Ninh, et les provinces littorales du Centre.

La catastrophe écologique récente le long de quatre provinces côtières du Centre - Hà Tinh, Quang Binh, Quang Tri et de Thua Thiên-Huê - causée par des rejets d’eaux toxiques d’une aciérie taïwanaise a eu un impact sur les écosystèmes marins. Il faudra de nombreuses années avant qu’ils puissent récupérer complètement.

Les activités humaines, avec en tête la surexploitation des ressources naturelles, l'aquaculture non durable et la production industrielle, sont très préjudiciables aux écosystèmes marins. Au Vietnam, comme partout dans le monde, les densités de populations humaines ne cessent d’augmenter sur la frange littorale. Cela se traduit par une accélération continue et rapide de l’utilisation de l'espace littoral et un accroissement des pressions sur les écosystèmes et les espèces qu’ils renferment. Le changement climatique est aussi  un moteur de modifications majeures.

Aménagement d’ici 2020 des Réserves maritimes

Écosystèmes marins en péril ảnh 2La réserve de biosphère de Dông Nai (Sud). Photo : Archives/CVN


Pour réduire l’impact anthropique sur certaines zones, le Premier ministre a approuvé  en 2010 l’aménagement de 16 Réserves maritimes d’ici 2020, sur une superficie totale de 169.617 ha. D’après l’Institut de recherche sur la gestion maritime et insulaire, il faut aussi renforcer l’élaboration et l’application de modèles de gestion efficace et durable des côtes, pour une meilleure exploitation et utilisation des ressources naturelles et protection des milieux.

Les habitants des régions littorales vivent essentiellement de l’aquaculture et de l’agriculture. Dans les années à venir, il leur faudra cultiver de nouvelles variétés de plantes tolérant davantage la salinité, la sécheresse et les inondations. Simultanément, il faudra rechercher des techniques culturales plus adaptées à la nouvelle donne climatique.

Dans la pêche et l’aquaculture, il faut mettre l’accent sur un meilleur traitement des eaux usées. En outre, les localités littorales doivent favoriser la diversification de l’économie en incitant pêcheurs et aquaculteurs, par exemple, à plus profiter de la manne touristique au lieu de la seule exploitation des produits aquatiques.  -CVN/VNA

Voir plus

Panorama du parc national de Bat Xat dans la province septentrionale de Lào Cai. vneconomy.vn

La réserve naturelle de Bat Xat devient le 36 parc national du Vietnam

Les parcs nationaux sont de vastes zones géographiquement délimitées à haute valeur biologique et à la renommée internationale. Grâce à cette reconnaissance officielle, les parcs reçoivent plus de moyens pour renforcer et relier les zones naturelles. Cela profite aux plantes et aux animaux, leur offrant plus d'espace vital.

Le soir du 28 mars, les lumières s'éteignent simultanément en réponse à l'Heure de la Terre. Photo : VNA

Heure de la Terre 2026 : le Vietnam enregistre une économie de 463 000 kWh d’électricité

Lancée officiellement le 7 mars 2026 sous le message « Créativité verte – Avenir vert », la campagne encourage les institutions, les entreprises et les citoyens à adopter des comportements responsables : économies d’énergie, recours à des technologies innovantes, évolution des modes de production et de consommation, et ancrage progressif de pratiques durables.

Vue aérienne d’une partie de la forêt de cajeputiers de Trà Su. Photo : VNA

Les gardes forestiers bravent les éléments pour protéger la forêt de cajeputiers de Trà Su

Le braconnage aviaire et l’exploitation illégale des ressources halieutiques se multiplient, avec des modes opératoires de plus en plus sophistiqués. La configuration même de Trà Su, bordée par les rizières des riverains sans zone tampon clairement délimitée, complique la tâche des gardes forestiers. Face à un territoire aussi vaste, l’effectif actuel reste particulièrement réduit, rendant les missions de contrôle de plus en plus périlleuses.

Jarrod Leak, directeur exécutif de l’Alliance australienne pour la productivité énergétique (A2EP) dans une interview accordée à la correspondante de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Sydney. Photo : VNA

Le Vietnam possède des bases fondamentales pour son autonomie énergétique, selon un expert australien

Lors d’un entretien accordé au correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Sydney, Jarrod Leak, directeur exécutif de l’Alliance australienne pour la productivité énergétique (A2EP) a indiqué que le Vietnam dispose d’un potentiel considérable, avec des ressources abondantes en énergie solaire et éolienne, soutenues par des capacités de stockage et l’hydroélectricité.

Météo instable, écarts de température : le printemps réserve souvent des surprises qui s’expliquent par la circulation des masses d’air et l’ensoleillement particulier de la saison. Photo: afamily.vn

Pourquoi la météo du printemps est-elle si changeante dans le Nord ?

Au lieu des habituelles bruines prolongées, de l’humidité persistante et des vagues de froid tardives, le printemps de cette année a été marqué par un ensoleillement fréquent et une hausse rapide des températures, ressemblant parfois aux conditions du début de l’été.

Le parc national de Xuan Thuy reconnu parc du patrimoine de l'ASEAN

Le parc national de Xuan Thuy reconnu parc du patrimoine de l'ASEAN

Le parc national de Xuan Thuy, situé dans la province de Ninh Binh (Nord), a reçu le titre de parc du patrimoine de l’ASEAN le 22 mars, marquant une étape importante dans les efforts du Vietnam pour conserver la biodiversité et protéger les écosystèmes de zones humides essentiels.

Colloque sur les nouvelles technologies de surveillance et d’alerte précoce des catastrophes organisé le 18 mars par le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Photo : TT/CVN

L’IA transforme les prévisions des typhons, mais l’homme décide

Selon Nguyên Xuân Hiên, directeur adjoint du Centre national de prévision hydrométéorologique, le réchauffement climatique s’accélère et les catastrophes naturelles deviennent de plus en plus graves sous l’effet de ce phénomène. Cela exige des améliorations encore plus importantes en matière de prévisions et de systèmes d’alerte météorologiques et hydrologiques.

Spatules dans le parc national de Xuân Thuy. Photo : VNA

Le parc national de Xuân Thuy reconnu comme parc du patrimoine de l’ASEAN

Le parc national de Xuân Thuy constitue la zone centrale de la réserve de biosphère du delta du fleuve Rouge et fut le premier site Ramsar du Vietnam. Il abrite des centaines d’espèces végétales et animales rares. Son écosystème unique a donné naissance à une zone de réserve naturelle submergée, lieu de refuge pour de nombreux animaux sauvages et d’oiseaux migrateurs.

Le contrôle des émissions des véhicules motorisés s’impose comme un levier important pour le Vietnam à réaliser son objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050 (Net Zero). Photo: VNA

La Vietnam accélère la transition verte dans les transports

Selon les rapports du Département de la police de circulation du ministère de la Sécurité publique, d’importants investissements ont été consacrés à des équipements spécialisés modernes. Des cinémomètres aux détecteurs de stupéfiants, en passant par les appareils de mesure des émissions et du bruit, ces outils permettent aux forces de l’ordre de repérer avec une précision accrue les véhicules non conformes.